La Fashion Week de Milan s'ouvre sous le signe de l'optimisme

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 23/09/2015 à 09H46
John Richmond  pap printemps-été 2014, à Milan

John Richmond  pap printemps-été 2014, à Milan

© FILIPPO MONTEFORTE / AFP

Après New York et Londres, les projecteurs s'allument du 23 au 28/09 sur les podiums milanais où souffle un vent d'optimisme grâce à la reprise et au transfert de la semaine de la mode sous les gratte-ciels du quartier de Porta Nuova. Au menu, 170 collections avec 70 défilés et 88 présentations où se côtoient grandes griffes, marques positionnées dans le moyen-haut de gamme et jeunes stylistes

C'est dans ce nouveau pôle des affaires où s'érige la plus grande tour d'Italie qui héberge le siège de UniCredit, première banque du pays et nouveau sponsor de la Chambre de la Mode italienne, que la Fashion Week prend ses quartiers. "Cette édition est importante, car elle se déroule durant l'Exposition universelle que notre ville accueille jusqu'à fin octobre explique Cristina Tajani, adjointe au maire au Travail, Mode et Design. "Elle marque aussi le passage de la tradition à la modernité, avec des défilés programmés encore dans les palais historiques du vieux centre mais aussi pour la première fois dans le nouveau Milan, symbolisé par la Piazza Gae Aulenti", ajoute-t-elle.

Le "Fashion Hub", centre névralgique hébergeant presse, organisateurs et institutions, déménage de l'ancien palazzo Giureconsulti, à deux pas du Dôme, au futuriste Pavilion UniCredit, auditorium et centre polyfonctionnel se dressant sur la place Gae Aulenti. L'espace permet d'héberger 17 designers émergents, sélectionnés par la Chambre de la Mode italienne. Non  loin de là, la nouvelle structure "The Mall" accueille plusieurs défilés et présentations.

C'est un nouveau visage que s'apprête à dévoiler la Fashion Week milanaise consacrée aux collections de prêt-à-porter féminin du printemps/été 2016. Au programme, 170 collections avec 70 défilés et 88 présentations, où se côtoient grandes griffes, marques positionnées dans le moyen-haut de gamme et jeunes stylistes.              
         
A cela, s'ajoutent les défilés programmés en dehors du calendrier officiel ainsi que de nombreux événements parallèles -soirées spéciales, initiatives culturelles, inaugurations de boutiques ou expositions, comme celle consacrée à la haute couture "Bellissima. L'Italia dell'alta moda 1956-1968", et celle dédiée à la maison "Missoni, l'arte, il colore".
Exposition "Bellissima. L'Italia dell'alta moda 1956-1968" à Milan

Exposition "Bellissima. L'Italia dell'alta moda 1956-1968" à Milan

© Olesya Okuneva
Le défilé le plus attendu est celui de la maison Roberto Cavalli. Après 45 ans à sa tête, son fondateur a passé la  main. Au printemps 2015, Roberto Cavalli a cédé sa marque au fonds d'investissement italien Clessidra et la direction artistique a été confiée au styliste norvégien Peter Dundas.

Nette amélioration de la conjoncture


C'est dans un climat d'insolite effervescence que s'inscrit cette Fashion Week, qui retrouve des couleurs à la faveur d'une nette amélioration de la conjoncture. Après avoir enregistré en 2014 un chiffre d'affaires de 61,2 milliards d'euros, en hausse de 3% par rapport à 2013, l'industrie italienne de la mode table sur une croissance de 5,5 % pour l'année en cours, selon les estimations de la Camera della Moda.

"La mode italienne a bénéficié d'un dollar fort ainsi que d'un retour à la confiance de la part des consommateurs européens et américains", analyse Gaetano Marzotto, dirigeant du groupe textile Marzotto. "En Chine, il est vrai que les biens de luxe - montres et joaillerie surtout - ont essuyé un recul des ventes dû aux mesures anti-corruption mais le luxe accessible, caractéristique du made in Italy, a bien tenu", ajoute-t-il. A souligner, enfin, "le regain touristique de nos stations balnéaires en raison des risques encourus au Maghreb". "En Italie, plus que de reprise, je parlerais de réveil. Alors que depuis  deux ans il y avait une totale désaffection pour la mode, on note aujourd'hui plus d'envie et d'attention de la part des clients, nuance Giuseppe Angiolini, président honoraire de la Chambre des acheteurs italiens.