Arashi Yanagawa : des rings de boxe aux podiums londoniens

Par @Culturebox
Mis à jour le 11/01/2017 à 15H03, publié le 10/01/2017 à 12H26
Arashi Yanagawa, janvier 2017 à Londres

Arashi Yanagawa, janvier 2017 à Londres

© DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP

Avant d'officier dans la mode, le styliste japonais était boxeur pro. A 41 ans, Arashi Yanagawa est à la tête de la marque John Lawrence Sullivan lancée en 2003 et baptisée du nom d'un boxeur américain du XIXe siècle considéré comme le premier champion du monde poids lourds de l'ère moderne. Energie et élégance caractérisent son travail.

Les accessoires en cuir, noir, jaune, rouge et vert, matière et couleurs appréciées du créateur, reposent sur un établi du studio de Hackney, où Arashi Yanagawa pour la marque John Lawrence Sullivan a préparé son défilé présenté le 9 janvier pendant la Fashion week de Londres. 
John Lawrence Sullivan ah 2017-18 à la London Fashion week, janvier 2017

John Lawrence Sullivan ah 2017-18 à la London Fashion week, janvier 2017

© HAYOUNG JEON/EPA/MaxPPP

D'une passion à l'autre

"C'est mon père qui m'a poussé dans ma carrière de boxeur", explique à l'AFP Arashi Yanagawa, vêtu d'une veste à motifs camouflage, d'un pantalon en cuir vert foncé et d'une casquette noire. Pendant treize ans, il enchaîne les crochets et autres uppercuts sur les rings avant de raccrocher les gants. "J'avais l'impression d'avoir atteint un objectif, d'être prêt pour un nouveau défi", raconte-t-il. 
John Lawrence Sulliva ah 2017-17 à la London Fashion week, janvier 2017

John Lawrence Sulliva ah 2017-17 à la London Fashion week, janvier 2017

© Karyn Louise / NurPhoto
"Et depuis mon enfance, j'ai toujours cultivé une autre passion, la mode. Je sentais que je devais désormais me tourner dans cette direction". "Quand j'ai commencé, la plus grande difficulté a été de découvrir les bons fournisseurs de tissus avec qui travailler. Quand vous êtes nouveau dans le métier, il est très important de trouver les personnes avec qui vous aurez une bonne alchimie, à qui vous pouvez faire confiance et qui peuvent répondre aux besoins de votre marque", dit-il. Pour réussir dans ce milieu ultra-concurrentiel qui ne souffre guère l'improvisation, il puise dans son expérience de cogneur : "travailler dur, persévérer".

En 2008 le journal spécialisé "The Business of Fashion" place sa griffe à "l'avant-garde d'un groupe de jeunes marques (japonaises) prometteuses de prêt-à-porter masculin". Aujourd'hui, il dispose de trois boutiques au Japon et ambitionne d'en ouvrir à l'étranger. Il a même défilé à Paris pour présenter sa collection automne-hiver 2012-13.
John Lawrence Sullivan ah 2017-18 à la London Fashion week, janvier 2017..

John Lawrence Sullivan ah 2017-18 à la London Fashion week, janvier 2017..

© HAYOUNG JEON/EPA/MaxPPP

Energie et élégance

Son style ? Un mélange de classicisme et d'audace, une passion pour le cuir, des lignes modernes à la fois fluides et viriles... finalement, la boxe n'est jamais loin et il reconnaît des similitudes entre ces deux mondes. "En surface, les deux ont l'air plutôt simples : en boxe, on frappe du droit, du gauche, dans la mode on habille. Mais quand vous poussez un peu plus loin, ça devient bien plus complexe", dit-il. Dans ces deux disciplines, poursuit-il, "il y a différents styles, techniques, variations (...) Il faut faire preuve de souplesse, apprendre continuellement". Et quand on lui demande ce qui l'inspire, Arashi Yanagawa répond "David Bowie". "C'est l'une de mes principales influences, dit-il. Je suis très inspiré par cette génération de musiciens, ils représentent ce que je mets dans mes collections, une expression à l'unisson de l'énergie et de l'élégance".