Fashion week : tous à vos flash pour révéler les couleurs au défilé Anrealage

Par @CocoJeammet Journaliste, responsable de la rubrique Mode de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 30/09/2015 à 09H16
Anrealage pap féminin pe 2016, à Paris

Anrealage pap féminin pe 2016, à Paris

© PATRICK KOVARIK / AFP

Sans smartophone ou appareil photo dôté d'un flash, pas question de voir le défilé Anrealage dans son intégralité. Le créateur a voulu créer une nouvelle réalité qui s'additionne à celle vue à l'œil nu. C'est en photographiant les modèles qui défilent, sous le crépitement des flashs, que la collection imaginée par Kunihiko Morinaga révèle toutes ses couleurs. Une approche futuriste bluffante !

Le carton d'invitation était clair : "Please bring your mobile phone. You will only be able to watch the show through your mobile's camera". De quoi exciter la curiosité. Assister à un défilé Anrealage, c'est -depuis son arrivée dans le calendrier il y a 2 saisons- s'attendre à une prouesse technologique. Pour son 3e show parisien, la marque japonaise a proposé une expérience inhabituelle au public de la Fashion Week : suivre le défilé en flashant les modèles avec son smartphone ou un appareil photo pour révéler des couleurs invisibles à l'oeil nu.
Anrealage pap féminin pe 2016, à Paris.

Anrealage pap féminin pe 2016, à Paris.

© Jerome Delay/AP/SIPA
A mon arrivée dans la salle du défilé, je trouve sur ma place des écouteurs. "Pas de bande son dans la salle" m'explique l'attaché de presse, elle est diffusée uniquement dans le casque. Puis, sous celui-ci une fiche qui explique que pour voir la collection intitulée "Reflect", il est indispensable d'activer le flash du smartophone ou de l'appareil photo pour visualiser les modèles qui défilent.
Anrealage pap féminin pe 2016, à Paris.

Anrealage pap féminin pe 2016, à Paris.

© PATRICK KOVARIK / AFP
Pour découvrir cette collection printemps-été 2016, il fallait, donc, suivre le mode d'emploi et c'est avec le casque vissé sur les oreilles, pour profiter de l'ambiance sonore, et l'appareil à la main armé du flash, que -comme le public présent- j'ai pu la discerner.
Anrealage pap féminin pe 2016, à Paris.

Anrealage pap féminin pe 2016, à Paris.

© Corinne Jeammet
A l'oeil nu, les vêtements assez classiques sont noirs, gris ou blancs, rayés parfois, semblables souvent à des origamis. A noter parfois quelques jeux de géométrie sur des robes et des accumulations de cols de chemise. Mais au flash, les créations prennent alors une autre dimension : elles changent de couleur, deviennent jaune fluo, ou laissent apparaître des damiers, des patchworks de losanges jaunes, bleus, roses, verts... Le créateur a voulu créer une nouvelle réalité qui s'additionne à celle vue à l'oeil nu.
Anrealage pap féminin pe 2016, à Paris...

Anrealage pap féminin pe 2016, à Paris...

© Corinne Jeammet
Toutes les silhouettes sont fabriquées avec des matériaux réfléchissants : les vêtements reflètent toutes les lumières qu'ils reçoivent. Cette technique a été développée en collaboration avec une société spécialisée dans la peinture réfléchissante.


Un créateur familier des jeux d'ombre et de lumière


Le Japonais n'en est pas à son coup d'essai, cette 3e collection présentée dans le cadre du calendrier parisien, est à l'image des 2 précédentes. Pour l'hiver 2015-16, ses mannequins étaient vêtus, maquillés et coiffés entièrement de noir lors de la présentation de la collection intitulée "Light" dont la devise était : "Light up dark. To see what is there. Light up clothes. To see what is not there". Un coup de projecteur sur un modèle et voici grâce à un procédé de photochromie une tache blanche qui apparait sur le vêtement photosensible. Pour l'été 2015, avec sa collection "Shadow", le designer s'était amusé avec la lumière des spots. Car pour lui, s'il y a de la lumière, il y a aussi de l'ombre. Et vice versa ! Ainsi, il exposait certaines pièces vestimentaires blanches aux feux des spots d'une lumière intense qui imprimait le vêtement de jeux d'ombre grâce au procédé de photochromie.
Anrealage pap féminin pe 2016, à Paris

Anrealage pap féminin pe 2016, à Paris

© Corinne Jeammet

REAL : Ordinaire, UNREAL : Extraordinaire ; et AGE 


Kunihiko Morinaga est diplômé de la Waseda University et de la Vantan Design Academy. Sa marque Anrealage, lancée en 2003, joue sur la combinaison de 3 mots : REAL : Ordinaire, UNREAL : Extraordinaire ; et AGE : Jour. Son mantra : "Dieu est dans les détails".

Il travaille avec une approche méticuleuse la conception de ses vêtements. Son style se caractérise par des couleurs vives et des réalisations façon patchwork ainsi que par des volumes conceptuels aux proportions étranges. Son travail a fait l'objet d'expositions présentant un condensé de ses concepts et ses surprenantes réalisations. Ainsi l’exposition "A REAL UN REAL AGE" est passée à Tokyo, Nagoya et Paris en 2014.
Kunihiko Morinaga, le créateur d'Anrealage, septembre 2015 à Paris

Kunihiko Morinaga, le créateur d'Anrealage, septembre 2015 à Paris

© WWD/REX Shutterstock/SIPA