Benjamin Biolay : un concert magique à Lyon avant de lancer sa tournée

Par @OlivierFlandin
Mis à jour le 21/06/2016 à 11H23, publié le 20/06/2016 à 16H07
Benjamin Biolay aux Nuits de Fourvière © PHOTOPQR/LE PROGRES/PIERRE AUGROS

Benjamin Biolay a fêté son retour sur scène de la plus belle des manières aux Nuits de Fourvière, chez lui, à Lyon, le temps d’un concert d’une intensité rare. Accompagné d’une vingtaine de musiciens et chanteurs, dont Chiara Matroianni, il a su mêler avec chaleur, finesse et émotions de nombreuses facettes de ses influences et de sa personnalité.

Pour un amateur de foot comme lui, et de l’Olympique Lyonnais en particulier, jouer à domicile veut visiblement dire quelque chose...

Pour inaugurer  sur scène son nouvel  album “Palermo Hollywood” conçu en Agentine, Benjamin Biolay a vu les choses en grand : un orchestre de 14 cordes, deux chanteurs lyriques, des musiciens argentins (et pas des moindres), Chiara Mastroianni au chant pour l’accompagner sur plusieurs chansons, Melvil Poupaud en guest star à la basse...Seul un maestro des arrangements pouvait faire d’un tel dispositif une soirée si réussie.

Et puis il y avait l’énergie, positive, sensible et évidente, qui a traversé durant près de 2h30 les gradins bondés de l’amphithéâtre romain de Lyon, sa ville de coeur depuis ses années d’études au conservatoire de la ville, à deux pas d’ici.

“J’ai jours aimé la musique latine et quand on connait bien une ville, un pays et ses habitants, on s’intéresse à leur culture”, explique le musicien à France 3 Rhône-Alpes à propos de l’Argentine et de Buenos Aires, “Elle me plait, leur culture, c’est une question de goûts... Je me sens bien là-bas, comme je me sens bien ici, dans cette ville de Lyon”

Reportage et extraits du concert : J. Sauvadon / S. Goldstein  / C. Jauseau / A. Jourdan / D. Mollard


Chanson, cumbia et cinéma 

Après une première partie consacrée aux titres du dernier album, dans des sonorités chaleureuses d’Argentine et de cinéma italien, le concert a commencé à prendre des allures de véritable fête cumbia (musique dansante d''Amérique du sud), dès l’apparition de Sofia Wilhelmi, que l’on entend aussi sur l’album. Cette pétillante chanteuse argentine est aussi comédienne. Benjamin Biolay l’a rencontrée sur le tournage du film  “Mariage a Mendoza” d’Edourd Deluc. Il raconte à son sujet, qu’elle a inspiré en partie le synopsis du disque. Autre symbole fort de l’amour de la chanson et du cinéma, Chiara Mastroianni les a rejoint sur scène le temps de plusieurs chansons, tout au long de la soirée, dont une belle version de “Ressources Humaines” qu’elle a enregistré sur l’album avec Melvil  Poupaud, également du voyage ce soir là à Fourvière.

Hommage à Hubert Mournier

Benjamin Biolay a été le premier à annoncer la mort  d’Hubert Mounier et à saluer son ami et  “professeur de chansons”. On se doutait donc qu’un hommage serait rendu ce soir , mais là aussi, le musicien a vu les choses en grand avec cinq reprises magnifiques de chansons du leader lyonnais de l’Affaire Louis’ Trio. “Cabane en rondins” du tout premier album,  “Succès de larmes”, qui lui va comme un gant, le bouleversant “Loin”, une saisissante version de “Voyager léger” en duo avec Chiara Mastroianni avant que les 4000 spectateurs privilégiés des Nuits de Fourvière entonnent  hauts les coeurs l’incontournable “Mobilis in Mobile. “ 
Biolay Lyon © PHOTOPQR/LE PROGRES/PIERRE AUGROS


Chi va piano... 

Dans la dernière partie de cette nuit magique, Benjamin Biolay abandonne un peu la danse et se rapproche du piano le temps de revisiter quelques uns de ses classiques plus intimistes : ‘”Négatif”, “Ton héritage”, “La superbe”, dans des versions très inspirées, avec même, ultime surprise, une courte évocation d’un tube de Gorillaz.

Benjamin Biolay et les Nuits de Fourvière ont réussi là une grande soirée, riche en rythmes et en émotions, qui s’est terminée par le traditionnel lancer de coussins, qui a pris une signification toute particulière sous fond de l’hymne “Lyon Presqu’île : "C'est comme si j'étais parti la veille / Je suis entre la colline qui prie / Et la colline qui crie" chante  l’enfant du pays en remerciant le public pour "une des  plus belles soirées" de sa vie.

Ce concert exceptionnel de Benjamin Biolay,diffusé en direct par France Inter, est à revivre en replay sur le site de la radio.

Le spectacle sera repris à la rentrée salle Pleyel à Paris les 23 septembre (complet), 24 septembre (complet) et 25 septembre avant de partir en tournée dans une version plus légère.