"Claude Parent : dessiner la mode", son ultime projet exposé à Paris

Par @CocoJeammet Journaliste, responsable de la rubrique Mode de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 23/08/2016 à 14H53
Claude Parent : expossition "Dessiner la mode". Hiver 2016 (un des tout derniers dessins, à gauche) et Impression retravaillée, ligne de feutre argenté, été 2015 (à droite)

Claude Parent : expossition "Dessiner la mode". Hiver 2016 (un des tout derniers dessins, à gauche) et Impression retravaillée, ligne de feutre argenté, été 2015 (à droite)

© Dennis Bouchard

Architecte, concepteur de l’église Sainte-Bernadette de Nevers, source d’inspiration pour des générations d’architectes, d’artistes et de penseurs, Claude Parent avait commencé sa carrière comme illustrateur de mode. De l’été 2015 à février 2016, il avait entrepris une série de dessins de mode inspirés des créations d’Azzedine Alaïa. Les voici exposés à Paris à partir du 2 septembre.

Celui qui avait effectué son service militaire avec André Courrèges, soucieux de l’élégance, de la manière de vivre et de se présenter au public, avait renoué pour cet intérêt pour la mode via son amitié avec Azzedine Alaïa.

Ainsi le couturier consacra, en janvier-février 2016, une exposition au dialogue entretenu par Claude Parent (Grand Prix national d'Architecture en 1979) avec son cadet Jean Nouvel à partir de projets de musées non-réalisés. Ce fut la dernière exposition que vit Claude Parent, décédé le 27 février 2016.
Claude Parent : dessiner la mode. Impression retravaillée, ligne de feutre argenté; été 2015

Claude Parent : dessiner la mode. Impression retravaillée, ligne de feutre argenté; été 2015

© Dennis Bouchard

La dynamique oblique du vêtement

De l’été 2015 à février 2016, Claude Parent avait entrepris une série de dessins de mode inspirés des créations d’Azzedine Alaïa ; ces dessins à l’encre, retravaillés avec son petit-fils Laszlo Parent, traversés d’une ligne d’argent marquant la dynamique oblique du vêtement sont autant de tentatives pour comprendre un art qu’il considérait comme voisin du sien, un art de vivre.
Claude Parent : dessiner la mode. Encre sur papier, été 2015 

Claude Parent : dessiner la mode. Encre sur papier, été 2015 

© Dennis Bouchard
Comme il le dit lui-même, dans la note d’intention de son projet : "Dessiner la mode est bien plus que de découper un morceau de tissu pour bâtir un vêtement". "Pour un artiste tel qu’Alaïa, il s’agit de mettre des formes en mouvement, d’opérer un changement d’échelle entre le corps et son vêtement, de réaliser une fusion hasardeuse entre deux éléments de la vie quotidienne et de donner à voir ce spectacle, sans oublier de donner un spectacle particulier à chaque création, puisque obligatoirement la forme définitive se manifeste par une intervention sans aucune limite".
Claude Parent : dessiner la mode. Feutre sur calque, hiver 2016 

Claude Parent : dessiner la mode. Feutre sur calque, hiver 2016 

© Dennis Bouchard

Des dessins inachevés

L’ensemble de ces dessins est présenté ici : on y trouve des encres originelles, des réélaborations ultérieures, des calques d’esquisse et jusqu’aux derniers, inachevés, auxquels manque le trait de la ligne, et qui datent de quelques jours avant son décès, faisant de cet ensemble l’ultime projet de l’architecte.
Impression retravaillée, impression retravaillée, ligne de feutre argenté, hiver 2016

Impression retravaillée, impression retravaillée, ligne de feutre argenté, hiver 2016

© Dennis Bouchard
Architecte dès 1955, Claude Parent travaille avec Paul Virilio de 1964 à 1968 avec qui il met au point la théorie de "la fonction oblique". Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont "Vivre à l'oblique" (1970), "L'Architecture et le nucléaire" (1978), les "Maisons de l'atome" (1983) et "Cuits et archicuits" (2003). Son oeuvre a été célébrée notamment à la Cité de l'Architecture (2010) et à la Biennale de Venise (2014).

Exposition "Claude Parent : dessiner la mode" du 2 au 25 septembre 2016. Galerie Azzedine Alaïa. 18, rue de la Verrerie. 75004 Paris.