"Les dessous de l'Isère": la lingerie fine mémoire des formes à Grenoble

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 16/04/2013 à 16H31
Soutien gorge n°9 de Lou

Soutien gorge n°9 de Lou

© Capture d'écran Culturebox

Pendant très longtemps, les femmes ne portaient pas de dessous, bien protégées par jupes et jupons. Dès la fin des années 20, des grandes marques de lingerie féminine à la française naissent en Isère près de Grenoble. Lora, Lou, Valisère et Playtex, autant de maisons prestigieuses à retrouver dans l'exposition "Les dessous de l'Isère" au musée dauphinois de Grenoble.

Il était une fois, bien avant l'uniformisation du string, des sous-vêtements qui faisaient rêver les dames et damoiselles.
Valisère, Lou, Lora et même Playtex et ses célèbres Wonderbra (ancêtre du push up), toutes nées à Grenoble sont à la pointe de l'innovation en matière de lingerie intime.
Les évolutions dans ce domaine sont rapides et témoignent de l'émancipation de la femme.
La viscose ou soie artificielle fait sa grande entrée dans le domaine de la lingerie à la fin des années 20 et met en valeur les formes et les courbes en moulant plus au corps féminin.
L'exposition "Les dessous de l'Isère" propose un voyage dans l'histoire de la lingerie iséroise à travers des pièces d'époque, des photos, gravures, revues ou encore publicités. Ses organisateurs, Chantal Spillemaecker et Franck Philippeaux, souhaitaient recréer l'ambiance de cette industrie jadis si florissante qui a fait la fierté de la région grenobloise pendant un demi-siècle. 

Reportage de J-C Pain
"Les dessous de l'Isère". Le nom offre une pointe de mystère et un brin d'humour. "Il s'agit bien de révéler ce qui n'est pas si caché", explique Franck Philippeaux. Le sujet paraît anodin et pourtant, il permet de se rendre compte de l'évolution des mentalités et du rapport au corps tout au long du 20e siècle. A l'heure où l'on cherche à revisiter l'histoire féminine sous toutes ses coutures, un peu oubliée par les historiens, cette exposition permet de comprendre comment la femme est peu à peu devenue  maîtresse de son image.

Aujourd'hui, malgré la résistance de Playtex jusqu'en 2010, toutes les usines de lingerie de la région ont fermé. Il s'agissait dès lors de mettre en valeur ce patrimoine historique et industriel, qui fait partie intégrante de l'identité culturelle iséroise. Le slip latex Lora ou le soutien-gorge n°9 de Lou, produits phares vendus dans le monde entier, ont contribué à renforcer l'image de marque de la lingerie grenobloise. Le savoir-faire de milliers d'ouvrières iséroises aux doigts de fée à été reconnu jusqu'au Brésil et a permis à de nombreuses femmes d'assoir leur féminité en se libérant du carcan des conventions. 
Pub pour le "Wonderbra" de Playtex

Pub pour le "Wonderbra" de Playtex

© Capture d'écran Culturebox
A découvrir jusqu'au 31 mai 2013. Plus d'infos ici.