Julien Dossena : c'est une période "d'opportunités" pour les jeunes créateurs

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 20/04/2016 à 09H15
Julien Dossena, D.A. de Paco Rabanne, octobre 2015 à Paris

Julien Dossena, D.A. de Paco Rabanne, octobre 2015 à Paris

© FRANCOIS GUILLOT / AFP

Julien Dossena, président du jury mode du Festival de Hyères qui s'ouvre ce 21 avril, juge la période actuelle "intéressante" et pleine d'"opportunités" pour les jeunes créateurs, malgré les difficultés. Le Breton, qui avait été distingué lors de l'édition 2006 du festival, est a été nommé en 2013 Directeur Artistique de Paco Rabanne, marque phare des années 60.

Le Breton de 33 ans, qui avait été distingué lors de l'édition 2006 du festival, est passé notamment chez Balenciaga avant d'être nommé en 2013 chez Paco Rabanne, marque phare des années 1960 à laquelle il a donné un nouveau souffle.
   
Est-il plus facile pour un jeune créateur de se lancer aujourd'hui qu'il  y a dix ans, date de vos débuts ?
"C'est toujours très difficile, ça demande énormément de travail, de passion, d'ambition et de résistance, ce métier. De ce côté, cela n'a pas bougé. Le paysage en revanche a beaucoup changé. Il y a dix ans, la seule valeur importante, c'était d'intégrer une grande maison ou de faire revivre une maison, c'était le graal. Maintenant les créations de marques sont hyper importantes et c'est très excitant. A Paris, il y a une nouvelle garde, une nouvelle génération qui débarque. C'est une période intéressante pour un jeune designer, avec des  opportunités. Il y a beaucoup de gens qui se sont mis à défiler à Paris, comme Glenn Martens chez Y/Project, Léa Peckre (lauréate du Festival d'Hyères en  2011). J'ai l'impression qu'il y a cette envie de nouveaux designers de la part de la presse, comme des acheteurs".  

Quelles sont les qualités que vous recherchez chez les candidats ?
"Je serai très sensible à la réflexion sur l'actualité. J'ai envie que ce soit très contemporain et très moderne. Au-delà des qualités plastiques et formelles et de la réalisation, de l'effort mis en oeuvre, j'aimerais bien tomber sur des candidats qui ont des interrogations modernes, sur le monde, sur le vêtement, pourquoi, qu'est-ce que ça veut dire politiquement...". Comme les questions sur le genre ? "Dans les collections homme ou femme (présentées par les candidats) on se rend compte que les genres des vêtements ne sont pas du tout pris en compte, il n'y a pas forcément une robe pour une fille et un jogging pour un garçon, c'est vraiment mélangé. J'ai l'impression que pour cette nouvelle génération, la question du genre est complètement désintégrée, dans le bon sens, il n'y a même plus vraiment de questionnement, ça se fait très naturellement".
   
Quel rôle a joué dans votre carrière le festival d'Hyères, où vous avez décroché le prix spécial du jury et le prix 1.2.3?
"Un rôle très important ! C'était la fin de mes études (école de la Cambre à Bruxelles) et mes premiers pas dans l'industrie. On rencontrait pour la première fois la presse, certains acheteurs, les acteurs majeurs du milieu. J'ai fait une collection capsule pour la marque 1.2.3, c'était la première fois que je rencontrais de vraies équipes, pour faire de vrais vêtements, vendus dans de vraies boutiques ! Cela a financé toute la fin de mes études et cela m'a permis d'avoir une première expérience sur mon CV. Quand on se retrouve parmi des centaines de candidatures pour commencer à travailler, c'est une très bonne caution".