Le luxe français recrute des jeunes passionnés

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 01/02/2013 à 15H11
Sélection des pierres chez Van Cleef & Arpels

Sélection des pierres chez Van Cleef & Arpels

© Eric Sander

Le luxe français, en forme malgré la crise économique, recrute et vient de signer via le Comité Colbert le renouvellement d'une convention avec l'Académie de Paris pour attirer les jeunes vers des métiers "valorisants et pérennes". Ces métiers de la main - qui font la notoriété du luxe français- constituent la richesse de son patrimoine.

"Le luxe souffre parce qu'il a du mal à trouver des jeunes notamment dans certains secteurs comme le cuir et la maroquinerie, l'hôtellerie et la  restauration, l'horlogerie et la joaillerie", a expliqué Elisabeth Ponsolle des Portes, DG du Comité Colbert, qui emploie 37.500 personnes en France.

"Nos secteurs appellent les jeunes à travailler auprès d'eux, car les métiers de la main sont valorisés dans le luxe et absolument pas des voies de garage", poursuit-elle. Nos CAP ont de la valeur sans parler des bacs Pro et nos emplois sont pérennes!", s'exclame-t-elle.
1er octobre 2003, Paris, Elisabeth Ponsolle des Portes, déléguée générale du Comité Colbert

1er octobre 2003, Paris, Elisabeth Ponsolle des Portes, déléguée générale du Comité Colbert

© AFP. M. Bureau
Des métiers d'exigence et de passion           
Le recteur de l'Académie de Paris s'est félicité que "les élèves de CAP bijouterie-joaillerie connaissent un taux d'insertion professionnel de 87% ou ceux en CAP mode  et chapellerie de 72%", des taux qu'il a jugés "particulièrement élevés". Les emplois dans les 75 maisons de luxe français composant le Comité Colbert ont augmenté "de 10% entre 2006 et 2011", a souligné Mme Ponsolle des Portes. 

"Chez Hermès par exemple, le nombre d'artisans est passé de 300 à 2000 entre 1990 et 2010", a-t-elle dit. En 2011, la maison connue pour ses carrés de soie et sa maroquinerie, a procédé à 715 embauches dont 347 en France et quelque 400 en 2012.
Récupérer et Re-voir: les « rebuts » de la maison sont riches d’un immense potentiel de matières belles et précieuses, d’objets rejetés, dans lesquels les chercheurs de trésors trouvent des pépites propices à de nouvelles créations. Rien ne se perd, tout se transforme. Ils deviendront la base d’une nouvelle création qui les mettra en valeur.

Récupérer et Re-voir: les « rebuts » de la maison sont riches d’un immense potentiel de matières belles et précieuses, d’objets rejetés, dans lesquels les chercheurs de trésors trouvent des pépites propices à de nouvelles créations. Rien ne se perd, tout se transforme. Ils deviendront la base d’une nouvelle création qui les mettra en valeur.

© petit h
          
Jeunes élèves à la découverte des métiers d’art au musée des Arts Décoratifs 
Le Comité Colbert et l'Académie de Paris ont signé une première convention en 2006 permettant à 23 collèges de découvrir des métiers d'art en allant visiter des ateliers (Louis Vuitton, Cartier, Lenôtre…).Jeudi, des élèves de 2nde et 3e étaient guidés dans l'exposition « Van Cleef & Arpels, l’art de la haute joaillerie » par une conférencière mais aussi par Franck, artisan joailler de la maison Van Cleef&Arpels depuis 24 ans. Selon lui, il faut "entre 15 et 20 ans pour devenir un joailler de très haute qualité", ce que le Comité colbert appelle "un trésor". L'école Boulle, référence dans l'enseignement des métiers d'art, avait installé dans une salle proche deux établis sur lesquels deux jeunes en formation joaillerie travaillaient.
Serti à griffe Van Cleef & Arpels

Serti à griffe Van Cleef & Arpels

© Eric Sander
15 jeunes entreprises de création déjà aidées
Depuis leur lancement en 2012, le fonds d’avances remboursables et le fonds de garantie de l’IFCIC dédiés au secteur de la mode ont soutenus 15 jeunes entreprises de création. Ces sociétés ayant entre 2 ans et 10 ans d’existence disposent à l’IFCIC -établissement de crédit- d’un accompagnement financier adapté à leurs besoins, grâce à un fonds d’avances remboursables et un fonds de garantie dédié.
 
Le fonds d’avances remboursables -créé avec le soutien du magazine Elle et doté d’un million d’euros par les maisons Balenciaga, Chanel et Louis Vuitton ainsi que par le Ministère de la Culture- octroie aux jeunes stylistes des avances remboursables sur une durée de 1 à 2 ans, d’un montant maximum de 100 000 euros. Des sommes destinées au financement des dépenses de création et de production de leurs collections. Les créateurs Nicolas Andreas Taralis, Yiqing Yin et Olympia Le Tan ainsi que les marques Kitsuné et Ragazze Ornamentali en ont bénéficié.
Inspirées par l’artiste et architecte Naum Gabo - dont les sculptures presque immatérielles aux grands volumes paraboliques occupent l’espace sans l’envahir - ses robes couture spectaculaires dégagent une grâce infinie et diffusent un sentiment étrange. Les broderies de fils sont omniprésentes. On les retrouve sur les robesmais aussi sur les voiles qui couvrent les visages.

Inspirées par l’artiste et architecte Naum Gabo - dont les sculptures presque immatérielles aux grands volumes paraboliques occupent l’espace sans l’envahir - ses robes couture spectaculaires dégagent une grâce infinie et diffusent un sentiment étrange. Les broderies de fils sont omniprésentes. On les retrouve sur les robesmais aussi sur les voiles qui couvrent les visages.

© FRANCOIS GUILLOT / AFP
Créé fin 2011, le fonds de garantie favorise l’accompagnement bancaire de ces sociétés en garantissant à un taux très avantageux (70%) les crédits qui leur sont octroyés. Fin 2012, 6 créateurs ont été soutenus pour un montant de crédit de100 000 euros, parmi lesquels Y Project by Yohan Serfaty ou encore Valentine Gauthier.
Défilé Y Project by Yohan Serfaty pap printemps-été 2013 masculin à Paris

Défilé Y Project by Yohan Serfaty pap printemps-été 2013 masculin à Paris

© Pierre Verdy/AFP