Les rendez-vous hors podiums pendant la semaine de la haute couture

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 03/07/2015 à 11H52
Raf Simons dans le documentaire "Dior and I" de Frédéric Tcheng

Raf Simons dans le documentaire "Dior and I" de Frédéric Tcheng

Deux documentaires -les premiers pas haute couture de Raf Simons chez Dior et une rencontre avec Hubert de Givenchy- et une vente aux enchères de pièces de haute couture sélectionnées par Didier Ludot pour Sotheby's : la mode vit aussi hors des podiums pendant la semaine de la haute couture parisienne présentant l'automne-hiver 2015-16 du 5 au 9 juillet.

Le docu "Dior and I", les premiers pas couture de Raf Simons 
 
En salles en France le 8 juillet, "Dior et moi", documentaire de Frédéric Tcheng, suit les premiers pas à la tête de la maison Dior du créateur Raf Simons, nommé en avril 2012 pour succéder à John Galliano.
Dior and I, les techniques de travail de Raf Simons
Le styliste belge ne dispose que de huit semaines pour lancer sa première collection haute couture. Le défi se révèle une aventure collective, pleine d’humour et d’émotions, autour de la passion d’un métier et au service de la vision d’un créateur atypique, qui fuit les projecteurs. Loin des clichés inhérents à un univers où podium et excentricités ont souvent la part belle, la caméra attentive de Frédéric Tcheng livre un portrait attachant et haut en couleurs des petites mains et collaborateurs. Le réalisateur a bénéficié d'un accès rare dans la maison fondée par Christian Dior en 1946.Il a filmé au plus près les huit semaines précédant le premier défilé de Raf Simons, le travail de ce designer discret  avec les "petites mains" et collaborateurs de la maison, les moments de stress intense et d'émotion avant le show final.
"Dior et moi", documentaire de Frédéric Tcheng, suit les premiers pas à la tête de la maison Dior de Raf Simons
Comment avez-vous réussi à obtenir un tel accès auprès d'un couturier qui se laisse filmer stressé et en larmes le jour du défilé ?
"Il m'a mis à l'essai une semaine. Il m'a fait parler de mes films préférés. On a aussi parlé de son besoin de protéger sa vie privée. Il se rend simplement compte que dès qu'on est un peu célèbre dans un certain milieu, les gens se comportent de façon différente et le rapport est faussé. Lui, il aime le rapport d'égal à égal avec les gens. Je l'ai rassuré en lui disant qu'il ne serait pas le seul protagoniste et qu'il serait traité comme les premières d'atelier. Au bout d'une semaine, il m'a simplement dit  "bon demain on va aux archives, je pense que ce serait bien pour ton film". Le jour du défilé il était vraiment stressé. Le côté public d'un défilé Dior, il ne s'en est vraiment rendu compte qu'à la fin. Son appréhension, elle, était physique".

Hubert de Givenchy, un destin haute couture 
Sa muse et amie Audrey Hepburn, son mannequin vedette Bettina, son maître Balenciaga : Hubert de Givenchy, 88 ans, revient sur les rencontres qui ont marqué sa vie et sa carrière, dans un documentaire réalisé par Eric Pellerin de Turckheim (dimanche sur Paris Première).
Fath mettra le dernier coup de pinceau à sa nouvelle image en l’envoyant chez Georgel, le salon de coiffure le plus réputé de l’époque. Bettina ressort avec des cheveux à un centimètre. Paris-Match fait aussitôt un reportage sur « la Française la plus photographiée de France », et elle instantanément imitée par des centaines d’admiratrices. Bettina lance une nouvelle mode et Fath crée sa fameuse série de blouses fermées par une rose.

Fath mettra le dernier coup de pinceau à sa nouvelle image en l’envoyant chez Georgel, le salon de coiffure le plus réputé de l’époque. Bettina ressort avec des cheveux à un centimètre. Paris-Match fait aussitôt un reportage sur « la Française la plus photographiée de France », et elle instantanément imitée par des centaines d’admiratrices. Bettina lance une nouvelle mode et Fath crée sa fameuse série de blouses fermées par une rose.

© Willy Rizzo
Le couturier, amateur d'art, y livre ses souvenirs, entrecoupés par les témoignages d'anciens collaborateurs et amis : ses premiers pas chez le  couturier d'après-guerre Jacques Fath, le lancement de sa maison en 1952, ses silhouettes à l'élégance confortable, au chic simple qui séduisent une clientèle américaine. Jusqu'à l'ultime défilé, en 1995, où il vient saluer, entouré de ses 60 ouvrières. La maison qu'il a fondée, propriété du groupe LVMH, a depuis 1995 l'Italien Riccardo Tisci comme directeur artistique.
Givenchy haute couture printemps-été 2010, fashion show d'Eric Pellerin
Collection haute couture vintage de Didier Ludot chez Sotheby's
 
D'une robe Paul Poiret de 1924, à un bustier cage de Yohji Yamamoto de  2006, d'un tailleur Balenciaga à une veste spaghetti de Jean-Charles de Castelbajac, d'Yves Saint Laurent à Azzedine Alaïa, l'antiquaire de mode Didier Ludot met en vente le 8 juillet, chez Sotheby's Paris, une partie de sa collection : 172 pièces, pour la plupart des créations de haute couture. "En déménageant une réserve, j'ai redécouvert des robes que j'avais oubliées peut-être depuis plus de trente ans, je me suis dit qu'il était temps de les transmettre à quelqu'un d'autre et leur donner une nouvelle vie!", explique Didier Ludot, dont la boutique est installée au Palais Royal et qui compte des clientes comme Julia Roberts, Demi  Moore, Sharon Stone.
Vintage Didier ludot
Pour cette sélection il s'est inspiré du vestiaire vintage qu'une fidèle cliente américaine Sarah Wolfe achète chez lui. Le lot phare de la vente est une robe du soir de Cristobal Balenciaga de 1965, appliquée de plumes roses, qui appartint à Francine Weisweiller, mécène et amie de Cocteau. Elle est estimée entre 6.000 et 8.000 euros.