New York Fashion Week : les cinq tendances printemps-été 2018

Par @Culturebox
Mis à jour le 15/09/2017 à 17H48, publié le 15/09/2017 à 17H24
Zadig & Voltaire printemps-été 2018 à New York, septembre 2017.

Zadig & Voltaire printemps-été 2018 à New York, septembre 2017.

© Jewel SAMAD / AFP

La semaine de la mode new-yorkaise s'est clôturée le 13 septembre, laissant les fashionistas mettre le cap sur Londres. Mannequins rondes ou transgenres, seins nus, retour du fluo ou volants : la capitale américaine a beau traverser une crise d'identité, elle reste un lieu d'effervescence pour une industrie en pleine mutation. Voici 5 tendances clés de la saison printemps-été 2018.

Seins nus

Toute la semaine, ils se sont affichés, à peine couverts de dentelles transparentes comme chez Zadig et Voltaire, soulignés par les mailles des débardeurs en filets de chez Calvin Klein, ou nus sous des vestes ouvertes. D'autres, comme l'Italien GCDS, coupent leurs hauts juste là où il faut pour laisser poindre l'amorce basse de la poitrine. 
Zadig & Voltaire printemps-été 2018 à New York, septembre 2017

Rose, orange, fluo et retour aux années 1990

Le rose, le rouge et l'orange ont dynamisé de nombreux défilés. Les couleurs vives en général, y compris chez des maisons habituées au noir comme Victoria Beckham, reviennent, de même que les couleurs fluo, y compris sous forme de sequins. Côté motifs, au-delà des fleurs typiques des collections de printemps, tweed, pied-de-poule et rayures (bleues) ont le vent en poupe. Les pantalons se portent larges, à la taille comme à la cheville, les épaules amples, les manches deviennent longuissimes et, pour retrouver la légèreté, volants et style flamenco sont de la partie.
Victoria Beckham printemps-été 2018, à New York, septembre 2017
Plusieurs créateurs louchent aussi vers les années 1990 : de Tom Ford, revenu aux années Gucci qui ont fait sa gloire, à Coach rendant hommage au roi du "street art" Keith Haring, mort du sida en 1990.

Tailles XXL et diversité

Plus que d'autres capitales de la mode, New York a toujours incarné la diversité, ethnique, sexuelle... La métropole américaine a un temps d'avance quand il s'agit de décomplexer les femmes rondes. La star des mannequins "plus size" Ashley Graham a été plus célébrée que jamais tandis qu'une autre star montante de la catégorie, Candice Huffine, défilait pour Prabal Gurung, Fenty, Fenty et Christian Siriano (qui a fait défiler Precious Lee, "plus size" noire), et Sabina Karlsson chez Michael Kors. 
Christian Siriano printemps-été 2018, à New york, septembre 2017
Les mannequins transgenres sont aussi de plus en plus visibles : Calvin Klein a fait défiler une lycéenne trans de 16 ans. La marque de sportswear Chromat, en plus de mannequins rondes, a ouvert son défilé avec la mannequin transgenre Leyna Bloom tandis qu'Avie Acosta, déjà vue chez Marc Jacobs, défilait chez Christian Siriano. 

La barrière de l'âge est loin de tomber mais évolution démographique oblige, les "vieilles" mannequins peuvent aussi être stars, surtout lorsqu'elles ont un nom : Maye Musk, 69 ans, mère de l'entrepreneur Elon Musk a brillé dans trois défilés, Concept Korea, Zero + Maria Cornejo, et Project Runway.

Kaia Gerber, la fille de... Cindy Crawford

A l'heure des réseaux sociaux, "fils ou fille de" sont partout : Kaia Gerber, 16 ans, la fille de Cindy Crawford, s'est imposée comme une star dès sa première Fashion Week, éclipsant presque les vedettes comme Gigi et Bella Hadid : après avoir fait sensation chez Calvin Klein, elle a défilé pour Alexander Wang, Fenty et Marc Jacobs. Le nombre de vos "followers" est un accélérateur de carrière, comme l'a prouvé Selena Gomez, personnalité la plus suivie d'Instagram devenue égérie de la marque Coach.
Kaia Gerber, la fille de Cindy Crawford au défilé Marc jacob, septembre 2017 à New York

Kaia Gerber, la fille de Cindy Crawford au défilé Marc jacob, septembre 2017 à New York

© Kaia Gerber, la fille de Cindy Crawford au défilé Marc jacob, septembre 2017 à New York

Toujours des réactions à Donald Trump 

En février, beaucoup de créateurs avaient accusé le coup après l'arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump, honni des milieux artistiques. Cette saison, le Belge Raf Simons, arrivé à New York juste avant l'élection présidentielle, a placé son défilé "entre rêve et cauchemar américain". La créatrice d'origine chilienne Maria Cornejo a distribué des rubans bleus de l'organisation de défense des droits ACLU, à la pointe de la défense des immigrés clandestins. Matthew Adams Dolan a évoqué les "manifestations constantes et divisions politiques grandissantes" pour justifier "une méditation sur ce qu'a signifié être Américain par le passé et ce que cela signifiera demain". La créatrice Tory Burch soulignait que le ton joyeux de sa collection tranchait avec sa propre humeur, pleine de "tristesse pour ce qui se passe autour de nous."  
Tory Burch printemps-été 2018 à New York, septembre 2017

New York en quête d'un nouveau souffle

Depuis février et l'arrivée de Raf Simons (chez Calvin Klein), la Fashion Week a enregistré les retours de Tom Ford et Rihanna. Mais selon les professionnels, la cuvée de septembre a été décevante. "Pour Eugene Rabkin, éditeur du magazine de mode StyleZeitgeist : "Beaucoup de beaux vêtements et très peu en termes de création ou de vision."

Nombre de professionnels ne se remettent pas des départs pour Paris d'Altuzarra, de Proenza Schouler, de Rodarte et de Thom Brown. "Ils étaient les jeunes loups qui avaient réussi", résume James Scully, directeur de casting basé à New York. Le quotidien The New York Post s'est interrogé, cette semaine, sur un possible retrait du pape de la Fashion Week, le designer Marc Jacobs, dont les résultats commerciaux laissent à désirer.

Pour Eugene Rabkin, la grande agence IMG qui gère la Fashion Week veut en faire "un spectacle pour les consommateurs, avec des défilés dans des grands lieux et dont les billets peuvent être vendus comme à un concert".

Nul ne voit pour autant New York perdre de sa légitimité, ne serait-ce que par son poids économique. Pour James Scully : "New York a besoin de ces shows XXL, qui donnent dans la démesure, tout en restant une terre d'accueil pour les jeunes créateurs : c'est de leurs rangs que sortiront les prochaines figures du prêt-à-porter américain. "Je pense que nous sommes au commencement d'un redémarrage", veut croire James Scully. "J'espère qu'une nouvelle génération de jeunes designers va arriver", dit Eugene Rabkin, de ceux qui "ne savent pas seulement comment créer mais aussi marquer les esprits sur le plan esthétique, faire entendre une voix unique."