Kent revient avec "La Grande Illusion" un 18e album entre pop et rock

Par @Culturebox
Mis à jour le 02/01/2017 à 17H58, publié le 29/12/2016 à 10H32
Pochette du nouvel album de Kent, "La Grande Illusion"

Pochette du nouvel album de Kent, "La Grande Illusion"

© KENT

Il était le leader des "Starshooter", le sulfureux groupe de rock français du début des années 1970. Cela fait maintenant 23 ans que Kent signe seul ses albums. Après un CD intimiste en piano-voix,"Le Temps des Âmes", le chanteur revient à l'esprit rock et pop de ses débuts avec son 18ème album solo, "La Grande Illusion". Kent nous parle musique, là où tout a commencé, dans le Lyon de son enfance.

"La Grande Illusion" 

Il en est le premier étonné. Un 18ème album n'était pas au programme.pour l'artiste accompli qu'est Kent. Loin d'un choix dûment prémédité, cette composition musicale est le fruit de toute une sensibilité, propre à l'auteur. "Ce n'est pas moi qui choisit, cela vient... C'est presque épidermique" se justitifie-t-il. Attentif à l'évolution de notre monde actuel, sa prise de distance l'a rendu conscient des drames de notre époque. Kent s'est donc inspiré, pour composer, de ses sensations mais aussi de ses introspections voire de ses indignations. Une plume engagée et véritablement poétique, voilà ce que l'on retrouve dans les textes de son nouvel album "La Grande Illusion".

Reportage : France 3 Grand Lyon /C. Banasik / P. Perrel
Evoquant les beautés de l'existence que sont l'amitié ou l'amour, il témoigne de son profond goût pour la vie même dans ses chansons les plus sombres telles que "Un revenant", titre qui fait allusion aux rescapés du Bataclan. "On parle toujours des morts et on ne parle jamais de ceux qui ont survécu" souligne t-il. Renfermant dix chansons, tantôt universelles, tantôt personnelles, Kent parvient avec délicatesse à nous toucher dans son nouvel album au travers de paroles d'une sincérité et d'un optimisme devenus rares ces temps-ci. 
KENT - Éparpillé


Rockeur dans l'âme 

Vous aviez peut être connu Kent, tout jeunot qu'il était, lorsqu'il faisait partie du groupe de rock "Starshooter". Décalés, fougueux et décoiffants, ces quatres copains du lycée Saint-Exupéry du quartier lyonnais de la Croix-rousse ne s'imaginaient pas avoir un tel succès. Se remémorant ses souvenirs de jeunesse, Kent qui s'appelait à cette époque encore Hervé Despesse, explique que le déclic s'est véritablement produit lors du spectacle de fin d'année en terminale. En plein mouvement punk, le groupe se fait rapidement remarquer par son répertoire qui oscille entre humour et provocation.  Après le triomphe de leur premier album en 1978 grâce au tube "Betsy Party" ou à leur fameuse reprise du "Poinçonneur des Lilas" de Gainsbourg, le groupe sillonne la France entière pendant huit ans et se sépare à la suite de leur 4ème album.
STARSHOOTER - Betsy Party (1979)
Une page qui se tourne mais que Kent n'oubliera jamais dans son travail artistique. Curieux de tout, il s'essaye à tous les différents styles musicaux et sa discographie personnelle relève d'une palette extrêmement variée. Passant du rock à la chanson française avec son album "embalao", c'est véritablement avec son titre "J'aime un pays" qu'il retrouve le succès. Désormais certain d'avoir trouvé sa voie et sa voix, Kent ne cesse d'alimenter son talent musical, toujours plus en finesse et en ténacité avec la même fougue que lui a laissé en héritage sa jeunesse rockeuse.
KENT- J'aime un pays

Un artiste polyvalent

Si on connaît Kent pour sa musique, peu sont ceux qui connaissent les autres talents cachés du chanteur. Animé par l'amour de la musique depuis son enfance, c'est aussi dès sa jeunesse qu'il éprouve une autre passion artistique : le dessin. Fervant admirateur de bandes dessinées, il s'est lui-même attaqué à cette pratique publie ses propres planches dès 1976. L'humour et la finesse dans ses chansons se retrouvent aussi dans ses illustrations. Deux univers distincts qu'il parvient à entremêler subtilement à travers un dialogue bien spécifique. Passant d'une discipline à l'autre selon les périodes, il produit tantôt des BD, tantôt des CD, qui parfois correspondent entre-eux comme lorsque sort son album "Amours Propres" en 1983 et dont le titre fait écho à son second album de l'année, "Sales Amours", cette fois illustrée. Une coexistence qui atteint son apogée en 2008 avec la parution de son premier livre-disque, "L'Homme de Mars". 
Illustration de Kent

Illustration de Kent

© KENT
 Avec une dizaine de BD et de CD à son actif, cinq romans mais aussi un essai sur la chanson ou encore des recueils de poésie, Kent développe son talent dans tous les arts possibles et nous promet bien d'autres surprises...

Le chanteur sera en concert exceptionnel au Flow, le 9 mars 2017