L'autorité de la publicité somme Saint Laurent de retirer ses affiches "dégradantes"

Par @Culturebox
Publié le 07/03/2017 à 18H38
L'affiche d'un groupe de féministes qui s'opposent aux affiches de Saint Laurent les qualifiant de sexistes.

L'affiche d'un groupe de féministes qui s'opposent aux affiches de Saint Laurent les qualifiant de sexistes.

© Jacques DEMARTHON / AFP

L'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), qui a jugé "dégradantes" le 6 mars les affiches de la dernière campagne publicitaire de Saint Laurent, a sommé ce mardi 7 mars la maison de haute couture de les retirer au plus vite.

Deux affiches de la nouvelle campagne Saint Laurent, visibles à Paris, font polémique. Sur l'une, une femme apparaît jambes écartées, en talons et collants résilles. Sur l'autre, une jeune femme très amaigrie, sur talons aiguilles et patins à roulettes, est penchée sur un tabouret dans une position jugée explicite. 

Retirer ces images ou les changer

L'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) a jugé ces affiches dégradantes et a donc statué. "En attendant que le jury de déontologie publicitaire de l'ARPP ne se réunisse vendredi 10 mars, nous avons pris position, en écrivant à Saint Laurent, leur expliquant que les messages diffusés ne sont pas conformes aux règles déontologiques, en termes d'image et de respect mais aussi de représentation du corps", a indiqué à l'AFP Stéphane Martin, directeur général de l'autorité chargée de réguler la publicité.
L'une des affiches de Saint Laurent incriminées.

L'une des affiches de Saint Laurent incriminées.

© Scott Garfitt/Shutterst/SIPA

L'ARPP a ainsi demandé à Saint Laurent de "faire tout (son) possible pour faire cesser la diffusion, de retirer ces images ou de les changer", a précisé Stéphane Martin. La maison Saint Laurent, contactée, n'était pas joignable ce mardi 7 mars.

Veille du 8 mars, Journée internatonale des droits des femmes

L'autorité a reçu via son site "120 plaintes pour de multiples motifs" : "images dégradantes", "femmes-objets", "valorisation de l'anorexie" et "même incitation au viol, avec la notion des jambes écartées", a énuméré Stéphane Martin. "Infériorisation de la femme, (...) femme offerte... voilà la variété des images auxquelles ce type de campagne renvoie les jeunes publics, qui sont plus fragiles", a-t-il regretté.

Ce mardi 7 mars, une poignée de militants des droits des femmes issus du collectif  "Les effronté-e-s" a réalisé une action coup de poing dans une boutique parisienne d'Yves Saint Laurent manifestant leur opposition au "sexisme décomplexé" de la campagne de la marque. "La femme est un être humain, pas un objet : ni table, ni un tabouret, ni  aucun élément du mobilier", criait Fatima Benomar, porte-parole du collectif,  alors que le service d'ordre l'obligeait à sortir du magasin.

A la veille du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, la campagne a été épinglée sur Twitter à travers le mot-clef "YSL Retire Ta Pub Dégradante". En juin 2015, une publicité pour la marque de luxe française Saint Laurent, publiée dans le magazine Elle UK, a été interdite par l'autorité de régulation de la publicité du Royaume-Uni, qui avait jugé que le mannequin qui y apparaissait était "maladivement maigre".

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