L'architecte François-Joseph Graf pose un regard artistique sur sa maroquinerie

Par @CocoJeammet Journaliste, responsable de la rubrique Mode de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 21/04/2014 à 08H35
François-Joseph Graf, créateur de la marque de maroquinerie Graf, et ses sacs

François-Joseph Graf, créateur de la marque de maroquinerie Graf, et ses sacs

© Paul Delort (portrait) et Carole Midy (sacs)

Architecte, décorateur, créateur d’intérieur, François-Joseph Graf est un amoureux du luxe français. Rencontre avec un perfectionniste dont la première collection de maroquinerie illustre la quête de beauté et de raffinement de ce passionné d’étoffes et de matières.

Créateur de tissus, soieries, passementeries, tout est pour François-Joseph Graf prétexte pour renouveler son art. Et lorsque pour un décor réel ou imaginaire, le meuble parfait n’existe pas, il le crée puis le réalise. Même démarche pour sa première collection de maroquinerie qui comprend des sacs de jour, des pochettes et minaudières déclinés sur le thème du voyage.

François-Joseph Graf a dessiné chaque sac, imaginé chaque motif, sélectionné chaque cuir, chaque couleur et fait réaliser chaque broderie. Ici, l’artisanat d’art est réhabilité au coeur de son processus créatif avec des pièces uniques fabriquées dans un atelier parisien.
Sac Ecorce, évocation des troncs des platanes des jardins du Palais d'Eté à Pékin

Sac Ecorce, évocation des troncs des platanes des jardins du Palais d'Eté à Pékin

© Carole Midy
Quels sont les points communs entre le travail d'architecte et celui de créateur ?
F-J Graf :
"Comme la toile d’un modèle permet de comprendre la ligne d’un vêtement, je souhaite souligner la technicité de mon métier d’architecte d’intérieur. Démontrer que la fantaisie ne peut s’exprimer que dans une extrême rigueur… La décoration se travaille comme l’architecture. C’est un dessin, une proportion, des volumes…. Créer reste le même plaisir dans tous les métiers. Dessiner une façade, une porte, un tissu ou un sac reste de l’architecture".
Sacs collection Les Félins en taurillon vachette gaufrée ou impression résine sur toile Granariso

Sacs collection Les Félins en taurillon vachette gaufrée ou impression résine sur toile Granariso

© Carole Midy
Pourquoi une marque de maroquinerie ?
F-J Graf :
"J’étais à la recherche de fantaisie et de qualité que je ne trouvais pas sur le marché du luxe, notamment pour les pochettes du soir et j’étais convaincu que l’on pouvait créer une marque française dont tout le savoir-faire et la fabrication seraient 100% français, à des prix « intelligents".

Quelles ont été les difficultés rencontrées lors de la création de cette collection ?
F-J Graf :
"C’était un métier que je ne connaissais pas, bien qu’étant un excellent client. Il a fallu tout apprendre, c’était passionnant".
Le sac La larme de la panthère est e toile granariso et cuir lahun noir. Il possède une poche intérieure à soufflet et une poche zippée. 

Le sac La larme de la panthère est e toile granariso et cuir lahun noir. Il possède une poche intérieure à soufflet et une poche zippée. 

© Carole Midy
Quels sont les procédés les plus contraignants, les plus innovants ? 
F-J Graf :
"Probablement d’avoir obtenu autant de souplesse que de tenue à la fabrication de ces pièces".

Pour cette collection de maroquinerie, François-Joseph Graf qui aime marier les couleurs et les matières, d'ici et d'ailleurs, a innové. Il a crée des motifs en résine, imprimée à chaud en 3 dimensions. Il a également utilisé des matériaux oubliés comme la coquille d'œuf mais aussi des matériaux rares comme les plaques d'ivoire et d'ébène ainsi que des matériaux raffinés comme du galuchat, des strass et des perles de cristal

Quelles ont été vos exigences ? 
F-J Graf :
"Une exécution parfaite et toute l’expression du savoir-faire des artisans".  

Selon quels critères avez-vous choisi l'atelier avec lequel vous travaillez ? 
F-J Graf :
"J’ai eu la chance de reprendre l’atelier de Monsieur Pellegrino composé d’excellents ouvriers ; précis, efficaces et passionnés".
Le showroom Graf à Paris

Le showroom Graf à Paris

© Julio Piatti
Pourquoi une thématique voyage ?
F-J Graf :
"Le voyage est un rêve qui permet l’expression de toutes les cultures du monde".
Voyage dans le temps avec la nostalgie de l'époque Edo, 1er nom de Kyoto. Les lignes graphiques noires sont appliquées en cuir surpiqué. Elles ressemblement à une signature d'estampe intemporelle. 

Voyage dans le temps avec la nostalgie de l'époque Edo, 1er nom de Kyoto. Les lignes graphiques noires sont appliquées en cuir surpiqué. Elles ressemblement à une signature d'estampe intemporelle. 

© Carole Midy
Quelle est votre pièce préférée ? et pourquoi ?
F-J Graf :
"Probablement le sac EDO que je trouve japonais, sobre et très graphique".
Le showroom Graf, installé avenue Montaigne à Paris, a été créé par François-Joseph Graf

Le showroom Graf, installé avenue Montaigne à Paris, a été créé par François-Joseph Graf

© Julio Piatti
Vous avez réalisé votre showroom parisien. Pourquoi le choix de cette ambiance ? 
F-J Graf :
Je souhaitais un showroom chaleureux, agréable où les clients aient envie de rester. La présence de la lumière du jour, du soleil, combinés avec des éclairages doux en font un lieu particulièrement agréable".

Architecte et décorateur, François-Joseph Graf a débuté sa carrière au Château de Versailles entre 1981 et 1984. Passionné d’artisanat d’art et défenseur du savoir-faire français, il met à l’épreuve les artisans depuis 2010 dans le cadre des expositions AD Intérieurs. Il conçoit, ainsi, des décors abstraits avec des techniques innovantes. Il imagine ses collections de mobilier en combinant des matériaux précieux et bruts : le métal apprivoise le bois, l’ivoire et la corne, l’acier rouillé et l’ébène, pour se revêtir d'étoffes.
Le showroom Graf, installé avenue Montaigne à Paris, a été créé par François-Joseph Graf

Le showroom Graf, installé avenue Montaigne à Paris, a été créé par François-Joseph Graf

© Julio Piatti
Il ne cesse de restaurer, rénover et réhabiliter. Comme la création du salon des boiseries du Musée des Arts décoratifs, ou le réaménagement de 5 period rooms, reconstitutions historiques in situ de pièces avec leur mobilier d’époque et/ou refaits à l’identique.

Votre prochaine collection, comment l'imaginez-vous ?
F-J Graf :
Très construite, très dessinée et très colorée, sans perdre mes repères avec l’Asie et l’Afrique".