Le couturier Jean-Louis Scherrer est décédé

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 20/06/2013 à 11H41
Jean-Louis Scherrer dans son atelier parisien (mars 1987 à Paris)

Jean-Louis Scherrer dans son atelier parisien (mars 1987 à Paris)

© PIERRE GUILLAUD / AFP

Jean-Louis Scherrer est décédé jeudi à Paris à 78 ans, des suites d'une longue maladie, a indiqué un de ses proches. Après des débuts chez Christian Dior, il avait notamment travaillé avec Yves Saint Laurent. Il s'était lancé en 1962. En 1971, il a reçu l'appellation haute couture et a ouvert sa boutique. La marque est connue pour ses robes cocktail drapées en imprimés fauves, fleuris et pois

Né le 19 février 1935, Jean-Louis Scherrer avait d'abord suivi le Conservatoire pour devenir danseur professionnel mais un accident l'avait empêché de faire carrière. En 1956, un diplôme de la Chambre syndicale de la couture parisienne en main, il était entré chez Christian Dior, qui lui a appris la technique de la haute couture. Après la mort de Dior, il avait travaillé avec Yves Saint-Laurent.

Il s'était lancé sous son propre nom en 1962 et c'est dans une cave qu'il a exposé sa première collection, des robes de cocktails fauves, à pois ou fleuries. En 1971, il a réalisé son rêve en ouvrant sa boutique avenue Montaigne, temple du chic parisien, et a reçu l'appellation haute couture. Il a compté Jackie Kennedy et Michèle Morgan parmi ses clientes.  
 

© FRANCOIS GUILLOT / AFP
Présente dans le prêt-à-porter, la parfumerie, et les accessoires, la griffe avait été reprise en 2002 par l'homme d'affaires Alain Dumenil, qui avait décidé d'arrêter les défilés haute couture. Depuis le départ de son fondateur en 1992, le groupe ne gère plus que les licences, source de royalties. La griffe a disparu en 2008.

En octobre 2011, le groupe familial JSB International a racheté le portefeuille de licences excepté la parfumerie partout où la marque Jean-Louis Scherrer est présente sauf en Chine. JSB veut "donner à la griffe un nouveau souffle, en se concentrant sur la gestion des licences" et la déployer dans des régions où elle est encore absente, avait alors précisé Bruno Bensoussan, le PDG.
Jean-Louis Scherrer en 1987 dans son atelier 

Jean-Louis Scherrer en 1987 dans son atelier 

© PIERRE GUILLAUD / AFP
Réactions
De Jean-Louis Scherrer, "je garde cette image d'opulence, d'élégance parisienne", dit Stéphane Rolland. Il se souvient de "la manière dont il métissait les cultures, dont il mélangeait l'orient et l'occident" et encore des mélanges de motifs panthère avec du Prince de Galles.

"La marque avait une forte notoriété internationale, elle a énormément intéressé le Moyen-Orient", a dit Didier Grumbach, président de la 
fédération française de la couture. "En couture, cela a toujours été un succès, il avait un très bon atelier".
« Ma réaction c‘est d’abord la surprise, je ne m’y attendais pas. Je ne savais pas qu’il était malade. C’est une grande tristesse, je l’aimais beaucoup. C’était quelqu’un de modeste et talentueux que je connaissais depuis de très nombreuses années. Nous perdons un très grand couturier de qualité qui faisait partie d’une école qui appartient un peu au passé. C’est la haute couture telle qu’on l’a connu autrefois et qui n’existe plus aujourd‘hui ». « On gardera quelqu’un qui avait du talent, qui savait habiller les femmes, qui ne les déguisait pas, qui les servait et qui ne se servait pas d’elles, c’est déjà beaucoup à notre époque ». « J’ai le souvenir d’un homme éternellement jeune (…) c’était un jeune homme poétique » a indiqué Pierre Bergé sur BFM TV.
"Avec Jean-Louis Scherrer, disparu à 78 ans, se referme un chapitre important de l'histoire de la haute couture française... Artiste universel, Jean-Louis Scherrer qui s’était rêvé danseur aura porté au plus haut les couleurs de la haute couture et du prêt à porter français dans le monde entier." a indiqué Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication.