Fashion week : Felipe Oliveira Baptista mixte les codes sociaux pour Lacoste

Par @CocoJeammet Journaliste, responsable de la rubrique Mode de Culturebox
Mis à jour le 30/09/2017 à 09H26, publié le 30/09/2017 à 08H38
Lacoste printemps-été 2018, à Paris

Lacoste printemps-été 2018, à Paris

© Maitre/WWD/Shutterstock/SIPA

La marque au crocodile, fondée en 1933 par le joueur de tennis français René Lacoste, a fait son retour sur les podiums parisiens après 14 ans de défilés à New York. Felipe Oliveira Baptista a reconstitué dans le jardin des Tuileries un court de tennis. Le directeur artistique a proposé une garde-robe urbaine issue du vestiaire sportif et adaptée aux modes de vie contemporains.

Depuis la création du premier polo en 1933, la marque s’appuie sur l’authenticité de ses racines sportives conjuguant optimisme et élégance dans ses collections femme, homme et enfant. Ambitionnant d’être l’acteur de référence du premium casual wear, Lacoste propose une gamme complète : vêtements, maroquinerie, parfums, chaussures, lunettes, linge de maison, montres et sous‐vêtements. 

Le créateur portugais, qui dit s'être inspiré par deux films des années 90, "La Haine" de Mathieu Kassovitz et "Conte d'été" d'Éric Rohmer, a mêlé les codes des cités populaires à ceux des quartiers bourgeois. "Toutes les frontières entre ce qui est sportswear, et ce qu'on porte pour travailler sont en train de tomber", a-t-il commenté. Les deux univers s’imbriquent pour déconstruire et détourner les classiques et les ancrer dans leur époque. 
Lacoste printemps-été 2018, à Paris

Lacoste printemps-été 2018, à Paris

© ALAIN JOCARD / AFP

Le polo subit tous les détournements

Le polo blanc, pièce maîtresse créée il y a 85 ans, s’invente une seconde jeunesse en se prêtant à des propositions audacieuses. Il se porte oversized sur un jean ou plus classique mais légèrement twisté chez l’homme. Il se drape et s’enroule autour du corps, glisse sur l’épaule ou se fait robe du soir chez la femme. Ainsi chahuté, son crocodile se voit contraint de migrer sur l’épaule quand sa patte de boutonnage dévisse jusqu’au bas du modèle. Une collection qui revisite avec humour et inventivité le patrimoine maison pour toujours le garder en mouvement.

Lacoste printemps-été 2018, à Paris

Lacoste printemps-été 2018, à Paris

© ALAIN JOCARD / AFP

Matières techniques et nobles se côtoient sur un même modèle à l’image d'un coupe-vent en Nylon et daim ou de la maille torsadée du cricket qui débarque sur un jogging en cachemire. Coupe-vent, vareuses et joggings XXL à grands empiècements de couleurs vives, uniformes de la jeunesse des années 90, sont revus version high tech : les matériaux respirent, les tissus sont thermocollés et non cousus. 

Des collections collector

Felipe Oliveira Baptista donne aussi carte blanche à des personnalités de la scène artistique contemporaine pour des capsules collector. Les derniers invités sont les artistes et designers français Mathias Augustyniak et Michael Amzalag de M/M (Paris) qui répètent à l’infini leur vision du logo - les 7 lettres du mot Lacoste épousant les contours du crocodile. Mathias Augustyniak réinterprète à l'aquarelle les icônes - crocodile, balle de tennis, polo et lunettes - pour une nouvelle version de l’imprimé foulard.

Lacoste printemps-été 2018, à Paris

Lacoste printemps-été 2018, à Paris

© Swan Gallet/WWD/Shutter/SIPA

A l’occasion de ses 85 ans, Lacoste revient à Paris

La marque au crocodile confirme ainsi sa volonté de capitaliser sur son héritage tout en revendiquant son ADN d’élégance décontractée à la française. Le défilé est le premier des événements qui célèbreront son 85e anniversaire. 
Lacoste printemps-été 2018, à Paris

Lacoste printemps-été 2018, à Paris

© Maitre/WWD/Shutterstock/SIPA