Fashion week masculine de New York : jeune et décomplexée

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 05/02/2016 à 11H50
Kenneth Ning pap masculin ah 2016-17, à New York

Kenneth Ning pap masculin ah 2016-17, à New York

© Kelly Taub/BFA/Shutters/SIPA

La Fashion Week masculine de New York, née en juillet 2015, s'est achevée dans l'optimisme après quatre jours de défilés marqués par une soif d'innovation, d'ouverture et une certaine confiance en l'avenir. La semaine de la mode américaine clôturait la saison masculine automne-hiver 2016 dans le sillage de Londres, Milan et Paris.

Cette deuxième édition d'une soixantaine de shows précédait de peu le coup d'envoi le 11 février du calendrier de prêt-à-porter féminin à New York.

Portés par l'euphorie d'une réunion entre initiés pour observer, analyser, critiquer ou célébrer les dernières tendances du vestiaire masculin, les blogueurs, acheteurs et experts du secteur ont affiché une décontraction palpable. "L'ambiance était vraiment cool. Le monde du menswear, c'est détendu, les gens sont contents d'être là", note Stevie Gatez, styliste et bloggueur, vêtu d'une veste trois-quart en laine aux imprimés léopard, d'un sweatshirt gris à capuche, d'un jean retroussé aux chevilles, de baskets Adidas montantes et coiffé d'une haute casquette rigide.
Kenneth Ning pap masculin ah 2016-17, à New York

Kenneth Ning pap masculin ah 2016-17, à New York

© Kelly Taub/BFA/Shutters/SIPA

Aisance et tenues amples

Sur les podiums, l'heure était à l'aisance, au bien-être avec les coupes démesurément amples de manteaux, pantalons ou écharpes conçues dans l'idée de libérer un homme soucieux de son look mais en mouvement, que ce soit chez Public School, les Californiens Stampd ou Cwst, chez Todd Snyder, Michael Kors ou même chez Tommy Hilfiger. Vu aussi, des blousons matelassés sans manche, des blazers oversize et des costumes-pyjama.
Tommy Hilfiger pap masculin ah 2016-17, à New York

Tommy Hilfiger pap masculin ah 2016-17, à New York

© Tommy Hilfiger
Partout, chez Simon Miller, Greg Lauren, Kenneth Ning, l'hiver se prépare avec des matières douces, cachemire ou soie pour des blousons à capuche zippés, des lainages fins ou de la laine retournée plus épaisse, du Nylon. Chez Theory, des matières synthétiques innovantes servent une conception "minimaliste alliant luxe et technologie", explique son designer Ben Stubbington.
Stampd pap masculin ah 2016-17, à New York

Stampd pap masculin ah 2016-17, à New York

© Prune Perromat / AFP
L'essentiel était de trouver le juste équilibre entre structure, confort et originalité. "Mon but, c'est d'être à la fois novateur et classique", explique Mike Rubin, le créateur de Krammer & Stoudt, une marque quasi inconnue jusqu'à sa présentation. Même combat pour Tommy Hilfiger qui confie avoir voulu "célébrer  les pièces et les styles phares" de son oeuvre, des polos sport au Kway rouge ou au costume bleu ou Prince de Galles "en les adaptant à l'âge moderne". Un polo à manches longues se voit enrichi d'une cravate rouge intégrée, discrète et pratique. David Hart, est, lui aussi, revenu sur des classiques, ceux des grandes années jazz avec blazers à boutonnage croisé, imprimés écossais, pantalons feu de plancher et chaussettes de couleur, pour les moderniser.
Second Layer pap masculin ah 2016-17, à New York

Second Layer pap masculin ah 2016-17, à New York

© KENA BETANCUR / AFP
Dans les rues, sur la toile, les blogs, les hommes ont retrouvé le goût de l'expérimentation vestimentaire et cela se ressent chez les créateurs, avance M. Gatez, qui cite "des jeux avec les matières, des prises de risque avec la fourrure et le velours chez Gipsy Sport ou une inspiration 70's avec un accent streetwear" chez l'Argentin Lucio Castro.
Gypsy Sport pap masculin ah 2016-17, à New York

Gypsy Sport pap masculin ah 2016-17, à New York

© Sam Deitch/BFA/Shutters/SIPA

Du CBGB au ring de box

Certains créateurs ont voulu frapper les esprits avec des présentations fortes : Public School, la griffe streetwear, est revenue vers ses racines, organisant son défilé dans la rue devant une armée de fans et blogueurs prévenus sur les réseaux sociaux. L'artiste et créateur Greg Lauren, neveu de Ralph, a lui plongé ses invités dans un univers intense où des mannequins aux tenues déchirées combattaient sur un ring de box, à côté de dandys XIXe siècle à l'âme d'artiste. John Varvatos s'est interrogé sur la mort du rock en présentant sa collection dans l'ancien local de l'antre punk légendaire CBGB.
Greg Lauren pap masculin ah 2016-17, à New York

Greg Lauren pap masculin ah 2016-17, à New York

© WWD/Shutterstock/SIPA
"On a vu une plus grande diversité sur les podiums", relève M. Gatez, se référant notamment au show "all black" de David Hart. "Je n'ai  jamais vu autant de mannequins noirs jusqu'à cette saison." Pour David McLeod, blogueur pour Thedapperdaily.com, cette nouvelle Fashion Week a plutôt remporté son pari: "C'était une saison réussie."