Célébrations en mode mineur pour Gilbert Bécaud

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 17/12/2011 à 15H07
Gilbert Bécaud avec Dalida dans un studio parisien en 1981

Gilbert Bécaud avec Dalida dans un studio parisien en 1981

© Ossinger / DPA / MAXPPP

Il y a dix ans disparaissait Gilbert Bécaud. « Monsieur 100.000 volts » a laissé des standards repris par Elvis Presley et Franck Sinatra. EMI, édite une anthologie, tandis que Warner publie un album de reprises en forme d’hommage

Gilbert Bécaud s’est éteint le 18 décembre 2001, emporté par un cancer du poumon à 74 ans.
Malgré une carrière prolifique et quelques tubes planétaires, le dixième anniversaire de sa disparition est célébré cette année dans une relative discrétion. Pour Bertrand Dicale, journaliste spécialiste de la chanson, la raison est "historique": la modernité de Bécaud a été presque immédiatement engloutie par la vague yéyé.

"C'est un peu ce qui serait arrivé aux Beatles si les Sex Pistols avaient explosé en 1967. Très vite, il n'est considéré que par son passé et chante des chansons pour adultes qui touchent un public sans âge", note-t-il.

Des disques, des émissions et un livre célèbrent Bécaud
La maison de disques historique de Bécaud, EMI, édite tout de même une anthologie en 12 CD, tandis que Warner publie "Et maintenant", un album hommage rassemblant des reprises de ses succès par Johnny Hallyday, Julien Clerc, Patrick Bruel, Olivia Ruiz...

Michel Drucker lui consacre un "Vivement Dimanche" et France 3 un documentaire, tandis que sa veuve, Kitty, co-signe avec Laurent Balandras "Bécaud : la première idole" (Ed. Carpentier).

Gilbert aux Francofolies de Montréal en 1994

Gilbert aux Francofolies de Montréal en 1994

© Pierre Roussel / NEWSCOM / SIPA

Quand il a débuté dans les années 50, ce protégé d'Edith Piaf a littéralement "cassé la baraque". Avec son sens du swing et son énergie, il a bousculé les usages encore rigides du music-hall. C'est pour lui que, pour la  première fois, un public électrisé a brisé les sièges  de l'Olympia.

L'interprète de "Nathalie", qui composait mais n'écrivait pas, a aussi innové en chantant l'amour avec une liberté rare pour l'époque. "Il est le premier à mettre le mot copain dans ses chansons, ce qui est une révolution à l'époque", rappelle Bertrand Dicale. D'ailleurs, souligne-t-il, les deux émissions emblématiques des yéyés, "Age tendre et tête de bois" et "Salut les copains", tirent leur nom de paroles de ses chansons.

Un éternel « second » de la chanson
Il fait aussi partie du club fermé des chanteurs qui représentent la France à l'étranger. "Et maintenant" ("What Now My love") ou "Je t'appartiens" ("Let It Be Me") sont devenus des standards.

"Quand j'étais enfant en Espagne, on entendait ses chansons à la télé, à la radio", raconte Luz Casal, qui participe à l'album  hommage. "Je me souviens très bien de lui jouant au piano, de son intensité. Il  chantait et jouait avec une passion impressionnante", dit-elle.

Le chanteur a pourtant poursuivi une prolifique carrière, enchaînant les concerts, notamment à l’Olympia, où il détient le record du nombre de prestations (plus de trente).

"C'est un destin assez émouvant", pour Alex Beaupain, qui reprend  « L'Absent » sur l'album-hommage: "Il y a un côté un peu ‘second’ chez Bécaud  par  rapport à des Brel, des Brassens, des Barbara que je trouve touchant".

Et maintenant... Gilbert Bécaud, documentaire sur France 3 le dimanche 18 décembre à 23h20