Disparition de "Bettina" Graziani, mannequin vedette des années 50

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 03/03/2015 à 16H20
Bettina Graziani le 12 novembre 2014 à la galerie Alaïa (Paris)

Bettina Graziani le 12 novembre 2014 à la galerie Alaïa (Paris)

© Stéphane de Sakutin / AFP

Vous avez forcément croisé sa silhouette élégante à la taille ultra fine dans des photos de mode des années 50 et 60. A cette époque, cette flamboyante rousse était la muse des couturiers Hubert de Givenchy, Jacques Fath et Dior. Icône du "New look", elle ornait la une de tous les magazines de mode. Simone Bodin, surnommée "Bettina", est décédée lundi à Paris à l'âge de 89 ans.

Elle voulait être dessinatrice de mode, elle devient mannequin

Simone Bodin, née en 1925, a été l'égérie des couturiers, mais aussi des grands photographes internationaux, dont Henri Cartier-Bresson, Irving Penn, Robert Doisneau, Erwin Blumenfeld et récemment Pierre & Gilles et Mario Testino.

Pommettes hautes, yeux de biche et taille fine, cette jeune femme rousse tout en grâce du haut de son 1,66 m, quitte à 18 ans la Normandie de son enfance pour Paris où elle espère devenir dessinatrice de mode. Le jeune styliste Jacques Costet, à qui elle était venue proposer des dessins, l'embauche alors pour défiler. Elle épouse peu après un photographe de Paris Match, Benno Graziani, dont elle divorce rapidement mais garde le nom.
Bettina Graziani en une de "Mode du Jour" du 15 juin 1950.

Bettina Graziani en une de "Mode du Jour" du 15 juin 1950.

© Photo de Guy Arsac
Succès mondial

Sa notoriété décolle en flèche et Jacques Fath, couturier majeur de l'après-guerre, en fait son mannequin vedette dès 1947. C'est lui qui la rebaptise "Bettina". Elle devient alors le premier mannequin appelé par son prénom.

Surnommée aussi à l'époque "la Française la plus photographiée", elle connaît un succès mondial, faisant la une de tous les plus grands magazines de mode.

En 1952, elle entre chez Hubert de Givenchy, qu'elle aide à lancer sa maison de couture."Bettina présentait la collection et s'occupait aussi des relations avec la presse", a dit au journal Le Monde Hubert de Givenchy. Au sommet de sa carrière, à laquelle elle met un terme en 1955, Bettina gagne sept mille francs par heure de pose, un cachet exceptionnel pour l'époque.

Valentino et Ungaro lui confient leurs relations publiques aux Etats-Unis dans les années 60. En 1969, Chanel lui consacre une collection. Depuis, Bettina Graziani était restée une figure de la vie mondaine.
Bettina en robe du soir Jacques Fath, en une de L'Officiel de décembre 1950.

Bettina en robe du soir Jacques Fath, en une de L'Officiel de décembre 1950.

© Photo de une de Philippe Pottier
Une rétrospective vient de se terminer chez son ami Alaïa

"Je me trouve plutôt photogénique!", disait encore récemment l'ancien mannequin, toujours très élégante, lors d'une rétrospective que lui a consacrée cet hiver son ami le couturier Azzedine Alaïa, dans sa galerie d'art à Paris. "Je n'ai jamais été bluffée par ce que je faisais. C'est quand même bien: ça vous laisse une grande liberté. Je continue à regarder la mode avec la même passion et le même intérêt", assurait-elle.

Bettina a entretenu une relation de plusieurs années avec Ali Khan, après la fin du mariage de ce dernier avec Rita Hayworth, et jusqu'à la mort du prince dans un accident de la route en 1960.

En 2010, le ministère de la Culture avait salué en Bettina Graziani "un emblème d'une certaine mode française", en l'élevant au grade de Commandeur des Arts et Lettres.