Benjamin Biolay réagit en chanson à la victoire électorale du Front national

Par @Culturebox
Mis à jour le 28/05/2014 à 15H25, publié le 28/05/2014 à 14H07
Benjamin Biolay à Cannes, 20 mai 2014

Benjamin Biolay à Cannes, 20 mai 2014

© Roland Macri / CITIZENSIDE / AFP

Benjamin Biolay a réagi après la victoire du Front national aux élections européennes en publiant une chanson, "Le Vol noir", dans laquelle il sample le "Chant des partisans" et fustige les "pathologiques menteurs professionnels". De son côté, l'écrivain Alexandre Jardin a lancé un appel aux maires de France.

"À vous, chers disparus, ô ce soir, si vous aviez vu / Ce vieux pays des Lumières choir et tomber sur le cul / Comme une tête couronnée sous les quolibets  crus / Quand le ciel tombe sur la tête, on est toujours pieds nus", lance le chanteur Benjamin Biolay dans le premier couplet de sa chanson.
 
En guise de refrain, il reprend la musique et le premier vers du "Chant des  partisans", l'hymne de la Résistance française : "Ami, entends-tu le vol noir du corbeau sur la plaine".
 
Quand ça éclabousse, nul n'est épargné
Plus loin, il s'adresse aux "pathologiques menteurs professionnels", leur lançant : "Vous ignorez tout de la matière que vous remuez / Mais quand ça  éclabousse, non, nul n'est épargné".
 
"Allons enfants de la patrie", implore-t-il encore, en clin d'œil à la Marseillaise.
 
"Morceau inédit post-soirée électorale", a indiqué simplement le chanteur mardi soir dans un tweet, ajoutant le lien vers la chanson sur le site SoundCloud.

Benjamin Biolay, qui ne cache pas ses sympathies politiques, avait soutenu la candidature de François Hollande à la présidentielle de 2012.


Une autre initiative, cette fois de l'écrivain Alexandre Jardin
De son côté, l'écrivain Alexandre Jardin a lancé mercredi à Paris, en présence d'Alain Juppé et d'Anne Hidalgo, l'opération "Aux actes citoyens !", un appel aux actions concrètes et au sursaut civique adressé aux maires après les élections européennes. "Je déteste la fatalité et dimanche la fatalité a eu un chiffre", a déclaré Alexandre Jardin en évoquant le score historique du FN aux Européennes. "Puisqu'on a une crise du crédit moral, il fallait aller chercher les gens qui en ont. Dans cet appel aux maires de France, on se tourne vers les derniers qui ont du crédit", a-t-il ajouté en disant refuser "de vivre dans une époque nulle".

Lancée depuis le Conseil économique social et environnemental (CESE), l'opération "Aux actes citoyens" est destinée à nouer des partenariats entre les élus de terrain qui agissent, toutes couleurs politiques confondues, et la société civile, associations, simples citoyens, a expliqué le romancier et co-fondateur de la plateforme citoyenne bleublanczebre.fr.

Elle bénéficie du soutien de l'ancien Premier ministre et maire UMP de Bordeaux, Alain Juppé, et d'Anne Hidalgo, maire PS de Paris. "Je refuse aujourd'hui que la France de mes enfants, de mes petits-enfants ressemble à la France que nous a dessinée le parti qui vient de gagner ces élections européennes, c'est à dire une France barricadée dans ses frontières, protectionniste, fermée aux étrangers, passéiste, rétrograde, apeurée, complexée et fermée à la mondialisation", a lancé Alain Juppé qui a appelé à la reconstruction après le "séisme" de dimanche. "Cette reconstruction, c'est l'oeuvre des politiques, on ne s'en passera pas. Il n'y a pas de démocratie sans partis politiques."

"Une énorme baffe"
"C'est une énorme baffe que nous nous sommes tous pris collectivement dimanche dernier", a affirmé pour sa part Anne Hidalgo pour qui les maires constituent "encore cet échelon de hussards de la République en qui il y a encore de la confiance".

Volontairement, Alexandre Jardin n'a pas mobilisé d'intellectuels. "Je ne voulais pas que cette initiative semble venir de Saint-Germain-des-Près, au moment où les gens sont remontés contre les élites", a-t-il expliqué à l'AFP.

Lundi, l'écrivain Bernard-Henri Lévy a lancé un appel "pour un gouvernement d'union nationale" rassemblant des personnalités venues de droite ou de gauche, pour faire face au "défi de l'extrême droite triomphante".