Il y a quarante ans, Nino Ferrer enflammait l'été avec "Le Sud"

Par @Culturebox
Mis à jour le 17/08/2015 à 15H03, publié le 13/08/2015 à 12H47
Nino Ferrer "Le sud"

Nino Ferrer "Le sud"

© France 2

En février 1975, une chanson envahit l’espace musical. Avec "Le Sud", Nino Ferrer, qui est alors connu depuis un peu plus de dix ans, vient de signer son plus gros succès. Cette chanson douce et nostalgique deviendra un énorme tube dès le printemps 75. On continue de l’écouter encore aujourd’hui.

Reportage : E. Mesplede, H. Vergne, C-M. Denis, D. Breysse, M. Bitton

En 1975, Nino Ferrer a déjà 41 ans. On le connaît depuis un peu plus de dix ans. D’abord avec "Pour oublier qu’on s’est aimé", mais surtout avec "Mirza". Une chanson qui le fera entrer dans une veine de succès à base de textes comico-absurdes, mais qui feront de Nino Ferrer un chanteur majeur de la période yéyé. Pour le bonheur de ses producteurs. Mais à son grand désespoir.
Nino Ferrer voulait être reconnu comme jazzman

Nino Ferrer voulait être reconnu comme jazzman

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Nino Ferrer, qui est bilingue franco-italien, a suivi des cours d’archéologie à la Sorbonne. Excellent bassiste de jazz, ses ambitions musicales le poussent à aller plus loin que "Mirza".

En 1971, il compose "Metronomie" dont on ne connait qu’un titre "La maison près de la fontaine". Mais les producteurs attendent de lui de la « variété", pas du jazz qui ne se vend pas.

Installé à La Martinière, à Rueil-Malmaison, une villa de style colonial qui lui rappelle la Nouvelle-Calédonie où il a vécu étant enfant, il compose "The South" qu’il enregistre avec la chanteuse Radiah Frye. Mais encore une fois, sa maison de disques exige qu’il la chante en français. "Le sud" deviendra le succès que l’on sait : un million de 45 tours vendus.
Nino Ferrer avec Radiah Frye

Nino Ferrer avec Radiah Frye

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Pour son biographe, la chanson apparaît à une période où la vie commence à devenir plus difficile, le premier choc pétrolier n’a que deux ans et le chômage commence à augmenter. Cette chanson est un peu l‘illustration de l’expression "un peu de douceur dans un monde de brutes".
Nino Ferrer, hypersensible, aura toujours été en conflit avec lui-même

Nino Ferrer, hypersensible, aura toujours été en conflit avec lui-même

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Un tube de l’été, quand ce n’est pas une musique entraînante ou trépidante qui permet de s’extérioriser, doit être un slow. "Le sud" sera le slow de l’été 75.

Mais Nino Ferrer, à qui ce tube va permettre de s’installer dans le Quercy, vit mal ce succès. Lui ne rêve que de compositions plus ambitieuses, artistiquement plus élaborées, "J'ai écrit, composé et produit près de deux cents chansons et les gens n'en connaissent que trois", disait-il, amer, à ses amis. Il avait 14 albums à son actif.

Cet homme hyper-sensible dont la voix lui permettait de chanter parfaitement le blues aura constamment été en conflit avec lui-même.

Tiraillé par ses passions contradictoires, il s'est suicidé le 13 août 1998, il y a dix-sept ans.