La ballerine Repetto : de l'Opéra au macadam

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 05/04/2015 à 12H50
Des ballerines Repetto exposées au ministère de la Fonction Publique en 2005

Des ballerines Repetto exposées au ministère de la Fonction Publique en 2005

© WOSTOK PRESS/MAXPPP

Inventée en 1947 par Rose Repetto, la mère du danseur et chorégraphe Roland Petit pour son fils et ses amis, la ballerine Repetto s'est échappée de l'Opéra et a gagné la rue où elle est portée depuis plus d'un demi-siècle par les femmes qui veulent allier confort et élégance. Il s'en fabrique aujourd'hui 500.000 paires par an qui se vendent au prix moyen de 150 euros.

A l'époque de "L'homme à la tête de chou", Serge Gainsbourg a porté le modèle Zizi des ballerines Repetto. Aucune allusion grivoise, la paire de ballerines en question avait été spécialement créée quelques années plus tôt par la styliste Rose Repetto pour la danseuse Zizi Jeanmaire, la compagne de son fils Roland Petit. Pourtant, l'histoire de ce chausson de danse aujourd'hui devenu accessoire de mode remonte à bien plus longtemps.

Reportage : V. Gaget / C. Cormery / N. Duboz / D. Arzur / A. Grenier Comard
La maman de Roland Petit, Rose Repetto
Nous sommes en 1947. Roland Petit est danseur à l'Opéra de Paris. Sa maman Rose, qui tient alors un café, conçoit pour lui des chaussons tellement réussis que ses amis, parmi lesquels les plus grands noms, en réclament pour eux-mêmes. La marque Repetto est née. En 1959, la boutique à son enseigne ouvre à deux pas de l'Opéra, rue de la Paix. Les clients s'appellent alors Maurice Béjart, Carolyn Carlson, Mikhaïl Barychnikov ou Rudolf Noureev. A partir de cette époque des troupes viennent également se fournir chez Mme Repetto : les Folies Bergère, mais aussi, venant de beaucoup plus loin, les danseurs du Kirov. Adaptées pour l'usage quotidien, les ballerines Repetto sont repérées par les élégantes qui leur font alors quitter le monde de la danse et descendre dans la rue. Le design suit.


Deuxième chance
Après la mort de sa créatrice, en 1984, la marque Repetto connait plusieurs rachats et son déclin paraît irréversible. C'était compter sans Jean-Marc Gaucher, cet ancien Pdg d'une marque de chaussures de sports rachète Repetto et l'ouvre vers le haut de gamme et le luxe. Pari gagné... Aujourd'hui, les ballerines Repetto sont des accessoires de mode recherchés. Il s'y attache même un certain snobisme qui n'est pas pour déplaire à une clientèle qui les fait voisiner dans leurs armoires avec les Louboutin ou les Chanel.

Diversification
Outre les célèbres ballerines qui ont fait sa renommée, Repetto produit sous sa marque de la maroquinerie, du textile et un parfum. Plus de la moitié de sa production est destinée à l'exportation.