La Fashion Week de Londres ne veut pas céder aux sirènes du "Brexit blues"

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 16/09/2016 à 12H07
Ashley Williams ah 2016 à Londres, en février 2016

Ashley Williams ah 2016 à Londres, en février 2016

© BEN STANSALL / AFP

La Fashion Week de Londres, qui s'ouvre ce vendredi 16 septembre sur des shows de Burberry, J.W. Anderson et Topshop Unique, cherche à chasser le Brexit blues, même si les ventes dynamiques de l'été ont rassuré le secteur pour l'instant.

Les cinq jours de la London Fashion Week vont confirmer plusieurs tendances lourdes. Burberry va imiter Gucci, Tom Ford et Vivienne Westwood en présentant ensemble des collections femmes et hommes lundi. Quant à la collection de Topshop Unique, elle sera disponible à la vente aussitôt pour répondre à l'impatience des clients. 

Le rendez-vous londonien sera aussi l'occasion pour des associations de défense des droits de la femme de se faire entendre. îNoSizeFitsAll, une campagne lancée sur les réseaux sociaux, milite pour une plus large palette de tailles pour les vêtements et "des mannequins qui ont l'air en meilleure santé".

Couturiers et stylistes pour le maintien dans l'UE

La plupart des couturiers et stylistes avaient exprimé leur préférence pour un maintien dans l'Union européenne lors du référendum du 23 juin, redoutant l'impact d'un Brexit sur les exportations, les coûts et l'arrivée de jeunes talents. En 2014, 70% de la production textile britannique était destinée au marché  européen, rapportant 6,8 milliards d'euros. Le vote des Britanniques en faveur d'un divorce avec Bruxelles a donc fait l'effet d'une douche froide dans le milieu de la mode. Mais depuis, et en attendant la sortie effective de l'UE qui n'aura pas lieu avant 2019, un certain optimisme est revenu alimenté par les chiffres rassurants de cet été.

"Les ventes au détail et la consommation des ménages sont encourageantes. Nos marques continuent à faire de bons résultats à l'export. Et Londres reste le fief des meilleurs talents de l'industrie de la mode internationale", insiste Caroline Rush, la présidente du "British Fashion Council". La Première ministre Theresa May se veut confiante : "Des petites enseignes britanniques aux grandes maisons internationales, l'industrie de la mode va jouer un rôle majeur pour transformer le Brexit en succès", a-t-elle souligné le 15 septembre. D'autres se montrent beaucoup plus mesurés. La chaîne de magasins de vêtements Next rappelle ainsi que l'érosion de la livre sterling face à l'euro a soutenu les ventes. Mais redoute qu'elle risque à terme de faire grimper les prix puisque les matières premières seront plus chères à importer.