"Je ne t'en veux plus", l'émouvant message de Celia Reggiani à son père

Par @annieyanbekian Journaliste, responsable de la rubrique Jazz-Musiques du Monde de Culturebox
Mis à jour le 28/06/2013 à 11H28, publié le 27/06/2013 à 19H22
Celia Reggiani sur le tournage du clip de la chanson "Je ne t'en veux plus" (2013)

Celia Reggiani sur le tournage du clip de la chanson "Je ne t'en veux plus" (2013)

© Julie Ropars

Celia Reggiani a écrit cette chanson d'un trait, juste après la disparition de son père. Bouleversant de bout en bout, tout en émotion contenue, ce titre peut faire écho auprès de chacun d'entre nous. Et il nous rappelle au passage que l'on écrit encore de la belle chanson française au XXIe siècle. Celia Reggiani a intégré ce petit bijou dans un premier album qu'elle vient d'enregistrer.

Celia Reggiani possédait une longue expérience musicale avant de se mettre à écrire des chansons. Pianiste, compositrice, elle a vogué entre le jazz - elle a vécu à New York - et les musiques du monde, dont celles du Brésil. Après avoir découvert la musique brésilienne par l'intermédiaire de Georges Moustaki, ami de son père, elle a notamment accompagné la chanteuse Mônica Passos.

Serge Reggiani s'est éteint le 23 juillet 2004. Très vite, sa fille a éprouvé le besoin de lui adresser un message. Elle nous a confié : "Je me souviens, j'étais dans ma cuisine et je me suis demandé : 'Qu'est-ce que j'ai envie de lui dire ?' Les mots 'Je ne t'en veux plus' sont alors venus comme un mantra. Je me suis mise au piano et la chanson m'est littéralement tombée dessus, comme si elle m'était transmise... En une demi-heure ou trois quarts d'heure, elle était écrite."
"Je ne t'en veux plus", paroles et musique de Celia Reggiani, réalisation Julie Ropars (avril 2013)
"C'est la première fois que j'écrivais à la fois les paroles et la musique d'une chanson", souligne Celia Reggiani. "Je me suis rendu compte que j'en étais capable. C'était quelque chose que je n'avais pas osé faire avant, alors que c'était de l'ordre de la transmission par rapport à mon père... J'avais peut-être peur de cette transmission avec lui. Peur aussi de la comparaison, inévitable, que pourraient faire les gens."

Celia Reggiani ne souhaite pas que sa chanson soit considérée comme un strict témoignage autobiographique. "Cette chanson possède une résonnance universelle. C'est simplement le message d'une fille à son père, un père absent, qui lui a manqué, qui s'est désisté face à certaines circonstances. Ça parle à tout le monde, pour beaucoup de raisons..."

Elle attend de pouvoir sortir son album
Celia Reggiani a récemment inséré "Je ne t'en veux plus" dans un album, "Illimité", qui renferme treize titres aux multiples influences, jazz, chanson française, mandingue, Brésil.... Elle a repris en version bossa "Fleurs de méninge", une chanson que Georges Moustaki avait écrite pour son père. Le disque est co-produit par le vocaliste de jazz belge David Linx. La musicienne a trouvé un distributeur, mais il lui manque un tourneur pour finaliser et concrétiser son projet. À bon entendeur...