La maison Chanel soutient le dentellier calaisien Sophie Hallette

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 13/04/2016 à 14H22
La société de dentelle de Calais Sophie Hallette

La société de dentelle de Calais Sophie Hallette

© PHILIPPE HUGUEN / AFP

La maison française de luxe Chanel a annoncé mercredi une prise de participation minoritaire dans le groupe familial Holesco qui contrôle la société Sophie Hallette, spécialisée dans la dentelle calaisienne. Ce partenariat vise à "maintenir en France un savoir-faire exceptionnel", notamment avec la conservation des "leavers", qui sont "des machines bicentenaires".

"Ce partenariat a pour objectif de pérenniser la filière historique de la dentelle qui fait la fierté du patrimoine calaisien et caudrésien", souligne la maison Chanel dans un communiqué. Non spécifiée, la participation du groupe Chanel demeurera "très minoritaire" et "de l'ordre de moins de 10%", a précisé à l'AFP le PDG d'Holesco, Romain Lescroart.

Créée en 1887, la société Sophie Hallette, basée à Caudry dans le Nord, souhaite avec ce partenariat "maintenir en France un savoir-faire exceptionnel", notamment avec la conservation des "leavers", qui sont "des machines bicentenaires" permettant "de créer des dentelles très haut de gamme" utilisées dans la haute couture.
La dentelle de Sophie Hallette à Caudry labellisée "Nord terre textile"
Ce partenariat marque aussi le soutien de la maison Chanel à la filiale d'Holesco pour sa candidature à un rachat du dentellier calaisien en difficultés Codentel, qui doit être tranché jeudi au tribunal de Boulogne-sur-mer. Le groupe Holesco, qui compte 300 salariés et a réalisé un chiffre d'affaire de 29,4 millions d'euros en 2015, est en concurrence à travers sa filiale avec le patron de Codentel, Franck Duhamel, et le groupe chinois Yongsheng pour la reprise de Codentel.

Dans un contexte de recomposition de la filière, le tribunal de Boulogne-sur-mer avait décidé jeudi dernier d'accepter l'offre de Yongsheng pour reprendre le dentellier au bord de la faillite Desseilles, également convoité par Holesco, et qui fournit notamment le spécialiste de lingerie La Perla. Le tribunal avait alors estimé que la proposition du groupe chinois était mieux-disante en terme de maintien de l'emploi (60 des 74 postes maintenus).