Retour des hommes sur les podiums de la Paris Fashion week

Par @Culturebox
Mis à jour le 26/06/2017 à 14H19, publié le 21/06/2017 à 07H28
Issey Miyake printemps-été 2017, à Paris

Issey Miyake printemps-été 2017, à Paris

© FRANCOIS GUILLOT / AFP

Comment s'habillera l'homme pour l'été 2018 ? Réponse sur les podiums avec cinq jours de shows célébrant le printemps-été 2018 durant lesquels vont se succéder 52 défilés, dont 5 nouveaux venus dans un programme très international. Après Londres et Milan, la mode masculine est de retour à Paris du 21 au 25 juin 2017.

Un "no show" pour Vetements

Le début de ce marathon sera marqué par le défilé Balenciaga, dont le directeur artistique Demna Gvasalia est l'un des designers les plus influents du moment. Egalement à la tête du label Vetements, le créateur géorgien a, une fois de plus, bousculé les habitudes du milieu en annonçant qu'il arrêtait de présenter des défilés pour cette marque. "Il est temps d'ouvrir un nouveau chapitre (...) On a fait le show dans un sex club, dans un restaurant, dans une église (...) C'est devenu répétitif et fatigant", expliquait début juin au magazine Vogue cet enfant terrible de la mode, qui a décidé de déménager le studio de Paris à Zurich. Pas de défilé, donc, pour le label branché, qui s'est fait connaître avec ses jeans faits de plusieurs paires de Levis et ses sweats à capuche oversize. A la place, un showroom permettra aux acheteurs et journalistes de découvrir la collection - homme et femme -, faite de rééditions de pièces existantes. Pour l'inaugurer, la marque a prévu un "no show" avec une exposition photos et un concert.

Encore des collabs et des co-ed

La tendance des collaborations entre marques, qui se développe depuis quelques saisons (notamment celle de Louis Vuitton avec Supreme) se poursuit : la griffe parisienne Pigalle s'associe avec Nike pour une collection unisexe, Andrea Crews avec la marque New Man et, enfin, le label AVOC avec Converse (pour la nouvelle Converse Custom One Star Suede).

La tendance des défilés mixtes sera de mise chez Lucien Pellat Finet, Kenzo, Paul Smith, Balmain, Pigalle, Etudes, Sacai, Berlutti, Andrea Crews, Enfants Riches Déprimés, Avoc et Juun.J, qui avait lancé la saison dernière, pour son 10e anniversaire, le défilé mixte androgyne. 

A côté des grands noms (Dior, Louis Vuitton, Valentino, Berluti, Hermès, Dries Van Noten, Balmain, Lanvin…) qui font la renommée du programme parisien, cinq griffes font leur entrée.

Angus Chiang, Namacheko, Hed Mayner, Enfants Riches Déprimés : premiers pas à Paris

Le Taïwanais Angus Chiang est un label de mode masculine fondé en 2015. Ses créations puisent leurs inspirations dans la culture taïwanaise, revisitée d'une dose d’esthétisme pop et acidulée, d'humour et de bonne humeur. Il a été nommé pour le LVMH PRIZE 2017 et a atteint le top 21 parmi 1.200 concurrents
Le créateur Angus Chiang

Le créateur Angus Chiang

© Courtesy of Angus Chiang
Autre nouveau nom, Namacheko créé par un frère et une soeur. Dilan et Lezan Lurr, kurdes originaires de la région de Kirkouk en Irak, ont émigré en Suède dès leur enfance. Ils ont présenté leur première collection au cours de la semaine de la mode masculine de Paris en janvier 2017. Ils mêlent leur héritage kurde avec la culture occidentale pour une collection de vêtements masculins à la coupe maîtrisée, confectionnés avec des matériaux de qualité. 
Dilan Lurr, le créateur de la marque Namacheko

Dilan Lurr, le créateur de la marque Namacheko

© Dilan Lurr
Né à Amuka, au nord d'Israël, Hed Mayner a fait ses études à l'Académie Bezalel des Arts et Design à Jérusalem avant de venir à l'Institut Français de la Mode pour découvrir de nouveaux aspects de l'artisanat et enrichir son esthétisme. Les collections, entre pièces fluides et structurées, sont influencées par l'habillement traditionnel des Juifs orthodoxes et le vêtement militaire. Le créateur équilibre la force et la vulnérabilité pour offrir un luxe moderne intemporel. 
Le créateur Hed Mayner

Le créateur Hed Mayner

© Cecile Bortoletti
Puis ce sera au tour des Enfants Riches Déprimés : derrière ERD se cache une griffe lancée en 2012 par Henri Alexander Levy, marqué par son éducation au sein des internats ultra huppés, comme Le Rosey en Suisse. Cette mode de luxe, basée à Los Angeles et à Paris, a été créée par cet artiste américain en tant que collectif de mode avant-garde basé sur les mouvements de la fin des années 1970 et les mouvements d'avant-garde japonais des années 1980. S'appuyant sur les concepts de déconstruction, ERD se révolte contre le monde luxueux de la mode en proposant des T-shirts façon vintage, des sweats oversize, des blousons en cuir, des chandails et des pantalons... souvent usés, déchirés. La griffe à l'esthétique punk a séduit des célébrités comme Courtney Love, Kanye West, Beyoncé ou Justin Bieber.

A noter aussi l'arrivée d'Alexander McQueen, qui ne présentait jusqu'alors à Paris que ses collections féminines.

Ces défilés seront suivis des shows de la haute couture automne-hiver 2017-18, du 2 au 5 juillet et de la journée de la haute joaillerie le 6 juillet.