Mannequin androgyne, Tamy Glauser défile chez les hommes et les femmes

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 21/06/2013 à 10H34
Tamy Glauser, à Paris en juin 2013

Tamy Glauser, à Paris en juin 2013

© Fred Dufour / AFP

Son book dans le sac à dos, Tamy Glauser a repris le chemin des castings, comme des centaines d'autres mannequins à l'approche des défilés de la mode masculine qui débutent le 26 juin à Paris mais elle détonne dans le milieu : avec sa beauté androgyne, elle travaille aussi bien chez les hommes que les femmes.

Crâne rasé, débardeur et jean noirs, elle marche, raide et épaules basses. Lors du casting pour le défilé homme de Yohji Yamamoto, son allure est masculine. Joueuse, elle montre, ensuite, sa démarche quand elle défile pour les femmes : elle met son bassin en avant, ralentit l'allure, déroule ses longues jambes fines, modifie son port de tête, devient charmeuse.
Tamy Glauser, à Paris en juin 2013.

Tamy Glauser, à Paris en juin 2013.

© Fred
"Elle a un look qui s'adapte aussi bien à l'homme qu'à la femme", souligne Steeven Kanoo, son agent chez l'agence de mannequin Ford. "La principale raison pour laquelle nous l'avons prise, c'est que c'est une belle femme. J'ai surtout vu d'abord son élégance", explique-t-il. Et "elle a quelque chose en plus" et "tout ce qui sort des sentiers battus, ça plaît. La mode recherche la beauté mais aussi la personnalité".

Au quotidien, le style de Tamy Glauser, originaire de Suisse, est garçon manqué : jamais de maquillage ou de talons. "Je n'ai pas tellement d'habits: trois pantalons, quatre sweat-shirts, et les habits que je porte sont plus masculins". Mais sa gestuelle est féminine; elle parle tout bas, avec une voix douce. 

Elle a démarré le mannequinat à 28 ans, un âge avancé pour ce milieu
"Finalement, mon âge plaît et je suis traitée avec plus de respect que des filles de 16 ans", constate-t-elle. Avant le mannequinat, elle a fait des études (du droit et de la communication) qu'elle a abandonnées, elle a voyagé, vécu à New York, travaillé. Puis elle s'est lancée en 2012, en suivant les conseils d'un ami à Berlin. "Il y a pile un an, j'étais en plein examens!", s'étonne-t-elle.

Sa mère a beau avoir été mannequin, Tamy Glauser affirme qu'elle ne connaissait rien à la mode jusqu'à il y a quelques mois. "Mais j'ai lu, je m'y suis mise". Sa carrière a démarré assez rapidement avec des shootings pour des magazines de mode et des défilés dès octobre. "Le moment le plus dingue, ça a été le show de Jean Paul Gaultier: J'étais avec les plus grands top models, il y avait du champagne en coulisses".
Saskia de Brauw en octobre 2012 à Paris

Saskia de Brauw en octobre 2012 à Paris

© Kenzo Tribouillard / AFP
En janvier, elle était sur les podiums de Givenchy, entourée d'hommes. "Au début, ils ne savaient pas comment m'aborder mais finalement, nous avons passé un bon moment". "Je suis très heureuse de pouvoir faire les deux", dit-elle. "J'aime travailler chez les hommes, je sens que c'est plus proche de ce que je suis. Et pour les femmes, on me met des habits que je ne porterai jamais ; j'adore ça". Si Tamy Glauser est bien dans cet entre-deux, elle est un peu petite pour les hommes (1,80 m) et sa carrure est un peu large par rapport à ses consoeurs. "Certains couturiers me voient dans une robe mais ils ne peuvent pas fermer le dos". Et si ça ne devait plus marcher dans la mode, où "les gens se lassent vite", selon Steeven Kanoo? "Elle chante vraiment bien", suggère-i
Casey Legler, en février 2013 à New York

Casey Legler, en février 2013 à New York

© Ilyas.Savenok
Elle n'est pas la seule femme à travailler pour des marques masculines. Il y a également Casey Legler et Saskia de Brauw. Pour expliquer ce phénomène, Steeven Kanoo évoque Hedi Slimane. Lorsque le créateur était chez Dior homme, "il a imposé un style de garçons très féminins, avec des mensurations qui se rapprochaient de celles de la femme".