Alexis Mabille et Maison Martin Margiela intègrent le cercle de la haute couture

Par @CocoJeammet Journaliste, responsable de la rubrique Mode de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 18/12/2012 à 15H56
Alexis Mabille (à gauche), MMM (défilé haute couture ah 2012/2013 à Paris)

Alexis Mabille (à gauche), MMM (défilé haute couture ah 2012/2013 à Paris)

© Alexis Mabille (photo Felix et Jean Picon) + MMM (photo AFP. F Guillot)

La Commission Couture Création vient de conférer l’appellation haute couture à Alexis Mabille et Maison Martin Margiela. Ils rejoignent Adeline André, Anne-Valérie Hash, Atelier Gustavolins, Chanel, Christian Dior, Christophe Josse, Franck Sorbier, Givenchy, Jean Paul Gaultier, Maurizio Galante, Stéphane Rolland. Leurs collections printemps-été 2013 défileront, à Paris, du 21 au 24 janvier 2013.

Jusqu'ici, les deux griffes défilaient dans le calendrier officiel de la haute couture comme "membres invités".

La marque Alexis Mabille nait en 2005 quand le designer crée sa collection
Au départ unisexes, ces vêtements explorent des coupes flattant aussi bien l'homme que la femme. Il s'amuse à dépoussiérer le noeud-papillon, dont il fait son icone en le revisitant dans des volumes et matières étonnantes. L'idée de sublimer tous les corps évolue d'une ligne mixte pour aboutir aux gammes de prêt-à-porter féminin et masculin, d'accessoires, de sous-vêtements et de couture depuis 2010. Sa philosophie :un mixte entre tradition du vêtement, un certain sex-appeal et une dynamique qui jouent avec les genres et les codes.

Alexis Mabille sort diplômé de la Chambre syndicale de la Couture parisienne en 1997. Il fait ses armes chez Christian Dior, puis collabore avec de grandes maisons comme Yves Saint Laurent et Lancôme tout en se consacrant à sa griffe. Le jeune créateur français a ouvert en septembre dernier une boutique et un espace haute couture dans Paris.

"Je suis fou de joie de recevoir le label haute couture. C'est la reconnaissance du travail que j'effectue créativement et artisanalement au jour le jour conjointement avec mes ateliers et ma clientèle depuis plusieurs années", a commenté le couturier.
La Maison Martiin Margiela, une anti-marque
Martin Margiela crée avec Jenny Meirens MMM en 1988. Considéré comme le créateur le plus atypique et le plus avant gardiste de sa génération, Martin Margiela est très secret et communique très peu. Ses collections sont anti-conformistes et d’une incroyable créativité. Alors que la maison était indépendante, elle appartient, désormais, au groupe Diesel, permettant ainsi son développement avec une ligne homme et des parfums. Depuis 2009, le créateur Martin Margiela a quitté la maison. La création est désormais confiée à une équipe interne.

A l'inverse de la ligne artisanale (équivalente à la de la haute couture),et des lignes de prêt-à-porter féminine et masculine, toutes présentées chaque saison à Paris, la ligne MM6 -plus jeune et urbaine- a fait ses premiers pas à la Fashion Week de New York en septembre dernier. "La philosophie de la maison est toujours présente, l'approche stylistique typique, l'alternative avant-gardiste, être contre les règles toujours... On essaye d'en concentrer toutes les caractéristiques les plus importantes mais de façon un peu plus simple", explique Renzo Rosso. 

Quid de la haute couture
La haute couture est passée de 24 maisons en 1987, à 22 en 1980, et à 13 pour les collections printemps-été 2013. L'appellation "haute couture" est juridiquement protégée et attribuée selon des critères qualitatifs et quantitatifs (modèles exclusifs sur mesure, travail réalisé à la main, effectifs minimum...). La haute couture, appellation exclusivement parisienne et chroniquement déficitaire, a perdu la moitié de ses acteurs depuis plus d'une dizaine d'années. Mais la part de rêve qu'elle génére reste la meilleure garantie de sa pérenité, l'image des maisons étant liée aux ventes des produits les plus lucratifs (cosmétiques, parfums, accessoires...).

Quand on parle de haute couture, la création prime sur l'argent, se plaisent à répéter les maisons, qui se gardent de révéler les investissements engloutis dans l'élaboration d'une collection ou l'organisation d'un défilé. Mais certaines maisons doivent renoncer à défiler, l'organisation d'une présentation et la réalisation des modèles - qui pour beaucoup ne se vendent pas - pouvant engloutir plusieurs millions d'euros.