Rabih Kayrouz a quitté la couture pour rejoindre le calendrier du prêt-à-porter

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 20/01/2012 à 09H46
Défilé Maison Rabih Kayrouz en janvier 2011

Défilé Maison Rabih Kayrouz en janvier 2011

© AFP. B.Guay

La maison Libanaise Rabih Kayrouz, qui ne défile plus pendant la semaine de la couture, présente le 7 mars sa collection automne-hiver 2012-2013 dans le cadre du calendrier officiel du prêt-à-porter féminin.

Une robe en trompe-l'oeil architectural, baptisée "invitation aux caresses"
Apparemment "fermée, stricte", elle est d'une sensualité folle, permettant à un cavalier de glisser la main dans le dos de la belle qui le porte. Cette robe noire fluide, en "charmeuse" de soie, a été présentée aux acheteurs des grands magasins en pré-collection. Et c'est déjà l'un des best-sellers de la saison. Clavicules et décolleté dissimulés sous le tissu, la robe est "très décente", s'amuse le créateur. A la voir, sagement disposée sur un cintre, on croirait presque "une robe de nonne". Mais "le mouvement et l'attitude d'une femme peuvent lui offrir une autre vie", relève le styliste. Sur le plan technique, il dit avoir "simplement" entrecroisé le dos et le devant de la robe, "sans jamais les coudre ensemble, pour créer ce troublant "passage secret".

Rabih Kayrouz fuit la facilité, préférant susciter un trouble subtil sans dénuder les femmes. "J'adore l'intrigue dans les coupes", dit le couturier de 38 ans. "Je ne suis pas un fan des décolletés. Avant je me forçais un peu mais cette saison je n'en ai fait aucun", dit le créateur qui trouve "tellement plus beaux" les vêtements couvrants. "J'aime les fentes qui laissent entrevoir la peau ou les grands V dans le dos, c'est beaucoup plus sensuel et érotique", dit-il.

De la même façon, il évite les robes bustier, "inconfortables" pour les femmes, leur préférant des modèles dévoilant une seule épaule de façon asymétrique; il appelle cela un "décolleté d'épaule oui, épaule non". Elles y sont infiniment "plus à l'aise, libérant leurs gestes". De fait, les femmes portant des bustiers chics ont tendance à serrer les coudes le long du corps ou à le remonter, comme un tic nerveux tout au long d'une soirée, pour être sûres qu'il reste en place sur la poitrine. "Toute l'élégance est perdue si l'on est trop consciente de ce que l'on porte", insiste le créateur, qui fait essayer sa collection à son assistante. "Je lui demande sans arrêt: Tu es à l'aise? Comment tu te sens? Il faut oublier le vêtement".

Formé à Paris, Rabih  Kayrouz s'est fait connaître à Beyrouth
Il y créait des robes de mariées pour ses copines, puis des clientes, élargissant ensuite sa production. En 2009, il revient à Paris pour y ouvrir sa maison de mode, attiré par le savoir-faire unique des artisans français. Dans un ancien théâtre, sa maison abrite un showroom pour les clientes, un atelier et des bureaux. La marque est présente dans une cinquantaine de boutiques dans le monde, notamment aux Etats-Unis, au Moyen-Orient, en Russie et en France. Dans sa garde-robe citadine "mais avec de la sophistication", les prix vont de 800 euros la robe chemise à 4.000 euros la robe du soir. Son logo d'un rouge pimpant représente une grenade, "seul fruit oriental", généreux et porte-bonheur.

Le créateur avait profité de la semaine de la haute couture pour présenter sa collection printemps-été 2011.

Se tourner vers le prêt-à-porter
"Si l’opportunité de défiler pendant le calendrier de la couture à été un formidable moyen d’expression depuis juillet 2009, le soutien infaillible de la presse et des acheteurs conduisent aujourd’hui la maison Rabih Kayrouz à se tourner davantage vers le prêt-à-porter"." La couture reste pour Rabih Kayrouz un instant privilégié, hors du temps et des saisons au cours duquel il souhaite pouvoir continuer à exprimer son amour de l’artisanat et du savoir-faire français", a cependant déclaré sa maison.