Fashion week de Milan : prêt-à-porter féminin coloré, ou simple et... masculin

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 21/09/2014 à 13H18
Pour sa collection de prêt-à-porter féminin printemps été 2015, Giorgio Armani se focalise sur le pantalon.

Pour sa collection de prêt-à-porter féminin printemps été 2015, Giorgio Armani se focalise sur le pantalon.

© TIZIANA FABI / AFP

Au quatrième jour des défilés milanais de prêt-à-porter féminin pour l'été prochain, les couturiers hésitent entre des mises simples et confortables aux tons neutres rappelant le vestiaire masculin et une mode joyeuse et pimpante très colorée.

Défilé Bottega Veneta, Fashion Week de Milan, 20 septembre 2014

Défilé Bottega Veneta, Fashion Week de Milan, 20 septembre 2014

© OLIVIER MORIN / AFP
Bottega Veneta : simplicité relax
 
Chez Bottega Veneta, le directeur créatif Tomas Maier opère un retour à la  simplicité, sans renoncer pour autant aux matières luxueuses et aux constructions complexes, avec des mises décontractées, parfois un brin sportives ou masculines, assorties à des chaussures plates.
 
Un manteau-tricot en coton à grosses mailles s'enfile sur de fins maillots de bain, une veste en lin ou un trench en suède ultra fin couleur glace se porte à même des leggings douillets avec un top molletonné en jersey, embelli par un grand noeud. Des robes Vichy tournantes et leur cardigan assorti sont cintrés à la taille par une ceinture dans le même tissu à petits carreaux. Des robes et des tailleurs pantalons sont taillés avec élégance dans un denim sombre, utilisant les coupes en biais ou assemblant des bandes de tissus différents pour créer du mouvement. 

Jil Sander : masculin/féminin
Défilé Jil Sander, Fashion Week de Milan, 20 septembre 2014

Défilé Jil Sander, Fashion Week de Milan, 20 septembre 2014

© TIZIANA FABI / AFP
Très attendu pour son premier défilé chez Jil Sander, Roberto Paglialunga a été chaudement applaudi. Le styliste italien parvient à préserver le style minimaliste de la marque allemande tout en lui redonnant un coup de jeune avec une touche un peu plus féminine, même si paradoxalement il puise dans le registre masculin pour construire sa collection.

D'austères gilets et pulls marine ou bordeaux à col rond s'enfilent sur des chemises bleu ciel aux manches retroussées au-dessus du coude, et se portent avec des pantalons, de larges bermudas ou des jupe-portefeuille en gabardine sombre, donnant à l'ensemble un petit air d'uniforme de contrôleur de train. De légers blousons sont froncés à la taille. Certaines jupes et vestes sont proposées dans de jolis cuirs à l'aspect un peu usé. Les sandales se portent sur des guêtres en nappa stretch, qui plissent façon chaussettes d'homme.

Roberto Cavalli : soif d'été
Défilé Roberto Cavalli, Fashion Week de Milan, 20 septembre 2014.

Défilé Roberto Cavalli, Fashion Week de Milan, 20 septembre 2014.

© OLIVIER MORIN / AFP
Changement de registre chez Roberto Cavalli. Décolletés plongeants, dos et ventre nus, robes nouées autour du cou découvrant largement les épaules... Le  styliste toscan semble parier sur un été 2015 décidément plus chaud que celui qui vient de s'achever, nous emmenant en vacances avec une collection très estivale et punchy. De maxi robes entièrement plissées à la façon des éventails explosent de  couleurs vives (orange intense, turquoise, jaune safran et vert) dans un gracieux mouvement aérien accentué par le balancement de longs cordons à  pompon. D'autres robes sont composées d'une multitude de bandes horizontales multicolores en tulle et jacquard.

La silhouette se raccourcit avec des tailleurs en peau de crocodile argenté assortis au sac et aux sandales, ou encore avec des petites robes de cuir en dentelle, et des jupettes en python verni. Des vestes ou top en denim délavé  sont mélangés à d'inattendus Brocart. La griffe puise aussi dans son Adn pour composer des robes patchwork aux imprimés d'animaux (zèbres, ocelots).

Antonio Marras : hommage à Carol Rama

Lié depuis des années d'une profonde amitié à l'artiste turinoise Carol Rama, Antonio Marras lui rend un vibrant hommage dans une époustouflante collection. Sorte de Louise Bourgeois italienne, ce peintre d'avant-garde du début du siècle a séduit, en effet, le styliste sarde pour son irréductible  anticonformisme et sa transgression. Caftans, robes et manteaux se présentent comme d'intenses tableaux abstraits, où de grands coups de pinceaux tracent des courbes noires inattendues sur ces toiles mouvantes au milieu de fleurs imprimées ou brodées  en relief dans des tonalités lumineuses : orange, turquoise, violet. De fines mains blanches s'allongent sur le col d'une chemise ou forment des dessins surréalistes sur des habits turquoise.

Des robes à panneaux jouant sur les contrastes (turquoise/bordeaux/orange) s'alternent avec des vêtements à rayures épaisses (rouge et blanc, bleu et  orange). Les dessins abstraits de certaines robes et jupes sont atténués par un  tulle noir.

Giorgio Armani : focus sur le pantalon

Palette neutre illuminée ici et là par le scintillement de matières  chatoyantes, Giorgio Armani concocte une collection très fluide, où les habits glissent sur la peau se mouvant avec naturel. Le styliste se focalise en particulier sur le pantalon, pièce maitresse de sa garde-robe pour l'été  prochain. Endossé avec des chaussures plates et parfois de gros ceinturons, le pantalon est proposé en version classique dans des tailleurs blanc immaculé, ou à pinces. Il est aussi décliné avec des fentes latérales pour favoriser le  mouvement.

D'autres modèles extra larges en lin ou en soie double lavée pourraient passer pour de longues jupes tant ils sont légers et fluctuants. De fins pantalons en tulle transparent posés sur des shorts ou enfilés sous les robes voilent pudiquement les jambes.