Fashion week de Milan : la mode homme entre "brutalisme" et bande dessinée

Par @Culturebox
Mis à jour le 20/06/2017 à 08H13, publié le 19/06/2017 à 15H25
Prada printemps-été 2018, juin 2017, à Milan

Prada printemps-été 2018, juin 2017, à Milan

© MIGUEL MEDINA / AFP

Les défilés de la Fashion week masculine se déroulent depuis le 16 juin au soir à Milan. Certains créateurs ont choisi cette année de miser sur de nouveaux codes. Pour sa deuxième collection chez Dirk Bikkembergs, le Britannique Lee Wood a présenté une ligne "efficace", "avec juste ce qui est nécessaire". La marque italienne Prada a, quant à elle, tenu à rendre hommage à la BD.

"J'ai voulu construire des vêtements avec juste ce qui est nécessaire, sans rien cacher du travail réalisé et pour un homme qui cherche à être efficace sans trop faire le beau", explique le styliste Lee Wood, qui a repris l'an passé les rênes de la marque belge Dirk Bikkembergs.

Inspiration "brutaliste" pour Dirk Bikkembergs

Pour atteindre son but, il s'est inspiré du mouvement architectural "brutaliste", en vogue entre les années 1950 et 1970 et caractérisé par des formes géométriques anguleuses et répétées. Le béton brut a souvent été utilisé par ses représentants dont l'un des plus célèbres est Le Corbusier. "Je voulais appliquer ce principe à la mode de Dirk Bikkenbergs en racontant le vêtement de façon directe, sans fioritures", confie Lee Wood. "J'ai utilisé les matières de façon très directe, comme le maçon qui laisserait le ciment ou le béton apparents", ajoute le designer.
Dirk Bikkembergs, été 2018, à Milan

Dirk Bikkembergs, été 2018, à Milan

© Miguel MEDINA / AFP

Sa collection hommes pour l'été 2018 est basée sur des modules qui se répètent, comme ces poches plaquées sur des blousons denim oversize (grande taille) ou ces empiècements à l'arrière des jeans, façon patchwork. Les ourlets, non finis, sont eux aussi apparents aux bas des pantalons. Le vestiaire est complété par des parkas ou des blazers croisés, à boutonnage asymétrique portés sur des sandales ou des bottes, elles aussi fonctionnelles. Les teintes, crème ou marine, contribuent à donner à l'ensemble une allure très estivale.

Prada choisit le 9e Art 

Prada avait choisi une bande son très française pour son défilé masculin, avec une compilation des années 80 : "L'Aventurier" d'Indochine, le "Week-end à Rome" d'Etienne Daho et le "Mannequin" du groupe Taxi Girl. Quant au décor inspiré des comics américains, il correspond à la passion récente pour la BD de la styliste Miuccia Prada, 68 ans, qui dirige le groupe fondé par son grand-père en 1913.
 
Les singes et les araignées dessinés sur les murs sont l'oeuvre de l'artiste belge Olivier Schrauwen et de l'illustrateur américain James Jean. Côté vêtements, la griffe décline une série de combinaisons et combishorts pour hommes, confirmant une tendance pour l'été prochain déjà perçue chez plusieurs créateurs.
Prada, été 2018, à Milan

Prada, été 2018, à Milan

© MIGUEL MEDINA / AFP

Chemises-polo, T-shirts en maille filet, complets en coton à rayures complètent les silhouettes. Plus audacieux est l'ensemble formé d'un blouson court et d'un short, associés à des chaussettes hautes rayées et des souliers vernis acajou...

Armani invite Munsoo Kwon et sa génération Yolo (You only live once)  

Invité cette année à Milan par Giorgio Armani - le styliste italien donne chaque année sa chance à un jeune créateur - le Coréen Munsoo Kwon s'est intéressé à l'individualisme, phénomène social grandissant alors que le nombre de personnes vivant seules va croissant.
 
"Après les Yuppies (citadins actifs des années 80), les Bobos (qui épousent les valeurs de la contre-culture et du matérialisme), voici les Yolos, qui conduisent leur vie en pensant au présent, sans se soucier du futur", explique Munsoo Kwon, qui s'est formé au sein d'écoles de création américaines. L'acronyme Yolo signifie "You only live once" (On ne vit qu'une fois) et peut s'apparenter à l'expression latine Carpe Diem, (Cueille le jour présent).
Giorgio Armani, Munsoo Kwon, été 2018, à Milan

Giorgio Armani, Munsoo Kwon, été 2018, à Milan

© Marco BERTORELLO / AFP

Pour ces jouisseurs de l'instant, le styliste a prévu des vêtements où ils se sentiront à l'aise, comme des maxi-manteaux fins et légers, des pantalons amples ou des blazers aux épaules larges. Ils disposeront dans leur garde-robe de capes ou d'imperméables transparents, ou de bombers aux impressions camouflage. Et pourront aussi oser le pull manches longues rayé jaune et noir, façon abeille, sur la chemise à fleurs.