[FEUILLETON] Louis Vuitton : naissance d'une légende de la maroquinerie

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 17/12/2014 à 15H38
En 1834, Louis Vuitton débarque à Paris à 14 ans. Avec ses malles de transport il invente le bagage de luxe qui traversera les frontières et les années 

En 1834, Louis Vuitton débarque à Paris à 14 ans. Avec ses malles de transport il invente le bagage de luxe qui traversera les frontières et les années 

© France 3 / Culturebox

Le Jura est le berceau d'une famille dont le nom évoque aujourd'hui encore la maroquinerie de prestige. Vuitton fête cette année ses 160 ans et demeure la maison de luxe la plus connue au monde. Retour en images sur la légende de Louis Vuitton, petit malletier jurassien.

Guidée par le spécialiste de la famille, Paul-Gérard Paols, la rédaction de France 3 Franche-Comté propose une série qui retrace la dynastie Vuitton. 
Un docu-fiction réalisé par Catherine Schulbaum / Richard Négri / Sébastien Linozzi / Dominique Robbe / Eric Debieff

Episode 1 : Le départ pour Paris

Louis Vuitton est né en 1821 dans un moulin d'une petite commune du Revermont où il a passé toute sa petite enfance. Très jeune, il apprend à manier les outils auprès de son père meunier et menuisier. En 1835, âgé de 14 ans, il part tenter sa chance à Paris et parcourt à pied les 400 km qui le séparent de la capitale. Il entre en 1837 comme apprenti chez un "layetier-emballeur-malletier" et réalise des coffres de voyage.

Episode 2 : le malletier de l'impératrice  

Deux ans après son arrivée à Paris, Louis a mis à profit son savoir-faire du bois et réalise des coffres de voyage. Embauché rue Saint-Honoré dans les beaux quartiers de la capitale, il s'occupe en particulier, à partir de 1852, des toilettes de l'impératrice Eugénie et se fait connaître auprès des clients les plus fortunés. Il travaille 17 ans dans les ateliers de monsieur Maréchal où il fabrique des malles de prestige. Il crée alors son propre atelier de layetier-emballeur et fonde la marque "Louis Vuitton" rue neuve des Capucines où il expose la fameuse malle "Trianon". Louis comprend alors "qu'il faut créer des bagages novateurs et de grande qualité : luxe, fonctionnalité, innovation."
 


Episode 3 : Jurassien et parisien 

En 1859, la marque Vuitton s'agrandit et transfère son atelier d'une vingtaine d'employés à Asnières-sur-Seine au bord de la Seine, pour profiter du transport fluvial. Il fait construire avec son épouse une demeure familiale adjacente aux ateliers, devenue depuis le musée Louis Vuitton (dans une rue rebaptisée "rue Louis-Vuitton"). Le petit Louis, courageux et tenace, ouvre une nouvelle boutique après le siège de Paris  en 1870 à deux pas de l'opéra où se rendent les étrangers les plus fortunés. Il fréquente les artistes de l'époque, le photographe Nadar est un ami, il rencontre dans son studio les impressionnistes Pissaro, Monnet, Cezanne. La boutique de la rue Scribe ne désemplit pas et la fabrique d'Asnières fonctionne à plein régime. 
 

Episode 4 : de Louis à Georges, l'héritage d'une marque de luxe

Dans les années 1870, la marque Vuitton s'exporte à l'étranger. Louis qui a transmis à son fils Georges le savoir-faire et la qualité, laisse progressivement la place à ses héritiers. Georges passe deux ans an Angletterre et ouvre en 1885 une première boutique  à Londres sur la célèbre Oxford Street. En France, Louis invente la toile damier avec  l’inscription "Marque Louis Vuitton déposée" afin de faire la chasse aux contrefaçons. En 1896, Georges remplace cet imprimé et crée la célèbre toile révolutionnaire "Monogramme LV" dont il fait l'emblème de la marque : une toile enduite, parfaitement imperméable.
En 1892, Louis Vuitton meurt. Son fils Georges, aidé par toute la famille, lui succède à la tête de l'empire, qu'ils développent avec le même succès que le fondateur.
En 1977, Henry Racamier, grand industriel franc-comtois et marié à Odile Vuitton (petite fille de Louis) prend en main la destinée de la maison et métamorphose l'entreprise familiale. Dès lors, Vuitton devient une grande marque de luxe internationale, sa toile à monogrammes un peu triste est aujourd'hui un emblème reconnu dans le monde entier.