Jan Fabre nommé directeur artistique du festival d'Athènes

Par @Culturebox
Publié le 10/02/2016 à 20H16
Jan Fabre à Bruxelles le 23 février 2015

Jan Fabre à Bruxelles le 23 février 2015

© Frederic Sierakowski / ISOP / Sipa

Le ministère grec de la Culture a annoncé mercredi la nomination de l'artiste belge iconoclaste Jan Fabre à la direction artistique du festival d'Athènes et Epidaure, en quête de nouvelles têtes d'affiche après le limogeage de son président Georges Loukos.

Les propositions de Jan Fabre seront annoncées lors d'une visite, prochainement, à Athènes, a précisé le ministère dans un communiqué.

Le chorégraphe et plasticien anversois, qui fête cette année les 30 ans de sa compagnie Troubleyn est connu pour son art de la provocation, mêlant danse, performance, musique et arts visuels dans une débauche de corps. Crédité par ses supporters d'un renouvellement radical de la scène, il est accusé par ses détracteurs de provocation gratuite.

Artiste associé au Festival d'Avignon en 2005, il y avait fait scandale avec deux spectacles dérangeants, "L'histoire des larmes" et "Je suis sang".

Fin janvier, son spectacle de 24 heures "Mount Olympus", retransmis (et disponible) sur Culturebox, a fait sensation.

Loukos, rénovateur du festival, rattrapé par la justice

Accusé dans les années 90 d'avoir sombré dans la ringardise, le Festival d'Athènes qui propose tout l'été des spectacles vivants dans la capitale et sur la scène du théâtre antique d'Epidaure, dans le Péloponnèse, avait été dépoussiéré et relancé par l'ancien directeur du ballet de l'opéra de Lyon, Georges Loukos.

Nommé en 2006 par le gouvernement conservateur de l'époque, Loukos a été limogé fin décembre de ses fonctions de président, après son inculpation pour des pertes de 2,7 millions d'euros infligées à l'État grec. Le ministère de la Culture avait précisé s'être résolu à cette "difficile décision" malgré "sa profonde estime pour l'oeuvre de M. Loukos" dans l'attente de la conclusion de l'instruction dont il fait l'objet.

Cette décision, sur fond de renouvellement par le gouvernement de gauche des directions de nombreuses institutions culturelles, avait nourri les inquiétudes des milieux artistiques quand à l'avenir du Festival, aux ailes déjà très rognées par six ans d'austérité.