Julien David jongle de Tokyo à Paris entre streetwear et luxe

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 18/01/2013 à 17H45
  • Julien David à Paris le 14 janvier 2013
  • Défilé Julien David pap ah 2013-2014, à Paris
  • Défilé Julien David pap ah 2013-2014, à Paris..
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  • Julien David à Paris le 14 janvier 2013
    Julien David à Paris le 14 janvier 2013 © MIGUEL MEDINA /AFP
  • Défilé Julien David pap ah 2013-2014, à Paris
    Défilé Julien David pap ah 2013-2014, à Paris © AFP
  • Défilé Julien David pap ah 2013-2014, à Paris..
    Défilé Julien David pap ah 2013-2014, à Paris © AFP

Pour sa troisième collection masculine qui se veut un mélange des genres entre streetwear et luxe, le créateur à l'esprit ludique et artisanal veut jeter des ponts entre les styles comme il en a jeté entre les continents.

De Paris à New York
Né à Paris en 1978, Julien David part après le bac vivre à New York où il travaille dans le graphisme avant de suivre les cours de l’école d'art et de design Parsons dont il sort en 2003. Il travaille, ensuite, pour quelques créateurs dont Ralph Lauren et Narciso Rodriguez. Mais un court séjour au Japon change sa vie. En 2006, il s'installe à Tokyo où il crée deux ans plus tard sa société. D'abord des foulards, puis des manteaux pour femmes. Aujourd'hui, il propose deux lignes complètes hommes et femmes et vend 40% de sa production au Japon.
Julien David rend hommage aux petites mains qui oeuvraient à la réalisation de ses foulards. Cap à Yamagata et Kanagawa dans les coulisses des ateliers de fabrication. Entre tradition et modernité, travail informatique et techniques ancestrales, l'art du foulard est à découvrir ici sous toutes ses coutures.
Plus facile de créer loin de son pays
Trilingue - français, anglais et japonais - ce créateur amateur de musique et d'art contemporain est content de revenir en France même s'il "juge plus facile de créer loin de son pays car on subit moins d'influences".
Julien David à Paris le 14 janvier 2013 lors du casting pour son défilé

Julien David à Paris le 14 janvier 2013 lors du casting pour son défilé

© MIGUEL MEDINA /AFP
Ses silhouettes sont "relax, loin du corps, les costumes n'ont ni épaulettes, ni structures pour plus de liberté", explique-t-il à l’AFP. Mais le manteau en laine angora a une doublure intérieure thermocollée pour être imperméable tandis que le pantalon très fluide à taille basse est à mi-chemin entre un chino et un sarouel. "Une sorte de version street du costume !", s'exclame-t-il. Les pantalons sont systématiquement retournés en bas pour donner de la décontraction à un costume en belle flanelle. L'alpaga d'aspect "vieilli" et le velours côtelé donnent un côté décontracté.
 
Sur le podium des mannequins qui viennent « de la rue » : un casting fait pour avoir "des gens normaux", souligne ce fan de skateboard.
 
Des collections qui mélangent streetwear et luxe
"Les modèles ont l'air street mais en fait tout est très travaillé", dit le créateur qui présente sa troisième collection masculine mais défile pour la première fois. "Toutes les matières proviennent des meilleurs fabricants japonais: dans le nord pour la laine, le centre pour la soie et le sud pour le coton" poursuit-il.
 
La clientèle visée est jeune pour l'essentiel. "Au Japon, les hommes sont plus aventureux au point de vue vestimentaire qu'ailleurs et ils dépensent plus", raconte Julien David qui avoue passer 75% de son temps à gérer sa société ou assurer le suivi de la production contre 25% à créer. "Mais cela me rend aussi plus attentif quand à mes choix créatifs", glisse-t-il.
           
En 2012, il a remporté le Grand prix de l'Association nationale pour le développement des arts de la mode (Andam) qui lui a rapporté 230.000 euros. De quoi aider à défiler à Paris pour la femme comme pour l'homme. Voire de réfléchir à produire plus en France par exemple "selon le développement de ses lignes", ou d'une manière plus générale passer plus de temps en Europe.