Calogero condamné pour plagiat : confirmation en appel

Par @Culturebox
Publié le 21/07/2015 à 20H18
Calogero en mars 2010.

Calogero en mars 2010.

© Lionel Bonaventure / AFP

La cour d'appel de Paris a confirmé la condamnation pour "contrefaçon" du chanteur Calogero, estimant que sa chanson "Si seulement je pouvais lui manquer" présente de fortes similitudes avec l'oeuvre du plaignant, le compositeur Laurent Feriol. Condamné en première instance, le chanteur avait fait appel de la décision, son avocat Me Simon Taharn évoquant "un combat pour l'honneur".

La cour d'appel a intégralement confirmé le 26 juin le premier jugement, a-t-on appris mardi, un mois plus tard.

Les deux oeuvres présentent 63% de notes communes

Le chanteur était poursuivi par Laurent Feriol, qui a composé une oeuvre intitulée "Les chansons d'artistes" fin 2001, déposée à la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique). Après avoir fait procéder par un expert à une comparaison des deux oeuvres, Laurent Feriol avait saisi la justice, qui lui a donné raison dans un jugement rendu le 16 mai.

Le tribunal avait retenu l'antériorité de l'oeuvre du plaignant par rapport à celle de Calogero, contestée par ce dernier, et estimé que "les refrains des deux oeuvres présentent d'importantes similitudes, de l'ordre de 63% de notes communes". Les couplets sont toutefois différents, si bien que le tribunal avait retenu que "Si seulement je pouvais lui manquer" reprend 15% de la composition des "Chansons d'artistes".

Quel préjudice ?

Le tribunal avait condamné solidairement Calogero et son frère, compositeur de la chanson, l'éditeur et le distributeur à verser au plaignant près de 80.000 euros de dommages et intérêts et le tribunal a ordonné une expertise pour fixer le montant du préjudice matériel.

Mais le tribunal avait limité à 25.000 euros le versement des dommages et intérêts en attendant la décision de la cour d'appel. La décision de la cour d'appel tombée, le TGI de Paris doit désormais se prononcer sur le préjudice, selon une source proche du dossier.

La chanson du plaignant Laurent Feriol :

"Une rencontre fortuite" selon l'accusé Calogero

L'avocat de Calogero avait souligné que le titre "Les chansons d'artistes" n'avait fait l'objet que d'une diffusion confidentielle, et qu'"à supposer qu'elle ait été créée antérieurement", il ne pouvait s'agir que d'une "rencontre fortuite". "Il n'y a aucune possibilité que Calogero ait pu connaître cette chanson" avant de composer la sienne, avait-il assuré.

Me Tahar avait affirmé que même si la chanson de son client a été déposée à la Sacem après, elle a bien été créée avant. "Nous avons effectué des recherches qui ont révélé que le même départ du refrain se retrouve dans plusieurs oeuvres antérieures", avait ajouté l'avocat. Calogero avait été condamné en mars 2010 pour contrefaçon pour sa chanson "Un jour parfait", mais il a été blanchi un an plus tard.