Dominique A sort son 10e album, "Eléor", et bientôt un livre

Par @Culturebox
Mis à jour le 26/03/2015 à 13H44, publié le 11/03/2015 à 12H58
Dominique A le 29 mars 2012 à Paris

Dominique A le 29 mars 2012 à Paris

© Frédéric Durgit / PhotoPQR / Le Parisien / MaxPPP

Comme en 2012, Dominique A voit double en publiant en parallèle un disque, "Eléor", annoncé pour le 16 mars, et un livre, "Regarder l'Océan", en librairie le 15 avril prochain et dans lequel il joint souvenirs personnels et fiction.

Reportage à Nantes : V.Calagni, F.Grunchec, M.Magdeleine, D.Boutmin
Chanteur et écrivain

"Aujourd'hui, j'ai l'impression que l'écriture de chansons doit avoir pour moi un pendant en prose", explique à l'AFP celui dont la plume est très recherchée dans la chanson française, d'Étienne Daho à Calogero en passant par Joseph d'Anvers.

Son précédent livre, "Y revenir", voyage impressionniste dans son enfance à Provins, en Seine-et-Marne, lui "a permis de (se) libérer de certaines choses et de mettre le doigt de pied dans la littérature", estime le grand gaillard chauve à la voix posée.

Un livre pour "livrer un portrait, un peu faussé"

Dans le nouvel ouvrage, "Regarder l'océan" (chez Stock), signé de son nom complet (Dominique Ané) contrairement aux disques, il propose une série de textes sur un jeune adulte qui découvre son corps, les filles et la vie de musicien. Un petit livre pour "livrer un portrait, un peu faussé", dit le chanteur qui a déboulé en 1992 avec le "Courage des oiseaux", incarnant le renouveau d'une chanson française soucieuse du texte mais aussi nourrie d'une culture musicale anglo-saxonne.

Un disque aux ambiances "liquides"

"L'océan" du livre, on le retrouve dans les ambiances "liquides" - dixit Dominique A - d'un dixième album voyageur. Les chansons poétiques parlent de vagues et ont pour décor la Nouvelle-Zélande (le mystérieux "Central Otago"), le Canada ("Par le Canada"), le Groenland ("Cap Farvel"), une île danoise plus ou moins idéalisée ("Eleor"), l'Espagne ("Semana Santa")...
"L'intention de départ, ce n'était pas de parler de flotte tout le temps, mais l'envie de mer et d'eau s'injecte dans les chansons à mon corps défendant", constate Dominique A, qui vient de quitter Bruxelles pour se rapprocher de l'océan Atlantique, en retournant vivre en famille à Nantes, une ville où il a déjà vécu de 15 à 23 ans et où il se sent très bien.

À l'image de ses expériences littéraires, "concises et ramassées", il a misé pour ce nouveau disque sur "l'épure, ce que avec quoi j'avais commencé" avec ses premières chansons dans les années 1990. Les chansons ont ainsi un socle assez simple en trio (guitare-basse-batterie) et trouve de l'ampleur dans les ponctuations de cordes qui surgissent ici et là.

Dans "Cap Farvel", par exemple, où il décrit un homme et une femme "l'un à l'autre accrochés, enfoncés dans le rêve". Ou dans l'élégant "Au revoir mon amour" co-signé avec sa compagne Laetitia Velma ("Peut-être mon amour, mieux vaut ne pas s'aimer/Qu'un jour ne plus s'aimer?").

Un extrait de l'album "Eléor" (Cinq 7/Wagram) :
Dominique A : "Au revoir mon amour" (2015)
De "l'épure", mais pas de "minimalisme"

Ne lui parlez pas de "minimalisme", un mot souvent employé à son sujet mais qu'il trouve "trop lié à l'art contemporain". "Moi, je n'y connais rien et cela ne m'intéresse pas spécialement". Chanteur "trop adulte", "trop prise de tête", "trop vieux"... Dominique A connaît par coeur ces "casseroles qui (lui) collent aux basques", lui dont la flatteuse réputation dans le milieu artistique n'est pas totalement en rapport avec des ventes de disques satisfaisantes mais pas follement spectaculaires (50.000 exemplaires pour le dernier album).

"Tout va bien ! Des gens me suivent, un public est à l'écoute de mes disques et les salles sont très bien remplies", assure à l'AFP le chanteur dont toute la discographie ressort également en vinyles. "Je fais tout pour arriver aux oreilles des gens, mais je ne ferai pas plus. Il y a des résistances..."