A Perpignan, un nouveau disquaire se voue totalement au vinyle

Par @Culturebox
Mis à jour le 17/02/2015 à 10H20, publié le 17/02/2015 à 09H56
Un des vinyles vendus à Perpignan

Un des vinyles vendus à Perpignan

© France 3 / Culturebox

Un nouveau magasin de musique vient d'ouvrir dans le centre de Perpignan. Inutile d'y chercher un CD, Markus, le disquaire, a choisi de se consacrer entièrement au vinyle. Chez lui, neuf ou d'occasion, toutes les sortes de musique sont représentées. Et il n'y a pas que des quinquas nostalgiques pour venir s'approvisionner chez lui, sa clientèle a tous les âges.

Tant pis si ça craque parfois un peu. Tant pis s'il faut ressortir le petit chiffon pour essuyer la galette de vinyle, tant pis s'il faut parfois retirer du saphyr (voire du diamant) le petit tas de fils et de poussière qui s'y est formé... Tant pis, car le plaisir du vinyle ne tient pas forcément dans la qualité "nickel-chrome" de l'écoute. Les partisans de cette technique qu'on avait crue obsolète à l'arrivée de la musique sur support numérique ne cessent de vanter la chaleur du son analogique. Ils se délectent de son côté "bois" et ses résonnances disparues dans l'avalanche de uns et de zéros de la lecture numérique.

Partout

Dans toutes les grandes villes, des magasins offrent aujourd'hui de pleins casiers de disques 33 tours. Des albums dont la pochette en format trente centimètres sur trente compose souvent une véritable oeuvre d'art. Un exemple ? Comparez les deux avatars d'un des albums phare des Beatles, "Sergeant Pepper's Lonely Hearts Club band". D'un côté un petit objet froid, avec un livret dont l'écriture est inaccessible à des yeux un peu fatigués, de l'autre, un tableau fait de plusieurs images, des déguisements à découper, les paroles des chansons lisibles sur la face arrière de la pochette et à l'intérieur une immense photo (30 sur 60) des quatre de Liverpool dans leurs habits chamarés !
Ces albums, manipulés, admirés, protégés, parfois punaisés sur les murs des chambres ou carrément encadrés, ils ont souvent été revendus à partir des années 90, par caisses entières. Ou jetés, comme les tourne-disques. Aujourd'hui certains d'entre de ces disques valent des fortunes.

Reportage : J. Lopez / Ph Cheneaux de Leyritz / JY Olivier
D'occasion, mais aussi neufs

Mais il ne s'agit là que des disques d'occasion. Ils ne sont pas les seuls à remplir les bacs des marchands de musiques, qu'ils soient boutiques ou grandes surfaces spécialisées. Les maisons de production, toujours promptes à renifler d'où peut venir l'argent, se sont remises à presser des vinyles neufs. Alors bien sûr, comme c'est une nouvelle nouveauté ou une ancienne innovation, ou une ancienneté innovante, on ne sait plus, le prix a quadruplé. Chez ces gens-là, on vend une mode, pas une oeuvre musicale. Chez les petits disquaires comme Markus à Perpignan, par exemple, le vinyle est presque un mode de vie. En plus de la nostalgie des beaux objets, l'analogique offre une alternative qui apparait quasiment "bio" aux amateurs de musique qui en ont assez du matraquage numérique.