Francofolies de La Rochelle

du 13 juillet 2016 au 17 juillet 2017

Francofolies : des découvertes, des mélanges et des hommages

Par @Culturebox
Mis à jour le 18/07/2016 à 18H14, publié le 18/07/2016 à 09H29
Jean-Louis Aubert, les Insus, en concert aux Francofolies de la Rochelle 2016

Jean-Louis Aubert, les Insus, en concert aux Francofolies de la Rochelle 2016

© XAVIER LEOTY / AFP

Les ex-Téléphone, rebaptisés Insus, ont clôturé en mode électrique dimanche soir une 32e édition des Francofolies de La Rochelle marquée par un mélange réussi des styles et des générations, une fréquentation exceptionnelle mais aussi plusieurs hommages aux victimes de Nice.

Avec 90.320 entrées payantes en cinq jours, des soirées affichant toutes "complet" sur la grande scène et un taux de remplissage "record" de 94%, les "Francos" prolonge le bel été des festivals : de Solidays aux Eurockéennes en passant par les Vieilles Charrues ou Garorock, tous les événements font recette.

Avec les espaces gratuits, le festival rochelais a attiré 145.000 spectateurs, ont annoncé les organisateurs. "Un gros succès, malgré la tragédie qu'on a connue", a commenté son patron Gérard Pont en évoquant l'attentat du 14-Juillet à Nice. "Il y a une forte présence du public (dans les festivals cet été). Je sens plutôt une envie, un besoin du public de se retrouver autour de la musique, du théâtre", a relevé la ministre de la Culture Audrey Azoulay samedi soir lors de son passage à La Rochelle.

Reportage O. Riou / O. Chapuzot / C. Rio / J. Fagot


En mémoire des victimes de Nice, une minute de silence a été observée vendredi aux Francofolies avant les concerts de Jain et de Bernard Lavilliers, puis une "minute de bruit" et d'applaudissements samedi. Plusieurs artistes ont eu une pensée pour les victimes, comme Louise Attaque qui a lancé, dès son arrivée sur scène vendredi : "Ce soir on chante pour Nice, on fait du bruit pour Nice...". En évoquant dimanche soir le "massacre de la Baie des anges", les Insus se sont joints à cet hommage: "On pense à eux, on souffre avec eux", a lancé Jean-Louis Aubert avant "La Bombe humaine", chanson qu'ils ont terminée silencieux, le poing levé.
Les ex-Téléphone Aubert, Bertignac et Kolinka étaient les invités de marque d'une clôture célébrant le rock dans toutes ses nuances. "Crache ton venin" puis "Hygiaphone" en ouverture, "New York avec Toi", "Un autre monde" et "Ca, c'est vraiment toi" en fin de concert, les tubes ont été salués comme il se doit. Même si le public fut parfois plus sage quand ce fut le tour des titres moins connus du groupe phare du rock français des années 80, de retour sur les routes 30 ans après avoir raccroché.

Avant eux, ce fut le blues-rock de Rover, la "coldwave" de Jeanne Added et la chanson-rock de Radio Elvis, un retour sur la grande scène pour ce dernier groupe qui avait présenté en 2015 quelques titres avant Johnny Hallyday.
Les "Francos" ont confirmé leur goût pour les mélanges des styles avec de belles soirées rap, électro et pop mais également des spectacles mêlant la chanson et le théâtre comme le très politique "Second tour" du collectif Frère Animal (avec le chanteur Florent Marchet et l'écrivain Arnaud Cathrine) ou celui de la chanteuse et comédienne Caroline Loeb sur des textes de George Sand.

Ibrahim Maalouf avec sa trompette et le génial bassiste Marc Miller en "guest star" prouvent également que le jazz a toute sa place dans un festival de musiques actuelles. Le trompettiste franco-libanais fêtera en fin d'année ses dix ans de tournée quasi ininterrompue par un concert à Bercy, à Paris, salle géante où il sera le premier jazzman à se produire depuis... Miles Davis en 1984.
Autre satisfaction des organisateurs : le renouvellement des artistes - la moitié de ceux qui se sont produits sur la grande scène faisaient leurs premières "Francos" - et du public, avec notamment la présence en force des familles avec enfants venues applaudir Louane ou Maître Gims. Parmi les concerts plébiscités, à noter ceux de l'espiègle Jain, des Belges de Balthazar, de Miossec ou d'Emily Loizeau avant Keren Ann et Lou Doillon. Du côté des découvertes, le "Chantier des Francos" a proposé quelques jolies pépites à suivre comme le musicien électro belge d'origine congolaise Témé Tan ou l'élégant chanteur Nord.