Sac Birkin en crocodile : Hermès promet des sanctions dans les élevages

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 28/07/2015 à 18H22
Sacs Birkin d'Hermès, juillet 2010

Sacs Birkin d'Hermès, juillet 2010

© PHOTOSHOT/MAXPPP

Hermès a promis des sanctions en cas de "manquement avéré" dans les élevages de crocodiles ou d'alligators dont la maison de luxe est partenaire, en réponse à Jane Birkin qui a demandé que les sacs en crocodile à son nom soient débaptisés. Pièce phare de la maison de luxe depuis les années 1980, les sacs d'occasions s'arrachent dans les ventes aux enchères.

Alertée par l'abattage des crocodiles, la chanteuse Jane Birkin a demandé, mardi, à Hermès de débaptiser le mythique sac en crocodile portant son nom, "jusqu'à ce que de meilleures pratiques répondant aux normes internationales" soient mises en place pour l'abattage de ces animaux, dans un communiqué transmis à l'AFP.
Un sac Hermès Birkin en crocodile vendu aux enchères 129,000 dollars en 2007

Un sac Hermès Birkin en crocodile vendu aux enchères 129,000 dollars en 2007

© Timothy Clary/AFP

Droit des animaux

"Ayant été alertée par les pratiques cruelles réservées aux crocodiles au cours de leur abattage pour la production des sacs Hermès portant mon nom (...), j'ai demandé à la Maison Hermès de débaptiser le Birkin Croco jusqu'à ce que de meilleures pratiques répondant aux normes internationales puissent être mises en place pour la fabrication de ce sac", a indiqué Jane Birkin dans ce texte.

Emblème de la marque depuis les années 1980, l'actrice et chanteuse britannique a participé aux croquis et en a possédé quatre exemplaires dont trois ont été vendus aux enchères pour des œuvres caritatives. C'est un des sacs les plus chers au monde. Il a été dessiné en 1984 pour Jane Birkin, après une rencontre dans un avion entre le président d'Hermès de l'époque, Jean-Louis Dumas, et la jeune maman qui se plaignait de ne pas trouver un sac à la fois pratique et chic. Avec ses deux poignées et sa grande contenance, il est prisé des célébrités comme Victoria Beckham ou les héroïnes de la série "Sex and the City". Décliné en plusieurs matières - vache, veau, autruche, crocodile - et  couleurs, il est fabriqué à la main en France par une seule personne, qui y appose sa signature - initiales ou autre - et nécessite entre 18 et 25 heures de travail.
Un sac Hermès Birkin en crocodile

Un sac Hermès Birkin en crocodile

© Stan Honda/AFP
Le prix du luxe

Le modèle en crocodile, disponible à partir de 33 000 euros, s'arrache également aux enchères : en juin 2015, un sac à main Diamond Birkin fuchsia en peau de crocodile a battu le record de ventes aux enchères pour un tel accessoire, trouvant preneur pour 202.000 euros chez Christie's à Hong Kong. Un système de liste d'attente, aujourd'hui plus aisé qu'autrefois, a contribué à créer la rareté et la valeur de ce sac de luxe. 

Face à l'engouement grandissant pour sa maroquinerie, Hermès a annoncé le  20 juillet qu'il allait augmenter la capacité de production de deux de ses sites en France dédiés aux articles en cuir et ainsi créer à terme plus de 200 emplois.

Peta monte au créneau


L'organisation de défense des animaux Peta a lancé en juin 2015 une campagne pour demander à Hermès de "cesser immédiatement d'acheter et d'utiliser des peaux exotiques, et de vendre des accessoires en peau de crocodile et d'alligator". L'organisation a diffusé un film, après une enquête menée, dit-elle, dans des élevages envoyant leurs peaux dans des tanneries appartenant à Hermès. Elle affirme que les animaux "croupissent dans de sombres hangars ou dans de tristes fosses en béton et sont tués avant même d'avoir atteint l'âge adulte" et que "leur vie est aussi cauchemardesque que leur mort".

Hermès avait alors répondu que "certaines séquences (...) avaient été tournées préalablement à (ses) accords de partenariat avec les fermes évoquées dans ce film". "Toutes nos fermes partenaires respectent scrupuleusement les règles établies sous l'égide de l'ONU par la Convention de Washington de 1973 qui définissent la protection des espèces en danger", avait assuré Hermès, précisant qu'un audit était en cours dans un des établissements incriminés, au Texas. Hermès a promis des sanctions en cas de "manquement avéré" dans les élevages de crocodiles ou d'alligators dont la maison de luxe est partenaire