Tendances : ces géants du luxe qui draguent les jeunes créateurs

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 23/09/2013 à 15H10
LVMH a pris le contrôle du chausseur londonien Nicholas Kirkwood (en 2009) 

LVMH a pris le contrôle du chausseur londonien Nicholas Kirkwood (en 2009) 

© EKATERINA CHESNOKOVA / RIA NOVOSTI

LVMH a pris le contrôle du chausseur londonien Nicholas Kirkwood marquant une nouvelle étape dans la série d'investissements dans les jeunes créateurs lancée depuis janvier par les géants du luxe.

LVMH a annoncé avoir acquis une part majoritaire dans Nicholas Kirkwood et va intégrer cette marque née en 2004 dans sa division Mode et maroquinerie, aux côtés de Louis Vuitton, Céline, Givenchy, Loewe, Fendi, Berluti, Kenzo, Emilio Pucci, Marc Jacobs, Donna Karan, Thomas Pink, Loro Piana. Cet achat témoigne de l'engagement de LVMH à "favoriser la créativité et les talents, que le groupe considère comme la véritable racine du succès dans le secteur de la mode".

Le chausseur britannique pourra, lui, "développer son activité et sa présence à l'international". Nicholas Kirkwood est une jolie marque de chaussures haut de gamme pour femmes, sur laquelle Delphine Arnault a jeté son dévolu. La fille du patron de LVMH Bernard Arnault, D.G. adjointe de Louis Vuitton après des années passées chez Dior, est aussi en charge du repérage des créateurs prometteurs. Elle espère que Nicholas Kirkwood pourra "repousser encore davantage les frontières de la créativité" en s'adossant à "l'expertise de LVMH".

Formé aux beaux-arts à la Central Saint Martins School, puis au Collège des cordonniers, Nicholas Kirkwood, 33 ans, a collaboré avec Swarovski et Chloé et primé deux fois Accessoires Designer de l'année aux British Fashion Awards qui récompensent les meilleurs designers britanniques. Ses collections sont vendues dans environ 150 grands magasins dans le monde.
Maxime Simoëns en pleine séance de travail

Maxime Simoëns en pleine séance de travail

© DR
C'est le 2e investissement de ce genre de LVMH en 2013, après l'annonce en février d'une prise de participation dans la société du couturier Maxime Simoëns (28 ans), lancée en 2008. Simoëns avait auparavant travaillé brièvement chez Gaultier, Dior et Balenciaga.

Kering engagé dans le capital d'Altuzarra
Kering (ex-PPR), concurrent de LVMH, a lui pris en janvier 51% de la maison du designer écossais Christopher Kane, 30 ans. Il avait investi il y a une douzaine d'années dans Alexander McQueen et Stella McCartney, qui aujourd'hui ont tous deux "franchi le cap des 100 millions d'euros" de C.A., selon Kering. Le groupe dirigé par François-Henri Pinault a annoncé début septembre son entrée au capital de la marque new-yorkaise de prêt-à-porter féminin Altuzarra, fondée en 2008 par le créateur franco-américain Joseph Altuzarra. Il n'y a toutefois pris qu'une part minoritaire.

Un mouvement engagé depuis 1 an 
"On assiste à un mouvement des grands groupes du luxe depuis bientôt un an : il ne s'agit plus de réveiller de belles endormies mais de préparer l'avenir avec de jeunes créateurs. En ce moment il y a un besoin de renouvellement de générations", commente Serge Carreira, spécialiste du luxe et professeur à Sciences Po. "LVMH comme Kering ont le regard tourné vers Londres et New York", souligne-t-il. Selon lui, "il y a potentiellement d'autres marques émergentes au fort potentiel de développement et qui pourraient intéresser les grands groupes, comme Anne Valérie Hash, Julien David ou Felipe Oliveira Baptista à Paris, J.W. Anderson ou Mary Katrantzou à Londres, Derek Lam ou Jason Wu à New York..."
 
LVMH lorgnerait sur Anderson. "On pourrait aussi voir le lancement de nouvelles marques", dit M. Carreira. Comme celle d'un Nicolas Ghesquière ? Le styliste a quitté Balenciaga (Kering) voilà bientôt un an et on le dit courtisé par LVMH.

Kering a annoncé récemment qu'il allait proposer, via l'initiative "Vogue Talents" du magazine Vogue Italia, des stages à de jeunes talents au sein de 8 de ses maisons pour les aider à "prendre pied" dans l'industrie du luxe.