Journées du patrimoine : robes de Balanciaga et artistes investissent l'ancien hôpital Laennec

Par @CocoJeammet Journaliste, responsable de la rubrique Mode de Culturebox
Mis à jour le 15/09/2017 à 18H12, publié le 15/09/2017 à 15H50
Balenciaga, manteau en tricotine de laine, été 1963

Balenciaga, manteau en tricotine de laine, été 1963

© Corinne Jeammet

Le siège de Kering, site de l'ancien hôpital Laennec, ouvre ses portes les 16 et 17 septembre pour les Journées européennes du patrimoine. A découvrir deux expositions alliant création, art et patrimoine : l'une consacrée aux créations de Cristóbal Balenciaga issues des archives et l'autre à des œuvres d'artistes contemporains. Et pour clore cette visite une expérience 3D dans ce 40 rue de Sèvres.

Dans ce parcours, les visiteurs découvriront des créations haute couture issues des archives de la Maison Balenciaga, des œuvres d’art contemporain de la collection Pinault et pourront effectuer un voyage en réalité virtuelle dans l’histoire du site, aujourd'hui siège de Kering et hier ancien hôpital Laennec. 

L'épure de Balenciaga en 22 silhouettes
Comme pour l'édition 2016, des créations haute couture de Cristóbal Balenciaga sont exposées soit 22 pièces représentatives de sa recherche de simplicité et de sobriété. C'est une des facettes de l’univers créatif de ce couturier : l’épure poussée à son paroxysme. 
Balenciaga, robe en soie lurex, mousseline et velours noir, hiver 1964

Balenciaga, robe en soie lurex, mousseline et velours noir, hiver 1964

© Corinne Jeammet
L'exposition démarre par des vêtements monochromes, qui font place à des imprimés "all over", avant de conclure avec des robes intégralement brodées.
Balenciaga, robe en faille, hiver 1958

Balenciaga, robe en faille, hiver 1958

© Corinne Jeammet
La seule citation connue de Cristóbal Balenciaga à propos de son travail est "l'élégance, c'est l'élimination". Il définit son style à travers l’idée que l'élégance est étroitement lié à la sobriété, la pureté découle de l'élimination des ornements superflus. Les lignes simples et les formes épurées de ses silhouettes sont le pilier sur lequel repose son intemporalité.
Archives Balenciaga vue générale 

Archives Balenciaga vue générale 

© Corinne Jeammet
Les créations, présentées ici, illustrent cette recherche de simplicité à travers l'absence de tout élément décoratif, ce qui était en contradiction avec l'esprit de la haute couture de l'époque. Cristóbal Balenciaga n'emploie pas la broderie ou l'imprimé comme des techniques décoratives mais comme des matières, au même titre que les tissus unis. Le vêtement est alors réalisé dans une seule matière, qu'elle soit unie, brodée ou imprimée.
Balenciaga, robe imprimée pied de coq en mohair, hiver 1967

Balenciaga, robe imprimée pied de coq en mohair, hiver 1967

© Corinne Jeammet
La Maison Balenciaga est fondée à Saint Sébastien, en Espagne, en 1917, par Cristóbal Balenciaga (1895-1972). Contraint de fuir la guerre civile espagnole, il s’installe à Paris en 1937. Qualifié de précurseur, il révolutionne la silhouette féminine en créant un style avant-gardiste, très épuré et fondé sur l’utilisation de tissus innovants. Sa capacité à aller à contre-courant et à inventer sans cesse suscite l’admiration de ses pairs. Christian Dior disait : "c’est notre maître à tous" et Gabrielle Chanel affirmait qu’il était "le seul véritable couturier". 
Balenciaga, robe en cloqué métallisé rebrodée de strass et de perles fantaisie

Balenciaga, robe en cloqué métallisé rebrodée de strass et de perles fantaisie

© Corinne Jeammet
Demna Gvasalia, directeur artistique des collections Balenciaga depuis 2015, perpétue la vision de Cristóbal Balenciaga au travers de techniques raffinées et de coupes magistrales.
Balenciaga, robe en gazar shantung, été 1967

Balenciaga, robe en gazar shantung, été 1967

© Corinne Jeammet

Immersion en réalité virtuelle dans l'ancien hôpital Laennec

Kering a collaboré avec des historiens et la start-up française Timescope pour proposer aux visiteurs une immersion dans un pan de l’histoire du lieu grâce à la réalité virtuelle. Deux bornes, placées à l’entrée du parcours de visite, permettent un voyage dans le temps donnant un aperçu de l’activité de l’hôpital Laennec il y a 120 ans jour pour jour. 
La cour d'honneur du siège de Kering au 40,rue de Sèvres à Paris

La cour d'honneur du siège de Kering au 40,rue de Sèvres à Paris

© Thierry Depagne
Recréé à partir d’archives (plans, cadastres, gravures, documents iconographiques), d’échanges avec des historiens - et notamment avec la participation de Benjamin Mouton, architecte en chef des monuments historiques, qui a mené la réhabilitation du 40, rue de Sèvres -, ce film, hélàs trop court, offre une expérience à 360°.
Illustration de Pierre Le-Tan, 2017

Illustration de Pierre Le-Tan, 2017

© Pierre Le-Tan
Immersive, sonore et réaliste, cette expérience vous plonge 120 ans en arrière dans la cour d'honneur de l'hôpital Laennec : voici des médecins en longue blouse blanche, des patients, une femme en tailleur long et chapeau, une ambulance, un cheval piaffant tirant une carriole... 
Immersion virtuelle dans la cour d'honneur de l'hôpital Laennec il y a 120 ans
Construit en 1634, l’Hospice dit "des Incurables" a d’abord été consacré au soin des malades trop démunis ou trop gravement atteints pour être accueillis ailleurs. Il deviendra, en 1878, l’Hôpital Laennec, fonction qu’il remplira jusqu’en 2000, avant que ses services ne soient transférés à l’Hôpital européen George-Pompidou. Ce site historique, un des joyaux patrimoniaux de la capitale, a fait l’objet d’une réhabilitation lui permettant de retrouver sa beauté architecturale d’origine.
A la découverte du siège de Kering au 40 rue de Sèvres à Paris

Des artistes contemporains ancrés dans leur époque

François-Henri Pinault a souhaité mettre en exergue les liens qui relient patrimoine et création contemporaine à travers des œuvres de la collection Pinault présentée dans la chapelle de l'ancien hôpital Laennec. "Je suis, en effet, attaché à ce que ce chef-d’oeuvre de l’architecture française du XVIIe siècle puisse être visité et admiré par un public aussi nombreux que celui qui s’y est pressé, en 2016. Il m’a, également, semblé judicieux que soit renouvelée l’initiative d’y présenter un choix d’oeuvres de la Collection Pinault" a expliqué le PDG de Kering. 
Exposition "Faire Avec" : oeuvre de Subodh Gupta, Very Hungry God, collection Pinault dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine, septembre 2017

Exposition "Faire Avec" : oeuvre de Subodh Gupta, Very Hungry God, collection Pinault dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine, septembre 2017

© Diane Arques
Les artistes choisis ont pour point commun d’avoir créé des œuvres d’art à partir d’objets du quotidien récupérés et glanés. Ils ancrent leurs créations dans la réalité quotidienne du monde dans lequel ils vivent : puisque c’est ce monde qui leur fournit la matière-même de leurs oeuvres. 
Exposition "faire avec" : oeuvre de El Anatsui, New Layout, 2009, réalisée en bouchons de bouteilles en aluminium, fils de cuivre

Exposition "faire avec" : oeuvre de El Anatsui, New Layout, 2009, réalisée en bouchons de bouteilles en aluminium, fils de cuivre

© Corinne Jeammet
Les artistes réunis dans l’exposition intitulée "Faire avec" sont des assembleurs d’objets récupérés et glanés.
Préparation de l'exposition "Faire avec" au siège de Kering dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine; septembre 2017
Autre point commun qui caractérise ces artistes, aucun d’entre eux n’est européen. Ils sont indien, ghanéen, coréen, chinois et afro-américains.