La dernière provocation du chanteur Adriano Celentano

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 16/02/2012 à 14H30
Adriano Celentano, le 14 février 2012 au festival de San Remo.

Adriano Celentano, le 14 février 2012 au festival de San Remo.

© Tiziana Fabi / AFP

A 74 ans, le chanteur vedette des années 70 et 80 n'a rien perdu de sa verve. Mardi soir, lors de la première soirée du festival de la chanson de San Remo, Adriano Celentano a effectué un retour en fanfare, dans une mise en scène de bruit et de fureur, s'attirant les foudres du clergé italien avec ses diatribes anti-catholiques.

Celentano appelle à faire fermer les principaux journaux catholiques italiens
Mardi soir, à San Remo et en direct à la télévision devant plusieurs millions de téléspectateurs italiens, européens et latino-américains,  le chanteur s'est enflammé en particulier contre les deux principaux journaux catholiques du pays qu'il a appelé à fermer.

"Des publications comme Avvenire (le journal des évêques italiens, ndlr) et Famiglia Christiana (revue considérée comme progressiste, ndlr) devraient être fermées", a lancé Celentano, connu aussi pour ses longs monologues au ton messianique.

Ces publications "hypocrites" s'occupent "seulement de querelles politiques, ne parlent pas de Dieu ni du paradis" et préfèrent critiquer "ceux qui aident les derniers", les plus faibles, a encore dénoncé celui que toute l'Italie surnomme le "Molleggiato" (littéralement monté sur ressort) pour son étrange manière de danser en sautillant sur scène.

Adriano Celentano, précédé sur scène par les sons de sirènes hurlantes et d'images de flammes et de bombardements, s'en est pris aussi aux "énormes sacrifices imposés par Merkel et Sarkozy" à la Grèce et au gouvernement de Mario Monti, qualifié de "matériau résistant et en apparence indépendant".

Adriano Celentano sur scène à San Remo

L'Eglise italienne réclame des excuses
L'agence des hebdomadaires catholiques Sir, qui dépend de la Conférence épiscopale italienne (Cei), a critiqué "l'ignorance de qui prend le micro", souhaitant qu'"après des mots insensés suivent des paroles plus pesées et des excuses".

La chaîne TV2000 qui dépend de la Cei a dénoncé l'utilisation par Celentano de "la télévision publique pour des divagations lors d'une sorte de sermon" tandis que la revue Famiglia Cristiana a qualifié le chanteur "d'activiste de l'hypocrisie".

Le directeur de la chaîne Rai Uno qui diffuse le festival, Mauro Mazza a déploré que Celentano ait demandé de fermer des journaux: "c'est terrible d'entendre une telle chose, cela me donne la chair de poule". Mais il a souligné la liberté totale de ton que la Rai lui a accordé et s'est dit "surpris d'autant de surprise" alors que le goût de la provocation de Celentano, par ailleurs catholique pratiquant, est bien connu.