Des New-yorkais venus à Paris pour soutenir 12 jeunes créateurs

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 02/03/2013 à 18H58
Sharon Wauchob pap ah 2013-2014, à Paris.. © MARTIN BUREAU / AFP

Organiser un défilé a un coût très élevé, parfois rédhibitoire pour les jeunes créateurs. Cette saison, 12 d'entre eux ont pu organiser des shows dignes des plus grands, dans l’hôtel particulier parisien Salomon de Rothschild, grâce à l'aide d'une association américaine. A New York, Made aide 40 créateurs.

Pourquoi Paris ? Parce que "la mode n'a pas de frontière (...) et qu'il y a des talents partout", explique Keith Baptista. Tout commence en 2009 à New York : les jeunes créateurs souffrent de la crise économique et Jenne Lombardo, Keith Baptista et Mazdack Rassi -qui appartiennent au milieu de la mode- décident de les aider. "Nous pensions que ça allait être temporaire. Mais c'est devenu un rendez-vous tellement attendu dans la fashion week new-yorkaise, que nous n'avons pas arrêté", raconte à l'AFP Keith Baptista.

Les saisons suivantes, 7 des 10 gagnants des prix de l'Association des créateurs américains CFDA viennent du programme Made. Parmi eux, Proenza Schouler, un incontournable de la mode new yorkaise. Ils sont financés par des sponsors. 
 
Derrière la marque Aganovich se cache un duo londonien de créateurs composé de Nana Aganovich et Brooke Taylor. Ces créateurs ont participé en octobre 2012 à la première édition de "Designers Apartment", showroom collectif à destination des acheteurs et de la presse spécialisée, à l'invitation de la Fédération française de la couture, du prêt-à-porter des couturiers et des créateurs de mode.

Derrière la marque Aganovich se cache un duo londonien de créateurs composé de Nana Aganovich et Brooke Taylor. Ces créateurs ont participé en octobre 2012 à la première édition de "Designers Apartment", showroom collectif à destination des acheteurs et de la presse spécialisée, à l'invitation de la Fédération française de la couture, du prêt-à-porter des couturiers et des créateurs de mode.

© PATRICK KOVARIK / AFP
Une première tentative concluante
Made est venu pour la première fois, en septembre 2012, à Paris, lors de la semaine de la mode printemps/été 2013. Il s'agissait d'"explorer" le terrain et voir comment ils pouvaient aider les stylistes. Ils ont rencontré Didier Grumbach, président de la fédération française de la couture et du prêt-à-porter. Cette saison, Made soutient 12 créateurs : Anthony Vaccarello, Aganovich, Nicolas Andréas Taralis, Gareth Pugh, Sharon Wauchob, Pièce d'Anarchive, Heaven Tanudiredja, Yang Li, Dusan, Ligia Dias, En Noir et AF Vandevorst. 
Son compatriote Anthony Vaccarello ne compte plus les stars qui portent ses créations. Pour l'hiver 2013-2014, ses silhouettes restent très sexy, "sensuelles", dit-il. Elles sont souvent en cuir, tout en noir, assez rock. Les jupes sont très courtes et quand une robe est longue, elle est fendue sur tout un côté pour laisser s'échapper une jambe. Il bénéficie de l'aide de l'association américaine MADE, très influente à New York, qui lui a fourni l'Hôtel Salomon de Rothschild pour son défilé. En 2011, il a été lauréat du prix de l'Andam, destiné à soutenir les jeunes créateurs travaillant en France et doté de 200.000 euros.

Son compatriote Anthony Vaccarello ne compte plus les stars qui portent ses créations. Pour l'hiver 2013-2014, ses silhouettes restent très sexy, "sensuelles", dit-il. Elles sont souvent en cuir, tout en noir, assez rock. Les jupes sont très courtes et quand une robe est longue, elle est fendue sur tout un côté pour laisser s'échapper une jambe. Il bénéficie de l'aide de l'association américaine MADE, très influente à New York, qui lui a fourni l'Hôtel Salomon de Rothschild pour son défilé. En 2011, il a été lauréat du prix de l'Andam, destiné à soutenir les jeunes créateurs travaillant en France et doté de 200.000 euros.

© FRANCOIS GUILLOT / AFP
Les jeunes créateurs "méritent d'avoir des défilés du même niveau" que les plus grands
Au-delà du lieu, Made apporte son aide pour le son, les lumières, le maquillage et les coiffures. A Paris, les cosmétiques Mac ainsi que Google ont mis de l'argent. Les jeunes créateurs "méritent d'avoir des défilés du même niveau" que les plus grands, indique Mazdack Rassi. Le package équivaut à un montant allant de 120.000 à 200.000 euros.
 
Nicolas Andréas Taralis pap ah 2013-2014, à Paris

Nicolas Andréas Taralis pap ah 2013-2014, à Paris

© M. Bureau / AFP
L'association les aide à établir une stratégie sur internet pour se faire connaître car Made travaille avec les réseaux sociaux Twitter et Tumblr mais aussi Google. Il y a également leur "plateforme" milkmade.com. 
Sharon Wauchob pap ah 2013-2014, à Paris

Sharon Wauchob pap ah 2013-2014, à Paris

© M. Bureau / AFP
En revanche, "Nous cherchons des partenaires basés en France, des gens qui ont envie de soutenir la création française", explique M. Baptista. Ils comptent bien inscrire le programme dans la durée à Paris. Et à l'avenir, ils se lanceront peut-être en Chine, à Shanghaï, ou en Amérique du sud. Mais, "une étape à la fois", dit Mazdack Rassi.
 
Designers Apartment, son équivalent parisien
De son côté, la Fédération de la couture et du prêt-à-porter des créateurs a renouvelé l'expérience "Designers apartment", lancée en septembre 2012. Des créateurs sont réunis dans un même lieu dans le IIème arrondissement de Paris où ils présentent leur collection. L'objectif est de faciliter leurs contacts avec les acheteurs et la presse. 

© Pascal Montar