Julien Doré revisite Etienne Daho aux Francofolies

Par @Culturebox
Publié le 12/07/2014 à 18H04
Julien Doré aux Francofolies de La Rochelle (11 juillet 2014)

Julien Doré aux Francofolies de La Rochelle (11 juillet 2014)

© Xavier Léoty / AFP

Julien Doré a fêté le 30e anniversaire du deuxième album d'Etienne Daho "La notte, la notte" en l'amenant dans son univers, vendredi pour une création unique présentée aux Francofolies de La Rochelle.

Publié en 1984, "La notte, la notte" est le disque qui a ouvert les portes du succès à Etienne Daho, imposant sa marque, une pop élégante et légère inspirée par la new wave, avec les titres "Week-end à Rome", "Sortir ce soir" et "Le grand sommeil".
 
Rejouer cet album dans son intégralité, respecter l'écriture singulière de Daho, sans pour autant singer son phrasé, était un challenge.
 
Une lecture plus sombre que l'original
Mais Julien Doré, qui s'est fait connaître par son art de la reprise dans l'émission "La Nouvelle Star", a démontré une fois de plus sa capacité à s'approprier les chansons des autres.
 
Entouré du groupe qui l'accompagne habituellement en tournée, il a proposé au public des Francofolies une lecture de l'album plus sombre que l'original.
 
D'une voix grave, tour à tour profonde ou légèrement voilée, il a ralenti le tempo des chansons, troquant leur côté pop originel pour une couleur rappelant plus celle des crooners.
 
Seul aux claviers pour "Week-end à Rome"
Là où Etienne Daho mettait de la légèreté et de l'ambiguïté, Julien Doré a mis de la noirceur et un ton plus ouvertement sexuel.
 
Ainsi "Le grand sommeil" est devenu une complainte déchirante et "Poppy Gene Tierney" une sombre décharge électro-rock.
 
En final, pour le très attendu "Week-end à Rome", il s'est installé seul aux claviers pour une belle version dépouillée, là aussi empreinte d'une certaine gravité.
 
Un SMS d'Etienne Daho
Joueur, Julien Doré n'a cependant pas repeint tout le concert en noir. Il a profité de ses interventions entre les chansons pour apporter une touche de légèreté, en évoquant le mille-pattes qu'il a malencontreusement estropié pendant la nuit d'insomnie qui a précédé le concert ou en enlevant une de ses chaussures pour jouer de l'harmonica avec.
 
Il a aussi confié qu'Etienne Daho lui avait envoyé "les plus belles ondes possibles" dans un SMS reçu le matin même. "Des moments comme ceux-là donnent envie de se dépasser", a-t-il avoué devant un public qui lui a fait une ovation.