Fashion week : le vestiaire décalé mais pas tapageur de Victoria/Tomas

Par @Culturebox
Mis à jour le 28/09/2017 à 17H11, publié le 28/09/2017 à 08H02
Victoria/Toma printemps-été 2018, à Paris en septembre 2017......

Victoria/Toma printemps-été 2018, à Paris en septembre 2017......

© ixmatree

A chaque collection, Victoria Feldman et Tomas Berzins proposent un dialogue entre un homme et une femme. C'est le cas, cette fois-ci, encore avec un vestiaire s'inspirant de la rencontre entre un bad boy et une jeune fille innocente. Pour ce 1er défilé sur les podiums, les essentiels de la garde-robe sont proposés au travers d'une silhouette féminine twistée. Des premiers pas encourageants.

Dans quel état d’esprit êtes-vous pour ce premier défilé ?

Victoria et Tomas : "Hyper sereins. Notre entourage nous demande comment on peut être aussi calme mais comme nous sommes très organisés, il n’y a pas vraiment de stress de dernière minute. "

Quels sont les points forts de la marque ?

Victoria : "L’attitude, le caractère. Les vêtements que nous créons sont très portables, très modernes, très "aujourd’hui". J’essaie chaque pièce. Je veux que le vêtement donne envie et que la femme qui l'enfile se dise : "Ah je veux le porter !".

Comment vous représentez vous la femme Victoria/Tomas ?

Victoria : "C’est un grand mélange de street, punk avec un côté artistique plus sérieux. Je suis la bonne fille et Tomas le mauvais garçon... si on tombe dans le cliché. On n’a pas de recette : c’est un gros mélange de nos émotions, de nos intérêts qui se retrouvent sur des créations qui nous ressemblent. Quand je commence une phrase, Tomas la termine. On a la même vision". 
Tomas : "Je sais ce qu’elle veut et elle sait ce que je veux ! Depuis 8 ans nous sommes ensemble. Le temps et l’expérience nous ont conduits dans la même direction. On a commencé ensemble à l’école et depuis nous ne nous sommes pas quittés. On travaille en harmonie. On aime la garde-robe classique masculine qu’on retravaille pour la femme."
Victoria/Tomas printemps-été 2018, à Paris

Victoria/Tomas printemps-été 2018, à Paris

© ixmatree

Quelle est l’inspiration de cette collection ?

Victoria et Tomas : "C’est la première collection présentée en défilé. Cela signifie beaucoup de visibilité. On voulait donc mettre en valeur nos bases. Nous avons choisi de raconter l’histoire d’une fille sage qui tombe amoureuse d’un garçon, lui, plus rebelle. C’est une histoire d’amour, une sorte d’interprétation de notre parcours à travers les looks. Les tenues sont un vrai mélange d’éléments de la fille sage et du mauvais garçon. Une sorte de gros boom."
Victoria/Tomas printemps-été 2018, à Paris

Victoria/Tomas printemps-été 2018, à Paris

© ixmatree

Quelle est votre pièce préférée ?

Victoria : "J’adore la veste en jean. Quand on l’a reçue, j’ai tout de suite voulu la porter le jour même. C’est mon coup de cœur. J’aime aussi les pièces plus travaillées, comme celles en cuir."
Tomas : "Je ne peux pas choisir, je les aime toutes."

Une heure avant le show.... dans les backstages

Un calme étrangement olympien règne dans les backstages du premier défilé Victoria/Tomas. Personne ne court, personne n’élève la voix, tout le monde sait ce qu’il doit faire. Les deux créateurs donnent les dernières indications aux habilleurs en français et plus souvent en anglais. 
Dans les backstages du défilé Victoria/Tomas printemps-été 2018, en septembre 2017, à Paris. La maquilleuse a fait un oeil de biche sur la mannequin comme représenté sur la photo punaisée sur le mur.  

Dans les backstages du défilé Victoria/Tomas printemps-été 2018, en septembre 2017, à Paris. La maquilleuse a fait un oeil de biche sur la mannequin comme représenté sur la photo punaisée sur le mur.  

© Corinne Jeammet
Brushings, ondulations, coupes afro… Puis c’est au tour des coups de pinceaux. De larges traits noirs sur les yeux, du rose sur leurs lèvres... Les maquilleurs s’activent mais doivent s’arrêter net.
 A quelques minutes du début du défilé. Victoria aide un mannequin à enfiler sa veste

 A quelques minutes du début du défilé. Victoria aide un mannequin à enfiler sa veste

© Yaël Benamou
Les mannequins sont attendus pour la répétition du show. Une fois, celle-ci terminée, retour aux loges pour s’habiller. Victoria et Tomas inspectent chaque tenue. Aucun détail ne leur échappe. 
Prêtes à défiler, les quatre mannequins posent avec leurs chaussures colorées devant les objectifs. 

Prêtes à défiler, les quatre mannequins posent avec leurs chaussures colorées devant les objectifs. 

© Yaël Benamou
Les mannequins sont en file indienne. La musique se lance. Cette fois, c’est parti pour de bon. 
La veste en jean, pièce préférée de Victoria côtoie le tailleur aux manches retroussées, dans les backstages

La veste en jean, pièce préférée de Victoria côtoie le tailleur aux manches retroussées, dans les backstages

© Yaël Benamou
Les deux créateurs, en couple dans la vie, transposent à travers le prisme d'un calque leur réalité dans leurs collections. Ils reconstruisent les basiques du vestiaire masculin pour les emmener vers la féminité.

Résultat sur le podium : une palette d'imprimés variés - de la rayure marinière, des petits carreaux voire même du tartan habituellement utilisé sur des grosses pièces et qui se retrouve ici sur une veste en popeline aux multiples fronces. Du côté des tonalités, du bleu, du rouge, du gris, du blanc et beaucoup de noir. Du côté des matières : de la maille et beaucoup de popeline de coton. Cette dernière se conjugue sur de grandes robes à imprimés géométriques colorés avec froufrous et ouvertures et sur des chemises parfois asymétriques. Une asymétrie que l'on retrouve sur plusieurs modèles : sur une veste en jean, sur des bas de robes qui laissent entrevoir par une échancrure la jambe.
Détail d'une robe Victoria/Tomas, collection printemps-été 2018, à Paris, septembre 2017

Détail d'une robe Victoria/Tomas, collection printemps-été 2018, à Paris, septembre 2017

© Corinne Jeammet
Le cuir que les deux créateurs affectionnent depuis leurs débuts est aussi présent : un manteau en cuir noir, froncé à la taille avec un lien coulissant de couleur, adopte des manches à rayures contrastées. A noter un joli trench, un tailleur rayé gris porté avec une jupe asymétrique, beaucoup de robes longues en maille fluide à rayures marinières bleu ciel ou rouge et de sympathiques robes à carreaux bleus, gris foncés ou tartan.

Victoria Feldman et Tomas Berzins, un duo complémentaire

C'est dans une école de mode à Paris, en 2008, que Victoria Feldman et Tomas Berzins, le duo de la marque éponyme, se rencontrent. Quatre ans plus tard, après un séjour chez le créateur de mode Alexander Wang à New-York, Tomas Berzins rentre en France pour lancer sa marque de prêt-à-porter Victoria/Tomas avec celle qui est aujourd’hui sa femme, Victoria Feldman.
Victoria Feldman et Tomas Berzins, les créateurs de Victoria/Tomas, septembre 2017 lors de leur premier défilé dans le cadre de la PFW

Victoria Feldman et Tomas Berzins, les créateurs de Victoria/Tomas, septembre 2017 lors de leur premier défilé dans le cadre de la PFW

© Corinne Jeammet
Lui, c’est l’excentricité à la Tim Burton et le monde du hip-hop qui l’habitent. Elle, c’est la créativité qu’elle trouve partout et son goût prononcé pour la nouveauté. A eux deux, ils créent des collections qui allient finesse du vêtement et explosion de couleurs et de détails.

En 2013, ils sont les plus jeunes finalistes du Festival International de Mode et de Photographie de Mode d’Hyères où ils ont présenté une collection capsule composée de silhouettes en cuir artisanal. Depuis octobre 2015, Designer Appartment les soutient. Cette année, pour la première fois, ils ont intègré le calendrier de la Fashion Week et ont présenté leur collection sur les podiums le 26 septembre.