Fashion week de Milan : Gucci flamboyant, Max Mara moelleux, Fendi 70'

Par @Culturebox
Mis à jour le 24/02/2017 à 09H40, publié le 24/02/2017 à 09H09
Gucci automne-hiver 2017-18, à Milan, février 2017.

Gucci automne-hiver 2017-18, à Milan, février 2017.

© WWD/Shutterstock/SIPA

Le glamour a marqué le début de cette semaine de la mode féminine présentant l'automne-hiver 2017-18 à Milan. Si pour Gucci la flamboyance est de mise, pour d'autres créateurs, c'est un retour à la simplicité où la différence se joue sur les matières ou les détails : pointe d'excentricité un brin sexy chez Fendi et Prada, confort et glamour chez Max Mara, esprit vénitien chez Alberta Ferretti.

Elégance désinvolte avec une garde-robe pour ladys chic à l'esprit libre chez Fendi où les mannequins arpentent le podium au son de la ballade d'Ennio Morricone "Sean, Sean" plongeant le spectateur dans l'atmosphère des années 1970, que l'on retrouve dans des tuniques un brin bohème, des tenues ethniques réalisées au crochet. Les femmes imaginées par Karl Lagerfeld sont d'apparence sobre, avec robes et jupes descendant sous le genou et de sévères ensembles taillés dans des tissus masculins (tweed, chevrons, Princes de Galles). Mais ces derniers sont enrichis de détails précieux comme les cols et les poignets en vison. Les manches d'un habit sont décorées de marguerites brodées et autres fleurs en organza. Mais sous ces atours classiques pointe un tempérament plus déluré avec de longues robes fleuries ou à motifs géométriques. Elles se fendent laissant apparaitre de sexy cuissardes rouges que l'on devine aussi sous des robes en tulle transparent.
Fendi automne-hiver 2017-18, à Milan, février 2017

Fendi automne-hiver 2017-18, à Milan, février 2017

© Swan Gallet/WWD/Shutter/SIPA
Chez Prada, les costumes pantalon en velours côtelé un brin masculin se jouent des codes féminins. Sous la veste, les jeunes filles troquent la chemise pour un soutien-gorge au crochet, portant casquette à la gavroche, et écharpes de grand-mère tricotées à la main. Là aussi, de longues robes fendues dévoilent des jambes nues bottées jusqu'au-dessus du genou. Jupes et pulls en mohair se parent de dessins perlés tandis que des plumes d'autruches colorées bordent robes et manteaux allant jusqu'à recouvrir les têtes de drôles de capuches plumées aériennes. 
Prada automne-hiver 2017-18, à Milan, février 2017
Chez Max Mara, confort et glamour se marient dans une collection qui se compose de total looks monochromes, déclinés dans les teintes classiques prisées de la maison : gris, noir, beige, cognac, caramel, rouge. La silhouette rappelle les années 1950 avec des jupes mi longues, évasées ou droites fendues sur le devant, cintrées à la taille sur de fins tricots à col roulé, moulant le corps façon. Ces femmes, chaussées d'escarpins à talon aiguille, optent aussi pour de chic costumes de banquier ou des ensembles en velours vermeil avec des combinaisons ou des maxi tuniques djellabas à capuche. La maille est omniprésente avec chandails et gilets superposés. De longues écharpes tricotées complètent ce vestiaire, sans oublier les grosses moufles en laine qui pendent au bout des manches. Le manteau, pièce phare de la maison, enveloppe les modèles de la tête aux pieds, souvent doté d'une capuche, dans des matières douces, tel le cachemire, la peau lainée, l'alpaga, la laine bouclée. Il est proposé aussi dans une version cardigan à grosses torsades.
Chez Vivetta, les cuissardes vernies rouges étaient de sortie mais dans un esprit plus ludique, décorées au talon par un petit visage goguenard. La créatrice Vivetta Ponti déploie toujours son univers enfantin et surréaliste de conte de fée avec de larges collerettes brodées de fleurs ou d'animaux. Une robe à losanges géants de Pierrot côtoie un manteau-cape en satin rose dragée, décoré de broderies noires, des pantalons larges et courts en soie sont bordés de volants.
Vivetta automne-hiver 2017-18, à Milan, février 2017

Vivetta automne-hiver 2017-18, à Milan, février 2017

© WWD/Shutterstock/SIPA
Massimo Giorgetti joue avec les couleurs chez Emilio Pucci. Les pièces sont simples : longues robes sinueuses, combinaisons, tailleurs pantalons. Mais elles sont mises en valeur par les imprimés zébrés ou psychédéliques typiques de la maison ou par des couleurs acidulées (orange carotte, vert pomme, rose fuchsia) et la brillance des tissus, tantôt recouverts de sequins, tantôt luminescents ou métallisés.
Pucci automne-hiver 2017-18, à Milan, février 2017

Pucci automne-hiver 2017-18, à Milan, février 2017

© Yasushi Kanno / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun
Gucci a offert une scénographie à la fois futuriste et mystique. Ce défilé très attendu, qui mixte hommes et femmes, a eu lieu dans le nouveau siège de la griffe, installée depuis 2016 dans un vieux site industriel en briques rouges, abritant un temps le fabricant aéronautique Caproni. Parmi les célébrités présentes, les mannequins Charlotte Casiraghi et Alexa Chung, l'actrice Salma Hayek, épouse de François-Henri Pinault, PDG du groupe Kering propriétaire de la marque, et le rappeur AêAP Rocky, qui a enregistré le fond sonore du show, en lisant un texte de Jane Austen tiré de son livre "Persuasion". 
ASAP Rocky au show Gucci ah 2017-18, à Milan, février 2017

ASAP Rocky au show Gucci ah 2017-18, à Milan, février 2017

© Swan Gallet/WWD/Shutter/SIPA
Les lumières s'éteignent. Le brouhaha est remplacé par le bruit d'un hélicoptère. Les rideaux de velours violet se lèvent pour dévoiler des passerelles-tunnels en plexiglas éclairées par des spots aux couleurs changeantes qui contournent une pyramide surmontée d'une girouette avec un coq. Les mannequins affichent un look un brin rétro avec des jupes plissées ou à volants tombant jusqu'à la cheville, en soie, velours et tissus brocart décorés. Les hommes optent pour un look Seventies avec des pantalons en velours côtelé à pattes d'éléphant et de longs manteaux à larges revers. Un filon exotique traverse cette collection à travers des couleurs chatoyantes, des imprimés floraux et des motifs d'animaux insolites chers à Alessandro Michele, qui plus que jamais met l'accent sur l'effet étincelant, avec des matières brillantes et des décorations scintillantes à travers broderies, dorures et perles. Un univers fantasmagorique qui s'enrichit de nouveaux accessoires : gants, cannes, ombrelles japonaises, bijoux, lunettes, chapeaux insolites... mais aussi bandeau tennis barré du nom de la griffe, sacs et valises aux couleurs Gucci et des produits originaux, comme ces trois sacs à main reliés entre eux, les colliers cloutés à chaîne ou ces tricots-cagoule, dont une combinaison argentée recouvrant la tête ! 
Gucci automne-hiver 2017-18, à Milan, février 2017

Gucci automne-hiver 2017-18, à Milan, février 2017

© GIUSEPPE CACACE / AFP
C'est un défilé tout en fraîcheur juvénile qu'a proposé Kristina Ti avec d'amples chemises portées sur des mini-jupes avec bas résille et bottes fourrées, et des tricots doux endossés sur des pantalons en velours. 
Kristina Ti automne-hiver 2017-18, à Milan, février 2017

C'est un esprit vénitien, qui a dominé chez Alberta Ferretti avec le célèbre lion ailé de Saint Marc brodé au fil d'or ici et là, des tenues de gondoliers ou encore de longues capes et robes en mousseline transparente pour aller danser au bal masqué. Parmi les mannequins, l'américano-somalienne Halima Aden portant le hijab n'est pas passée inaperçue. Elle avait déjà défilé voilée à New York, la semaine dernière, pour Kanye West.

Alberta Ferretti automne-hiver 2017-18, à Milan, février 2017

 

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