Julien Fournié: de la haute couture fabriquée en appartement

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/01/2017 à 16H21, publié le 02/07/2012 à 07H32
  • Julien Fournié pose avec un mannequin portant une robe haute couture automne-hiver 2012-2013
  • Julien Fournié pose avec un mannequin portant une robe haute couture automne-hiver 2012-2013
  • Robe Julien Fournié haute couture automne-hiver 2012-2013
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  • Julien Fournié pose avec un mannequin portant une robe haute couture automne-hiver 2012-2013
    Julien Fournié pose avec un mannequin portant une robe haute couture automne-hiver 2012-2013 © Martin Bureau. AFP
  • Julien Fournié pose avec un mannequin portant une robe haute couture automne-hiver 2012-2013
    Julien Fournié pose avec un mannequin portant une robe haute couture automne-hiver 2012-2013 © M.Bureau
  • Robe Julien Fournié haute couture automne-hiver 2012-2013
    Robe Julien Fournié haute couture automne-hiver 2012-2013 © M.Bureau. AFP

C'est dans son appartement parisien que Julien Fournié réalise sa collection haute couture qui défile le 3 juillet. Avec peu de moyens, sa maison qui est, depuis janvier 2011, en tant que membre invité dans le calendrier officiel de la haute couture, grâce à des ventes régulières, survit d'une saison à l'autre.

Bienvenue à la maison!" s'exclame le couturier de 37 ans. D'un côté, la cuisine et un bureau mansardé, de l'autre un salon envahi par une dizaine de petites mains, pour la plupart stagiaires dans des écoles de mode. "En temps normal, nous sommes six. On est obligés de commencer lacollection trois ou quatre mois à l'avance", contre quelques semaines dans les grandes maisons qui ont des ateliers permanents plus fournis, explique cet ancien étudiant en médecine.

Mme Jacqueline première d'atelier -formée chez Balmain et Dior- oriente d'une main sûre le travail de finition sur les 27 silhouettes de la collection "Première Déclaration". Déclaration d'amour à la haute couture, création sur mesure pour une clientèle d'élite, "la plus belle des aventures" pour Julien Fournié.

Julien Fournié haute couture printemps-été 2011 : Premières Couleurs

En pourparlers avec des partenaires financiers pour développer parallèlement du prêt-à-porter, il n'imagine pas abandonner l'artisanat de la couture qui lui sert de laboratoire. "Je me battrai toujours pour ne pas renoncer à cette liberté", dit-il. "La couture, c'est un savoir-faire français, précieux mais vulnérable. Le jour où ça disparaît, on tombe dans la vente pure ».

En effet, le coût de fabrication de ces pièces uniques, mêlant tissus précieux, broderies élaborées et fourrures rares, décourage des vocations en temps de crise. La haute couture, parce qu'elle est rare et souvent spectaculaire, "véhicule de l'image", offrant de la visibilité à une petite maison. Ses robes nécessitent parfois deux semaines de travail à la main. A moins de 20.000 euros pièce, "on est bien moins cher" que les grandes maisons, souligne-t-il.            

Julien Fournié développe aussi un logiciel permettant de dessiner des silhouettes en 3D : "On pioche dans une tissuthèque pour simuler le tomber d'une matière. Ensuite, on le teste dans le réel mais ça permet de gagner du temps".

Julien Fournié haute couture automne-hiver 2011-2012 : Première Mutation 

Première Déclaration est une collection inspirée des super héros américains. On note des tissus innovants comme ce fourreau métallique en chrome ou ces robes en néoprène, en version souple ultra-fine. Il joue "le choc de couleurs acides", absinthe, fuschia, citron ou émeraude, "piratées par le noir". Le créateur fait ses teintures lui-même, dans sa baignoire - "il faut voir dans quel état elle est"-, et utilise des bombes de carrosserie pour imprimer des dégradés de couleurs.

Julien Fournié aime les jeux de transparence et les zips apparents, cette fois déplacés sur le côté du buste. Son vestiaire "pour des femmes sexy qui s'assument" se retire en 30 secondes. "Et hop, on est toute nue!", s'émerveille-t-il. "Ca vous plaît messieurs?", lance-t-il, taquin, aux photographes de l'AFP médusés par le mannequin dans une robe en organza "nude" dont les "découpes anatomiques" soulignent hanches et seins avec un "dos fenêtre" encadrant les omoplates.