A la Fashion week de New York, des bandanas en signe d'unité après l'élection de Trump

Par @Culturebox
Mis à jour le 13/02/2017 à 07H39, publié le 10/02/2017 à 11H20
Les mannequins de Tadashi Shoji défilent avec un bandana au poignet à la Fashion Week de New York, le 9 février 2017

Les mannequins de Tadashi Shoji défilent avec un bandana au poignet à la Fashion Week de New York, le 9 février 2017

© Amy Sussman / WWK / REX / Shutters / SIPA

La première Fashion week new-yorkaise de l'ère Trump s'est ouverte sous le signe très politique de bandanas blancs, adoptés par Calvin Klein, Thakoon ou Shoji comme symbole d'unité et de tolérance dans un pays plus polarisé que jamais.

Comme Tommy Hilfiger à Los Angeles le 8 février, les trois marques de prêt-à-porter ont clairement revendiqué leur adhésion à ce bandana, dont l'idée est partie du site spécialisé Business of Fashion, accompagné du hashtag  #TiedTogether (LiésEnsemble). Les éditeurs du site basé à Londres affirment par cette action vouloir "prendre position clairement en faveur de la solidarité, de l'unité humaine et de l'inclusion, face à l'incertitude croissante et au discours dangereux qui alimente les divisions", non seulement à New York mais aussi à Londres, Paris ou Milan.
 
Les invités du très attendu défilé de Calvin Klein le 10 février - qui portera pour la première fois la signature du créateur belge Raf Simons - ont ainsi reçu un bandana blanc imprimé en noir, accompagné d'un carton les appelant à le porter en signe "d'unité, d'inclusion, d'espoir et de tolérance".
Le créateur de mode Thakoon Panichgul, bandana à la main en signe d'unité après l'élection de Trump (New York, 9 février 2017)

Le créateur de mode Thakoon Panichgul, bandana à la main en signe d'unité après l'élection de Trump (New York, 9 février 2017)

© Ben Gabbe / Getty Images North America / AFP

Des bandanas blancs en signe de rassemblement

Le 9 février, le créateur Thakoon Panichgul, d'origine thaïlandaise, arborait le bandana blanc au poignet, tout comme le designer d'origine japonaise Tadashi Shoji, tous deux représentants d'un monde de la mode éminemment mondialisé où les frontières n'existent plus, et où le récent décret  sur l'immigration de Donald Trump a fait l'effet d'une douche glaciale.
 
"C'est un sujet très sensible", a expliqué Thakoon. "Pour moi, (le bandana) c'est le signe positif que tout le monde se rassemble et se sent plus fort en pensant à la diversité, à la relation qu'on a les uns avec les autres, surtout à New York". "Je suis un créateur immigré", a-t-il aussi souligné. "Je suis né et j'ai  été élevé en Thaïlande, je suis venu ici avec l'idée que l'Amérique est vraiment l'endroit où on peut être libre non seulement de vivre mais de penser, et cela a stimulé ma créativité".

Tadashi Shoji : "Je suis immigré, comme 50% de mes employés"

"Quand je dis liberté de penser, je pense qu'il y a quelque chose en Amérique qui vous rend un peu plus rebelle et non-conformiste, et c'est quelque chose d'important quand on est créatif", a-t-il ajouté. Une partie de l'équipe du couturier d'origine japonaise Tadashi Shoji, arrivé aux Etats-Unis en 1973, portait elle aussi le 9 février le fameux bandana, de même que le mannequin ouvrant son défilé.
 
Pour Shoji aussi, l'important était de montrer que nous ne sommes "pas  divisés" mais "ensemble". "Je suis un immigré et 50% de mes employés le sont aussi", a-t-il souligné.
 
Preuve une fois encore que la mode reflète son temps, tant Thakoon que Shoji ont insisté sur l'incertitude et les bouleversements de la période  actuelle.
 
Shoji a ainsi expliqué avoir trouvé l'inspiration pour les fleurs brodées, omniprésentes dans sa nouvelle collection, dans le mouvement d'émancipation des années 1960, à un moment où la "révolution de la jeunesse" était "partout dans le monde", a-t-il expliqué à l'AFP.

Pas de défilé pour Marcus Wainwright

Marcus Wainwright, créateur et patron de la marque Rag and Bone, a, lui, décidé de traduire les changements actuels en renonçant à faire un défilé. Il a préféré montrer sa nouvelle collection sous la forme d'une exposition de photos aux allures de rétrospective de ses 15 ans d'existence, mettant en évidence ses "classiques" comme la veste aviateur, le jean ou des pulls unis en cachemire tout confort.
 
"Franchement, je me suis réveillé après l'élection (de Donald Trump, ndlr) et je me suis dit, 'on ne peut pas faire de défilé'. Je ne savais pas pourquoi mais ça paraissait juste une mauvaise idée", a expliqué le designer d'origine britannique dans une brochure accompagnant l'exposition.
 
Pas de bandanas mais de vrais vedettes en revanche au défilé La Perla, avec en ouverture la célébrissime mannequin britannique Naomi Campbell, 46 ans, et en clôture Kendall Jenner, 21 ans, en robe transparente.
 
Son engagement à elle, c'est la cause des femmes, a clamé Julia Haart, pour la première collection prêt-à-porter du géant italien de la lingerie. "Je veux détruire l'idée selon laquelle vous devez être soit belle soit à l'aise (dans ses vêtements). Je veux les deux, je veux tout", a-t-elle déclaré  à l'AFP. Ses vêtements intègrent tous des éléments empruntés au monde de la lingerie, mêlant dentelles ou soutien-gorge bien en évidence.  

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