Naco, un créateur underground à l'âme généreuse

Par @CocoJeammet Journaliste, responsable de la rubrique Mode de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 31/01/2013 à 10H41
  • Naco (au centre) et photos extraites de son ouvrage
  • Naco au salon Who's Next, paris 2013
  • Exposition Melting Pot par Naco Paris, présentée au salon who's Next, à Paris
  • Exposition de photos Naco au salon Who's Next, janvier 2013
Précédent Suivant
Précédent Suivant
  • Naco (au centre) et photos extraites de son ouvrage
    Naco (au centre) et 2 photos extraites de son ouvrage « Melting-Pot - Edition N°1 - Mexico-City » © Portrait signé jack Wyllie
  • Naco au salon Who's Next, paris 2013
    Naco présente devant son expo photos son livre au salon Who's Next, paris 2013 © Corinne Jeammet
  • Exposition Melting Pot par Naco Paris, présentée au salon who's Next, à Paris
    Exposition Melting Pot par Naco Paris, présentée au salon who's Next, à Paris en janvier 2013 © Corinne Jeammet
  • Exposition de photos Naco au salon Who's Next, janvier 2013
    Exposition photos "Melting Pot" au salon Who's Next, en janvier 2013. © Corinne Jeammet

Ayant connu une reconnaissance avec son shopper bag brandé à la main "Karl Who”, Naco est de ces créateurs dont la mode a besoin. Rencontre avec ce couturier français avant-gardiste, décalé et libre à l’occasion de la sortie de son premier livre, né d'une collaboration avec des étudiants mexicains.

Un livre, une expo photos
Baptisé « le seul designer qui n’aime pas la mode ! » par la presse, Naco a présenté « Melting-Pot - Edition N°1 - Mexico-City » sur fond d’expositions photos lors du salon Who's Next de janvier 2013 à Paris. Ces photos mettent en scène une performance stylistique réalisée avec des étudiants mexicains, reprenant leurs codes traditionnels mixés à la manière punk, revendicatrice et contestataire de Mexico City.
Couverture de "Melting-Pot Edition N°1 Mexico-City"

Couverture de "Melting-Pot Edition N°1 Mexico-City"

© DR
Edité à compte d’auteur, cet ouvrage de 48 pages se situe entre le livre de photo et la revue. « Il s'agit d'une 1re édition tirée à 150 exemplaires numérotés et signés » explique Naco. A l’intérieur, des surprises : des encarts comportant des tirages photos, une affichette made in Mexico, des stickers… Le livre est emballé dans un sac poubelle noir rempli de confettis. Ces confettis même que Naco a coutume de lancer autour de lui depuis toujours !
Photo inspiration Frida Kahlo extraite de l'ouvrage « Melting-Pot -Edition N°1-Mexico-City » de Naco

Photo inspiration Frida Kahlo extraite de l'ouvrage « Melting-Pot -Edition N°1-Mexico-City » de Naco

© DR
Une rencontre avec des étudiants mexicains
« Le point de départ, c’est une rencontre lors du festival Creamoda Mexico où je venais présenter ma collection ». Naco y assiste à des conférences avec les industriels qui « se plaignent du manque de liens avec les créateurs ». « Pourtant, il existe des créateurs qui commencent à faire parler d’eux, tel Trista mais beaucoup ont honte de leur origine » explique Naco avant de rajouter : « Je pense, pourtant, que la tradition mexicaine -et ses symboles emblématiques- mérite d’être mise en avant en la mixant ».
Les étudiants de l’école de mode IES Moda Casa De Francia en plein travail

Les étudiants de l’école de mode IES Moda Casa De Francia en plein travail

© DR
Résultat : un work-shop avec l’école de mode IES Moda Casa De Francia, organisatrice du Festival. Naco prend comme base de travail le T-shirt blanc et demande aux étudiants de mixer tradition et récup. « C’est une démarche que j’avais déjà entreprise lors de ma première collection couture en 2000 où je montrais comment faire du beau avec de la récup ». Ainsi naît cette collection de vêtements. Elle a été prise en photos à Mexico, en septembre 2012 et ces dernières ont été réunies dans cet ouvrage.
Matériaux utilisés par les étudiants de l’école de mode IES Moda Casa De Francia en vue de la réalisation d'une collection de vêtements avec Naco

Matériaux utilisés par les étudiants de l’école de mode IES Moda Casa De Francia en vue de la réalisation d'une collection de vêtements avec Naco

© DR
Naco, un artiste vestimentaire
Depuis 2001, date de la création de son label, « Naco Paris » ne cesse de ré-interpréter la vision de sa mode très personnelle et underground. « Je fais des vêtements que j’aime » insiste-t-il avant de préciser : « La mode, c’est un moyen d’expression. En éditant, un livre, je fais un premier pas vers autre chose. C’est très expérimental, c’est une première étape, un brouillon pour en faire d’autre. ».
Les étudiants de l’école de mode IES Moda Casa De Francia en plein travail avec Naco au Mexique
Au style anti-conformiste
Bien que controversé par certains sur son style anti-conformiste, Naco aime par-dessus tout les vêtements bien faits et bien coupés. Il commence à 14 ans en tant que tailleur et suit des cours à LISAA et  aux Beaux-arts pour se perfectionner et apprendre les techniques de coupe.
Le shopper bag brandé à la main "Karl Who" de Naco Paris

Le shopper bag brandé à la main "Karl Who" de Naco Paris

© DR
Naco trouve l’inspiration dans tout ce qui l’entoure : la musique, l’actualité, le design, la mode, les arts et même les contrefaçons qui sont des sources de suggestions artistiques. Esthétique ultra-moderne, minimalisme et attitude punk sont combinés dans ses vêtements unisexes pour dénoncer la manie de consommation promue par l'industrie de luxe.

Toujours concerné par la récup
Naco aime surprendre et aller à contre courant mais sa démarche est responsable comme le prouve les vestes de sa collection automne-hiver 2013-2014 « Future is back » présentées au Who’s Next 2013. Elles sont réalisées à partir d’un patchwork de tissus -constitué de bleu de travail professionnel- et sont, en l’occurrence, des pièces uniques !
Naco présente sa collection automne-hiver 2013-2014 au salon who's Next à Paris

Naco présente sa collection automne-hiver 2013-2014 au salon who's Next à Paris

© Corinne Jeammet
Jouissant d’une réputation internationale, ses collections sont vendues dans les plus grandes villes et sont devenues cultes au Japon où elles et se retrouvent dans les magasins les plus avant-garde de Tokyo, Osaka et Nagoya.