Fashion week de Londres : Topman Design réinvente la culture rave des années 90

Par @Culturebox
Mis à jour le 09/01/2017 à 15H17, publié le 07/01/2017 à 10H13
Topman Design ah 2017-18 à la London Fashion week, janvier 2017

Topman Design ah 2017-18 à la London Fashion week, janvier 2017

© WWD/Shutterstock/SIPA

La Fashion week de Londres présente jusqu'au 9 janvier 2017 plus d'une cinquantaine de défilés et présentations dans un contexte économique encore épargné par le Brexit. Après Londres, la Fashion week masculine présentant l'automne-hiver 2017-18 posera ses valises à Milan, avant Paris, puis New York.

Couleurs fluos, imprimés psychédéliques, looks underground : la marque britannique Topman Design a lancé le 6 janvier la Fashion week de Londres des collections masculines de l'automne-hiver 2017-18, en plongeant dans la culture rave des années 90. Les stylistes aiment remettre au goût du jour et réinventer les modes et cultures d'hier et Topshop (300 magasins au Royaume-Uni) a remonté le calendrier d'une bonne vingtaine d'années, ancrant sa collection dans les rave party qui fleurissaient alors au son de la house music. 

Topman, explosif 

Topman s'est installé dans une vaste salle obscure aux airs d'entrepôt située dans l'enceinte du magasin Selfridges, temple de la mode et de la consommation en plein coeur de Londres. Rave oblige, la sono crache de l'électro signée Trevor Jackson et les mannequins défilent au milieu d'un décor brut de colonnes de béton et d'imposantes sculptures métalliques en forme de tubes.
Topman Design ah 2017-18 à la London Fashion week, janvier 2017

Topman Design ah 2017-18 à la London Fashion week, janvier 2017

© NIKLAS HALLE'N / AFP
Les hommes de Topman, sans complexe avec leurs boucles d'oreilles et leurs cheveux gras, sont des fêtards et portent de larges vestes et blousons courts style bombers aux couleurs fluo éclatantes, vert, rose ou orange. "Les cheveux sont sales, gras, la peau aussi. C'est le look de ceux qui travaillent à l'extérieur toute la journée et qui clubbent toute la nuit", explique la marque. Le vestiaire est tourné vers le confort, guidé par un idéal hédoniste, avec des pantalons de jogging gris classique rehaussés, à la ceinture et à l'entrejambe, de pièces brillantes reprenant, comme un contre-point, les couleurs acidulées déjà vues sur les hauts. Les formes sont amples, d'inspiration baggy, tandis que les jeans ultra évasés sont à taille haute...
Topman Design ah 2017-18 à la London Fashion week, janvier 2017..

Topman Design ah 2017-18 à la London Fashion week, janvier 2017..

© James Gourley/Shutterst/SIPA
"Explosif", commentait après le défilé le magazine GQ : "Avec cette collection super fun, jeune, (...) Topman Design a montré une fois encore pourquoi elle était la marque préférée de tant de millennials", ces jeunes nés entre les années 1980 et 2000.

Barbour, une édition limitée disponible à la vente immédiatement

Chez Barbour International, l'ambiance est nettement plus sage, dans le cadre de l'Institut royal des architectes britanniques. La griffe actualise, avec une prudente modération, ses classiques. L'iconique veste huilée en coton se porte avec une chemise à carreaux bleue, un foulard court noué au ras du cou et un pantalon à revers, façon lumbersexuel (look bûcheron des villes). 
Barbour ah 2017-18 à la London Fashion week, janvier 2017 

Barbour ah 2017-18 à la London Fashion week, janvier 2017 

© NIKLAS HALLE'N / AFP

La marque a également proposé une édition limitée de la fameuse veste avec des poèmes de l'Ecossais Robert Montgomery écrits à la main sur le dos. Ces modèles étaient disponibles à la vente immédiatement, illustrant le concept du "see now, buy now" ("aussitôt vu, aussitôt acheté"), qui émerge depuis quelques saisons dans le milieu de la mode.

Barbour ah 2017-18 à la London Fashion week, janvier 2017 : une édition limitée de la fameuse veste avec des poèmes de l'Ecossais Robert Montgomery écrits à la main sur le dos.

Barbour ah 2017-18 à la London Fashion week, janvier 2017 : une édition limitée de la fameuse veste avec des poèmes de l'Ecossais Robert Montgomery écrits à la main sur le dos.

© WWD/Shutterstock/SIPA

Le Brexit en embuscade

En 2015, les ventes de la mode masculine au Royaume-Uni ont progressé de 4,1% pour atteindre 16,5 milliards d'euros, une croissance plus rapide que celle du prêt-à-porter féminin, dont le volume reste significativement supérieur, a indiqué à l'AFP le cabinet Mintel. Pour 2016, Mintel prévoit une croissance de 4,4% et des ventes grimpant à 17,2 milliards d'euros. Quant au Brexit, la mode masculine semble, à l'instar du reste de l'économie britannique, encaisser sans trop de difficultés les conséquences immédiates du référendum du 23 juin sur l'Union européenne. "Sur le moyen terme en revanche, le secteur en ressentira probablement l'impact" et l'année 2017 pourrait être "plus dure", de nombreux détaillants risquant de répercuter sur les prix la baisse de la livre sterling, met en garde Mintel.
Craig Green ah 2017-18 à la London Fashion week, janvier 2017

Craig Green ah 2017-18 à la London Fashion week, janvier 2017

© NIKLAS HALLE'N / AFP