Retour de Christian Lacroix le temps d'une collection pour Schiaparelli

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 30/06/2013 à 17H09
Christian Lacroix en février 2012 à l'Opéra de Frankfurt

Christian Lacroix en février 2012 à l'Opéra de Frankfurt

© EMILY WABITSCH / DPA / AFP

La haute couture démarre le 1er juillet avec un rendez-vous attendu : absent depuis quatre ans, Christian Lacroix est de retour dans la mode, le temps d'une collection chez Elsa Schiaparelli, une maison mythique qui tente de renaître.

Le couturier présente 18 pièces sur des mannequins en bois, dans le cadre d'une collection unique, en forme d'hommage à la créatrice italienne décédée en 1973. "Schiap'", cette audacieuse couturière iconoclaste et chic, qui fut la grande rivale de Coco Chanel, a fait partie du renouveau de la couture au début des années 30. "Je souhaite replacer Elsa au centre de sa maison et de la scène avec laquelle elle a séduit le monde", a expliqué Christian Lacroix.
Christian Lacroix à l'Opéra de Francfort, février 2012

Christian Lacroix à l'Opéra de Francfort, février 2012

© EMILY WABITSCH / AFP
Endettée, la maison Lacroix, créée en 1987 avec l'appui du N°1 mondial du luxe LVMH qui l'a vendue en 2005 au groupe américain Falic, avait été placée en redressement judiciaire. Le couturier a depuis abandonné la mode pour se consacrer à l'opéra et au ballet, pour lesquels il dessine des costumes.

Elsa Schiaparelli mariait art et couture
Le couturier adepte des couleurs vives revient pour célébrer une couturière à qui l'on doit le fameux rose "shocking", un fuchsia vif. Elle est aussi connue pour ses chapeaux excentriques (en forme de souliers à l'envers), sa robe homard (une robe blanche en organdi dessinée en 1937 avec une ceinture cramoisie et un homard sur la jupe peint par Salvador Dali), sa robe squelette, son manteau au graphisme signé Jean Cocteau... comme autant d'influences de ses amis surréalistes.
Elsa Schiaparelli en 1937

Elsa Schiaparelli en 1937

© ACME / AFP
Mais Christian Lacroix refuse de la réduire à ces modèles célèbres. C'est "un monstre sacré inclassable, à la modernité increvable", a-t-il confié au magazine Elle. Lui retient de son travail "une épure, des proportions inattendues, une vision hyper contemporaine de la féminité". Elle a joué avec les matériaux les plus divers, comme du plastique ; elle a simplifié la vie des femmes, avec la fermeture en zip.

© JEAN-PIERRE MULLER / AFP
La maison a fermé en 1954. Mais en 2006, le patron de Tods et Roger Vivier, Diego della Valle, en a racheté les droits et les archives. Schiaparelli a rouvert en juillet 2012, au 21 place Vendôme, l'adresse historique de la maison, où Elsa Schiaparelli s'était installée en 1935.
Robes Schiaparelli exposées à Paris en 2004

Robes Schiaparelli exposées à Paris en 2004

© JEAN-PIERRE MULLER/AFP
Un premier hommage puis des contributions d’artistes
Cet hommage "sera suivi d'une longue série de contributions d'artistes", promet la maison. Il y aura "un rendez-vous annuel faisant appel à de grands noms de l'art contemporain qui donneront leur interprétation du style de celle qui fut la première à marier l'art et la couture". Pour Christian Lacroix, cette contribution est "plus un hommage qu'une collection à diffuser". "Je n'ai aucune envie de réinvestir l'industrie de la mode ", a-t-il déclaré au Monde expliquant porter sur celle-ci "un regard lointain".